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Radicaux islamistes: Québec menotté

QUEBEC – Faute de pouvoir les expulser du territoire, Québec demande aux «institutions québécoises» de fermer leurs portes à deux conférenciers islamistes radicaux attendus vendredi à Montréal.

Il n’y a pas de base légale sur laquelle s’appuyer pour chasser les deux hommes, a admis jeudi la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, à l’Assemblée nationale.

«Sur quelle base, quel acte criminel ont-ils posé?», a soulevé la ministre en point de presse, exprimant son impuissance.

Du reste, les questions d’expulsion relèvent du gouvernement fédéral, a-t-elle ajouté.

Après s’être vus refuser l’accès à l’Université Concordia et au Collège Vanier à cause de pressions populaires, Hamza Tzortzis et Abdur Raheem Green ont jeté leur dévolu sur une mosquée liée à l’Association musulmane du Canada, qui se revendique de l’idéologie des frères musulmans.

Membres de l’organisation britannique «Islamic Education and Research Academy (IERA)», les deux missionnaires de l’islam politique doivent prononcer à Montréal une conférence intitulée «Calling the World Back to Allah».

MM. Green et Tzortzis sont pointés du doigt pour leurs propos hostiles et rétrogrades à l’endroit des gais, des femmes et des juifs. Il leur est reproché de justifier le châtiment corporel envers les femmes et d’assimiler l’homosexualité à des pratiques comme le cannibalisme et la pédophilie.

En Chambre, la députée péquiste Carole Poirier est revenue à la charge après avoir exigé la veille l’expulsion des deux individus.

Elle a demandé à la ministre Weil comment elle pouvait tolérer la présence en sol québécois d’individus propageant «des propos haineux» et des comportements «intolérables» envers les femmes.

«M. Tzortzis est ici depuis plusieurs jours, ce que la ministre de l’Immigration semble ignorer. Il ne cesse de propager un discours profondément misogyne, homophobe et antisémite. Il se base ainsi sur la charia pour affirmer la prédominance de l’homme sur la femme, justifiant l’usage de la violence pour un mari de battre sa femme si elle ne respecte pas son autorité», a évoqué la porte-parole de l’opposition officielle en matière de laïcité.

Mme Weil a avoué qu’elle ne pouvait, sur une base légale, renvoyer sous d’autres cieux les deux militants islamistes même s’ils colportent, selon elle, un discours haineux.

«Les propos qu’ils véhiculent, haineux, homophobes et qui banalisent, qui même justifient la violence contre les femmes, sont inacceptables, inadmissibles et vont contre les valeurs de notre gouvernement, de la société québécoise», a-t-elle fait valoir.

Par le biais d’une motion présentée à l’Assemblée nationale, le gouvernement a eu l’occasion de signifier que «Green et Tzortzis ne sont pas les bienvenus sur sol québécois», a poursuivi la ministre.

A défaut de pouvoir en faire davantage, Mme Weil a lancé un appel à «toutes les institutions» pour qu’elles refusent d’accueillir ou héberger les deux hommes.

«Moi, ce que je dis, c’est que je félicite Concordia et je félicite Vanier d’avoir refusé d’accepter que ces gens viennent au sein de leurs institutions pour véhiculer des propos haineux et inacceptables. Et j’encourage toutes les institutions du Québec à faire de même», a-t-elle dit.

Par Martin Ouellet, La Presse Canadienne

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