Commentaires fermés sur Le dramaturge algérien Slimane Benaïssa à Montréal «La culture est essentielle pour connaitre notre Histoire et mieux la comprendre»

Le dramaturge algérien Slimane Benaïssa à Montréal «La culture est essentielle pour connaitre notre Histoire et mieux la comprendre»

Le dramaturge algérien  Slimane Benaïssa  à Montréal «La culture est essentielle pour connaitre notre Histoire et  mieux la comprendre»

Slimane Benaissa

Wahid Megherbi à profité du passage dans la Métropole de Slimane Benaïssa, pour le soumettre à un feu nourri de questions. Cette entrevue à été rendue possible grâce à la collaboration de Melle Sara  Nacer,  de SN Production, producteur de l’événement.

Entretien réalisé par                                                                                                                                                   Wahid Megherbi

Wahid Megherbi:   Vous avez toujours choisi d’aborder les Thèmes sociaux et, dans  vos pièces de théâtre vous anticipez, toujours des événements qui finissent par se produire; seriez-vous un peu devin?

Slimane Benaissa : Je ne choisis pas  mes sujets. Je parle d’une société qui est l’Algérie. Je m’intéresse à ses problèmes. L’anticipation vient du fait que, nous  les hommes de théâtre, nous travaillons sur les conflits qui sont sous-jacents  dans  notre société. On ne travaille pas  sur les aspects circonstanciels et conjoncturels. Lorsqu’on analyse ces conflits la, on arrive à voir ce qui va venir. Nous n’avons pas de boule de cristal. Nous sommes des observateurs alertes de notre société.

Quels sont les sujets qui intéressent le plus  les Algériens ?

Vous  savez,  une société peut ne pas être sensible a une problématique qui est importante, mais pas sur le moment. Cependant,  elle la ressent à d’autres niveaux où elle subit la perturbation de la problématique. La problématique de l’Histoire et de la Mémoire est fondamentale en Algérie.  On ne peut pas avancer sans, au moins, donner une mémoire à l’Algérie, à l’Algérien, à  cette société. Qu’elle soit une mémoire fédératrice, qui repose sur des faits  réels de la guerre de libération de notre histoire moderne. Ce problème est très important pour l’Algérie et  pour les Algériens. Ils peuvent ne pas le ressentir  comme ca. Ils peuvent le ressentir d’une autre manière ou  alors  ils en sont perturbés et ils ne savent que c’est l’origine de leurs  perturbations. C’est notre devoir de sentir dans cette société ce qui ne va pas et trouver les remèdes adéquats  à cela.

Pensez-vous que le Théâtre et le Cinéma aient  joué un rôle dans la mémoire collective de la  société Algérienne?  

Le Théâtre joue un très grand rôle, d’abord  par le fait qu’il est porteur d’une langue, qui ne peut être que l’arabe  dialectal. Et pour faire du théâtre avec cette langue, il faudrait donner  une littérature à l’arabe dialectal. Il ne s’agit pas décrire n’importe comment sous prétexte que c’est l’arabe  dialectal. Quelque  soit la langue qu’on utilise au théâtre, on lui donne une dimension littéraire. Il faut donner  une dimension littéraire à l’arabe dialectal et l’élever  au niveau des préoccupations qui doivent être traitées. Le cinéma d’un autre cote, peut donner une image de notre vécu. Par exemple tous les films qui ont été faits sur la guerre de libération  nous ont légué des images de combats. Est-ce que ce sont de bonnes images ou pas ? Est-ce  que ce sont les images appropriées que l’on doit transmettre dans la mémoire collective  des Algériens?  L’imaginaire de celles et ceux qui n’ont pas vécu cette période est influencé par Image qu’on va leur montrer.

Le rôle de la culture, d’une manière générale, est essentiel pour connaitre notre Histoire et de mieux la comprendre.

Croyez-vous qu’Internet et  les  medias sociaux peuvent permettre au théâtre de retrouver une nouvelle jeunesse, en Algérie où ailleurs ?

Le Théâtre a existé avec force  en Algérie. Nous sommes arrivés les quelques auteurs  que nous étions Kateb Yacine, Abdelkader Alloula, moi-même  et tant d’autres, à créer un théâtre qui est arrivé  à un niveau d’expression qui regroupait les gens et les familles. On a créé un public  et  un théâtre.  L’avenir du théâtre est incontestable.  C’est le seul Lieu ou les Algériens entendent leur langue et  voient, ainsi,  leurs  personnages et leurs conflits. Ils se voient réellement. Le théâtre est plus fort que le cinéma car il établit  avec les gens une relation très forte avec le public. Le Théâtre est le meilleur miroir de la société  Algérienne.

Comment vous vous êtes retrouvé acteur de théâtre ?

A chaque  fois que j’avance dans le théâtre et que  je comprends  mieux  mon métier, Je dis que  je suis entré dans  le théâtre à cause de ça. Mon entrée dans le théâtre est définie par  mon évolution même dans celui-ci. Au début, je  voulais être célèbre, être connu;  mais plus j’avance dans le métier, plus je me rends compte que j’aime ce métier.  On na  pas  une idée constante de notre commencement  dans un métier précis. Aujourd’hui  je  me rends compte que  le théâtre regroupe des choses qui me permettent d’être heureux : l’amour de la langue,  l’amour de mon peuple et la communication avec le public. Ce sont tous ces éléments qui m’ont permis d’aimer mon métier.

C’est quoi  la principale qualité et le principal défaut  de l’algérien ?

Il ne faut pas raisonner comme ça,  car raisonner de la sorte relève du sectarisme. C’est, aussi, avoir des préjugés  sur les gens. L’Algérien est un humain comme tous  les humains de la terre. Il subit des conditions sociopolitiques particulières auxquelles il réagit.  S’il est dans une situation où il doit être violent il sera violent.  S’il est dans une situation de paix et de tranquillité, il sera  un adepte de la paix. Si on organise la société pour qu’il ne soit pas corrompu, il ne sera pas corrompu. Mais  si la société  est corrompue, il le sera. L’Algérien  est un humain d une grande humanité. Notre chance en Algérie  c’est que  nous avons une diversité culturelle à travers  laquelle s’exprime cette humanité et  que  nous devons conserver et protéger.

Il faut arrêter de localiser la dimension Algérienne car elle est universelle. Nous devons aller vers cette universalité comme tous les humains du monde.

Quel est votre message pour les Algériens de la diaspora ?

Je dirais à tous les Algériens qui vivent en dehors de pays que  nous sommes  partis  à cause  de  douleurs  et de contrariétés.  Makrehneche bladna . Certaines conditions nous ont obligés de quitter notre  pays. Je demande à tout le monde de ne pas oublier l’Algérie et de s’intéresser à son sort. Sur le plan géographique et  économique, notre pays, l’Algérie, possède d’énormes potentialités .Il ne faut pas débrayer par rapport au pays. Il ne faut pas débrancher la prise qui nous lit avec l’Algérie. Soyons lui fidèles.

Atlas.Mtl

 

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