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De France et de Navarre…

De France et de Navarre…La citoyenneté commence, dit-on, par une interrogation. Quiconque veut assumer sa citoyenneté doit en effet se questionner d’abord sur l’histoire, le territoire et l’avenir de la collectivité dans laquelle il est né ou au sein de laquelle il a choisi de vivre.

Un certain nombre de conditions sont cependant à respecter dans cet exercice.

D’abord, on ne doit ni ne peut exclure aucun des éléments du triptyque; ils sont en effet si étroitement liés que si l’on en retire un, tout le reste s’écroule, invalidant ainsi la totalité du raisonnement.

Ensuite, le questionnement ne peut se faire à partir d’idées préconçues ou de préjugés. Sinon, la réflexion devient non avenue. Il doit être courageux également, en ce sens qu’aucune certitude confortable ne doit hypothéquer les idées novatrices qui peuvent en surgir.

De surcroit, un tel exercice ne saurait être démocratique  que si, étant forcément le fait d’une minorité de leaders d’opinion, il n’est pas partagé et mesuré à l’aune de la majorité; et appuyé par des média cultivant une éthique ne se résumant pas uniquement à une logique  de popularité (ou de populisme, c’est selon…) sans souci de morale ou d’utilité publique.

Ces idées nous sont inspirés par des faits qui se déroulent au loin; en France pour être plus précis. Au loin par la géographie cependant; car pour ce qui est des idées, les distances auraient tendance à être abolies. Et c’est cette élasticité de la notion de distances qui nous amène à aborder ce sujet.

Vous le savez sans doute, dans le gouvernement français formé il y a peu par Manuel Valls, prennent place quelques nouveaux enfants de la République.

En premier, Manuel Valls, Premier ministre, né Catalan. Et à ses côtés une ministre de la Culture, née coréenne, une originaire du Québec en charge des technologies et du numérique. Blanc et/ou d’une confession majoritaire et familière, ces cas d’intégration n’ont pas semblés soulever d’objections.

Il n’en est pas allé de même, avec deux autres membres  du nouveau gouvernement de l’Hexagone. Najat Vallaud-Belkacem promue ministre de l’Éducation nationale, et Myriam El Khomri, secrétaire d’État chargée de la politique de la ville.

Car elles sont toutes deux nées au Maroc, de parents musulmans. Cette «tare originelle» a, on s’en doute déclenchée l’ire de tout ce que la France compte d’extrême droite, qui s’est très vite répandue en propos nauséabonds. Najat Vallaud-Belkacem en particulier, en à pris plus que son grade.

Dès sa nomination en effet,  des milliers de commentaires et messages racistes ont envahi les réseaux sociaux. La page Facebook du ministère de l’Éducation nationale a reçu des milliers de messages hostiles.

Plus condamnable encore, deux hebdomadaires s’en sont pris directement et sournoisement à l’origine de la ministre de l’Éducation nationale. Dans sa une, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles titre « l’Ayatollah, enquête sur la ministre de la Rééducation nationale », alors que le magazine Minute est beaucoup plus direct et annonce « Une Marocaine musulmane à l’Éducation nationale ».

Comment dire notre dégoût devant de telles insanités?

Nous avons choisi de le faire en réaffirmant notre profonde citoyenneté canadienne, notre appartenance québécoise et canadienne, notre fidélité à nos origines et aussi, notre détermination à agir pour que, jamais au grand jamais, de tels faits puissent se produire chez nous, c’est-à-dire ici.

Ce faisant, nous n’innovons en rien. De très nombreux autres Québécois, de toutes appartenances politiques, se sont livrés bien avant nous à de tels exercices, rendant possible une Révolution tranquille qui a produit le Québec dans lequel nous vivons.

Certes de récents et pénibles débats ont pu un moment laisser croire que cet esprit avait été et que, désormais, était venu le temps des incertitudes. Mais très vite, une consultation électorale, expression de la volonté populaire, est venue remettre les choses en place et en perspective, rappeler surtout ce que le concept inclusion voulait dire.

Ceci dit, il ne coûte rien de rester vigilant, de demander à la diversité de continuer de faire sa part. Même si le contexte de rigueur budgétaire peut amener quelque découragement. Même si cette diversité demeure en déficit de représentation….

Abdelghani Dades (Édito Atlas.Mtl 237)

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