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Encore un chiffre tout rond…

Encore un chiffre tout rond...Ci-après, nous vous proposons une relecture. Celle de l’éditorial, il y a quatre ans, du numéro 100 de notre journal, votre journal, Atlas.Mtl.

Pourquoi cette relecture ? Souvenez-vous ; à ce moment, cette publication observant une périodicité mensuelle devenait bimensuelle et sa pagination – 24 pages – passait à 32 pages.

Ainsi était faite la preuve de sa viabilité et de son utilité car la croissance formalisée de cette manière indiquait clairement que cette publication avait su, tout au long de six années, répondre effectivement à un besoin de la communauté à laquelle elle s’adressait et qu’elle avait fait cela, sans jamais dévier, dans le respect d’une éthique et de pratiques déontologiques représentant le meilleur de cette communauté.

Nul surprise alors de voir que Atlas.Mtl était, par ailleurs devenu une référence, quelque fois aussi, un sujet d’études académiques et d’articles scientifiques signées des plus prestigieuses signatures du monde de la sociologie et de l’université. Accessoirement, ce succès a valu aussi à Atlas.Mt quelques solides inimitiés chez tous ceux que la justesse du ton dérange. Dans ce monde sans règle qu’est le web journalisme, refuge facile d tous ceux qui n’ont pas le courage d’affronter l’autorité de la chose écrite sur le papier ; parfois aussi sans raison devant les prétoires, nous avons eu à défendre nos convictions et notre ouvrage.

Mais nous n’en avons eu, et n’en aurons jamais cure. Et merci à tous ceux qui nous ont soutenu dans ce voyage, par leurs encouragements, leur soutien matériel, par leurs critiques positives et constructives. Merci aussi à ceux qui nous ont poussé dans le dos et tenté de nous faire des crocs en jambe ; loin de nous faire tomber, ils ont renforcé et renforcent encore notre détermination à poursuivre dans la voie que nous avons choisi, une voie qui mène loin.

Et ainsi, après le 100 et venu le 200 ; rendez-vous dans deux ans pour le 250, dans quatre ans pour le 300 …

Chiffres ronds

Les chiffres ronds, on le sait, sont imprégnés d’une charge émotive, un peu ésotérique, un peu magique, un peu votive aussi, d’une grande puissance capable de déclencher l’imaginaire et l’imaginatif, de remuer en nous on ne sait quels indicibles sentiments. Souvent aussi, ils activent quelques  pensées inconscientes  mais tout à fait objectives. 

État de grâce

Dans le monde de la politique, on célèbre ainsi, toujours en grandes pompes, sous toutes les latitudes et sous toutes les formes de pouvoir, le centième jour de l’avènement d’un nouveau régime ou d’un nouveau leader. Sait-on d’où cette tradition tire son origine? Sans doute pas. Pour mémoire donc nous rappellerons que c’est là une sorte de contre-héritage napoléonien. Chassé du pouvoir et contraint à l’exil, Bonaparte s’échappa de l’île où il était confiné, regagna la France, réussit à rallier ses fidèles encore nombreux et repartit à la conquête du pouvoir, dans une aventure connue depuis comme le «vol de l’aigle». L’épopée dura cent jours, pas un de plus, durant lesquels, partout sur son parcours, l’Aigle Impérial fut accueilli en sauveur, par une population en euphorie, ce qui fit que depuis on qualifie les cent premiers jours de tout nouveau pouvoir politique «l’état de grâce». 

Mais pourquoi donc commémore-t-on un fait historique qui connut une si triste fin ? En fait, ce n’est pas le 100ème, mais le cent et unième jours que l’on célèbre. On accueille alors la fin de cet «état de grâce» durant lequel tout semble possible mais ou en vérité, tout est improbable et incertain; on dit sa joie de revenir au réalisme et à la réalité, on présume que l’on entre dans la maturité et que l’on passe enfin à l’action. (Ouvrons ici une parenthèse pour dire que, par une heureuse coïncidence, une des principale Loi régissant la vie du Québec, est née sous le signe du 101 et on ne peut, en francophone convaincu, que se réjouir d’un si heureux présage.)

Dans le monde des média

La coutume politique n’a pas tardé à déteindre sur tous les domaines d’activités humaines, avec une vigueur particulière, il faut le souligner, dans le monde des média. Car là aussi et surtout, on fête le 100; le numéro 100, pour un quotidien, comme pour un hebdomadaire ou un mensuel, est toujours prétexte à fêter. La magie du chiffre ne cache cependant pas le caractère réaliste de la célébration. Tous les gestionnaires d’entreprise de presse vous le dirons : avec la parution de son numéro 100, toute publication, quelle que soit sa périodicité, passe ce que l’on appelle dans l’économie des média,  le «seuil de viabilité». En d’autres termes, son existence n’est plus  ni fragile ni menacée, puisque à ce stade, elle a acquis – en principe – crédibilité et crédit auprès de ses lecteurs comme de ses annonceurs.

Et dans les médias communautaires ?

S’agissant de «média comme les autres», les mêmes règles sont  de mise. Mais avec un plus cependant. Les média communautaires ne sont pas soumis uniquement aux règles du marché, car l’équation  nombre de lecteurs – recettes publicitaires, n’est  aussi dominante dans leurs fondamentaux que chez leurs confrères. En fait, ils assument deux autres fonctions qui s’avèrent tout aussi déterminantes que le succès commercial. Ils sont en effet des outils d’animation communautaire et ils sont la voix et la plume de communautés qui autrement, parce qu’elles seraient inaudibles, resteraient invisibles et ne laisseraient nulle trace de leur passage et de leur existence. 

Parce qu’il n’y avait pas de média communautaires pour témoigner de leur sacrifice, on a ainsi oublié tous ces soldats marocains qui ont mêlé leur sang à celui de leur frères d’armes canadien durant la bataille de Vimy qui, dit-on, représente la naissance de l’identité canadienne. Pour la même raison, on a oublié tous ces marocains, ces tunisiens et ces algériens qui se sont battus – et dont nombreux sont morts –  sous uniforme canadien durant la deuxième guerre mondiale et en Corée, on a également oublié l’apport du sociologue marocain Mohamed Guessous (formé à Princeton et qui enseigna dans les années cinquante à l’Université de Laval) aux grèves de l’amiante qui fut l’un des éléments générateurs de la Révolution tranquille.

Et pas plus loin que le mois dernier, parmi quatre victimes d’accidents provoqués par des déneigeuses, devinez qui on a oublié ? Celle qui n’avait d’autre tort que d’être originaire d’une communauté ethnoculturelle…

Organes d’information et de sensibilisation, outils d’animation communautaire, voix de ces communautés qui seraient autrement confinées dans le mutisme, les media communautaires puisent dans tout cela l’énergie et les ressources que le fait de passer le cap des 100 numéro ne peut, au plus,  que les inciter à aller avec plus de détermination encore qu’avant, vers le numéro 101, le numéro 102 et ainsi de suite…

Abdelghani Dades (Edito Atlas.Mtl 200 du 28  février au 13 mars 2013)

 

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