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Jeunes chômeurs tunisiens recrutés au Canada

Dans le cadre de son programme de promotion de la francophonie, l’ambassade du Canada en Tunisie a organisé pour la troisième fois une session de recrutement au profit de jeunes Tunisiens désirant partir travailler au Canada.  D’ici la fin du mois de février 2012, une trentaine de jeunes, filles et garçons, iront entamer une nouvelle vie en Amérique du Nord.  Marie Pouliot, agent d’immigration à l’ambassade a reçu cet après-midi une dizaine parmi les nouvelles recrues, pour leur accorder leur visa professionnel.En quoi consiste le programme de promotion de la francophonie ? « Il s’agit d’une campagne qui a l’habitude d’avoir lieu en France et en Belgique. Depuis trois ans, elle se passe en Tunisie parce qu’on y trouve le terrain propice. Des employeurs canadiens viennent ici pour recruter des Tunisiens, dans différents domaines d’activités », explique Marie Pouliot. Cette session de recrutement se fait en collaboration avec l’Agence Nationale pour l’Emploi et le Travail indépendant (ANETI).

Les principales spécialités prisées par les recruteurs canadiens sont en relation avec le domaine de la restauration, la santé, les télécommunications, la soudure et la mécanique.

« Nous faisons la promotion auprès des employeurs canadiens. Ils nous envoient la description des profils qu’ils recherchent. Nous contactons l’ANETI, qui s’occupe d’une première sélection, ensuite les employeurs canadiens viennent sur place pour faire passer des interviews et des tests aux candidats. Après quoi ils arrêtent leur choix », ajoute la responsable. Au mois de novembre dernier, sept employeurs canadiens se sont déplacés en Tunisie, pour faire passer des entretiens aux éventuels interessés.

Les dix recrues qui auront la chance de partir bientôt travailleront dans la restauration et la mécanique. Bilel a 24 ans, il a travaillé pendant 2 ans et demi dans le premier domaine, il est au chômage depuis quelques temps « j’ai trouvé l’annonce sur le site de l’ANETI. J’ai envoyé cv et lettre de motivation et voilà qu’on me contacte pour un entretien d’embauche. J’ai été pris. J’ai signé un contrat d’un an et je pars le 26 février prochain », nous confie-t-il, avec entrain.

Mohamed Salah, 29 ans, est aussi de la partie. Détenteur de 2 maitrises, dont une en langues, il a à son actif deux ans et demi d’expérience dans la restauration, pour ensuite se retrouver au chômage : « J’ai postulé sur tous les sites de recrutement dont celui de l’ANETI. J’ai été contacté par eux pour rencontrer des recruteurs canadiens. Une semaine après l’entretien j’ai eu un avis favorable. J’ai signé un contrat d’un an dans le domaine de la restauration ».  Ce groupe-ci, qui part pour la province du Nouveau-Brunswick a eu la chance de se voir payer son billet d’avion par les recruteurs. Ils trouveront, chacun, un logement prêt dès son arrivée sur les lieux.

Asma  a 25 ans, elle est maitrisarde en Linguistique, et  elle vient de Gabès. « J’ai envoyé mon CV sur le site de l’ANETI, après quoi on m’a contacté. Pendant les deux jours des entretiens ( 22 et 23 novembre dernier) il y a eu près de 250 candidats pour rencontrer les hommes d’affaires canadiens. J’ai rencontré les patrons des restaurants Tim Hortons, pour le poste de « guest relation ». Ils ont apprécié le fait que je maîtrise l’anglais et que j’aie une expérience de deux ans dans un poste similaire. Alors ils m’ont accordé le poste ».

Tarak quand à lui vient de Monastir, il a 27 ans, et est célibataire : « Je travaille depuis près de 3 ans et demi pour une société allemande de câblerie automobile à Sousse. Il y a trois mois, j’ai lu sur le site de l’ANETI qu’une société canadienne cherchait des techniciens supérieurs dans l’électromécanique. J’envoie mon CV.

On m’appelle pour un entretien avec les recruteurs. 24 heures plus tard on m’envoie le contrat de travail de deux ans, à signer et à retourner à l’intéressé. Et voilà que je pars le 19 janvier m’installer à Ontario », nous confie-t-il. Tous ces candidats semblent être ravis de découvrir une nouvelle vie. Tarak qui voyagera pour la première fois de sa vie, ne cache pas sa fébrilité teintée de crainte : «  je ne sais pas comment cela va être la bas, on me dit que la vie est très chère, et puis je n’ai toujours pas annoncé la nouvelle à ma mère. Il m’est difficile de la laisser toute seule ». Avez-vous négocié votre salaire avec votre nouvel employeur ? « Il m’a dit que je serai payé 16 dollars de l’heure ».

Au mois de mars prochain, quatre nouveaux employeurs canadiens vont visiter la Tunisie pour une nouvelle cession de recrutement : « Quand un employeur canadien est satisfait de ses nouvelles recrues, il en parle autour de lui et il crée un engouement. C’est le cas de la Tunisie où l’on trouve des candidats de qualité », précise Marie Pouliot. Au bout de la période d’embauche stipulée dans le contrat, celui-ci est généralement reconduit par l’employeur s’il est satisfait du rendement du candidat. C’est sans oublier que le Canada est truffé d’opportunités pour les émigrés qualifiés. « Quasiment tous ceux qui sont partisdurant les sessions précédentes sont toujours au Canada parce qu’ils réussisent », précise l’agent du service émigration. 

Chiraz Kefi (gnet.tn)

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