Commentaires fermés sur Bâtisseurs partis trop tôt – Portrait 6

Bâtisseurs partis trop tôt – Portrait 6

Abdelhak Eddoubi : la vie plus forte que le destin.

Abdelhak Eddoubi est arrivé au Québec en janvier 1991 pour étudier les sciences comptables à l’Université Laval. Il y a décroché une maîtrise, puis un doctorat en administration scolaire, avant de bâtir une carrière dans plusieurs administrations canadiennes.

C’est dans une caserne militaire de Montréal, où il travaillait pour la Défense nationale, que je l’ai rencontré pour la première fois, pas pour parler d’armée, mais pour organiser l’envoi d’un conteneur de matériel médical au Maroc.

Car en parallèle de sa carrière, Abdelhak avait cofondé à Montréal, le 15 mars 2002, l’Association de solidarité Canada-Maroc, dédiée aux personnes démunies et à mobilité réduite au Maroc. J’ai été le tout premier membre abonné de cette association, et j’ai collaboré avec lui pendant plusieurs années.

Sous son impulsion, l’ASCM a mené des opérations dans plusieurs régions du pays, Meknès, Casablanca, la province d’El Jadida, Laâyoune, Safi, Azilal, dont l’envoi d’aide médicale aux sinistrés du séisme d’Al Hoceima en 2004, une opération saluée à l’époque pour sa transparence totale.

Son parcours avant le Québec est celui d’un homme que le destin a frappé sans jamais réussir à le vaincre.

Parti en Tunisie pour étudier l’expertise comptable, il y avait rencontré Saadia Bahli, devenue sa compagne de vie. Le soir même où le couple rentrait célébrer leur mariage et leurs diplômes, un accident de voiture a tout changé : après deux ans d’allers-retours entre hôpitaux en France et en Tunisie, le verdict est tombé, il ne remarcherait plus jamais.

Beaucoup auraient sombré. Lui a choisi de tout rebâtir, en changeant de continent et de carrière.

De retour au Maroc une douzaine d’années avant sa mort, il avait confié au journal Le Devoir : « J’ai quitté le Maroc, mais le Maroc ne m’a jamais quitté. »

Il est devenu le premier directeur de l’Instance Nationale d’Évaluation entre 2007 et 2009, période durant laquelle le Conseil Supérieur de l’Enseignement a publié ses premiers rapports d’évaluation, dont la première édition du Programme National d’Évaluation des Acquis des Élèves.

Il a ensuite rejoint l’OCP comme conseiller, où on lui a confié d’importantes responsabilités dans la mise sur pied de l’Université Mohammed VI de Benguérir.

Abdelhak Eddoubi nous a quittés le 22 juillet 2020, à 58 ans.

Je l’ai revu quelques années avant sa mort au Maroc, dans son auberge « LE TEMPS PERDU » à Oualidia, en compagnie de sa femme. Je garde de cet homme hors pair de très bons souvenirs.

BÂTISSEURS PARTIS TROP TÔT.

Vous avez connu Abdelhak Eddoubi ? Partagez-nous votre souvenir en commentaire ou par message privé.

Najahi RachidAtlas Media

Rubriques : À la Une, Portraits Mots-clés : , , , , , , , , ,
© 2002 - 2017 Atlas Media. Tous droits réservés.
Propulsé par Noordev Technologies inc