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Entre risque de récession et divisions. Où va le Québec?

M Jean Charest, premier ministre du Québec

À la veille d’une nouvelle récession économique mondiale, le Québec s’enlise dans les divisions internes. En effet, la plupart des partis politiques sont en chute libre;  l’image du parti libéral est ternie par les affaires de corruption; le parti québécois, plombé par les contraintes qu’il s’est imposées dès sa naissance : le projet souverainiste et la préservation de la langue française qui sont, aujourd’hui, sources de divisions internes mettant l’existence du parti en danger. Face à ces menaces, les «tireurs de ficelles», ceux qui tiennent réellement les rênes du pouvoir, les grands propriétaires d’entreprises et  les lobbies financiers, préparent déjà leur étalon : il s’appelle Legault. Ce favori a déjà un programme qui se veut rassembleur et il prépare la création d’un nouveau parti. Et comme tout opportuniste qui se respecte, il use de la démagogie (plan axé sur la santé et l’éducation, les deux points faibles de la population) et il flirte avec les thèses de l’extrême droite (limiter l’immigration et  séduction des membres de l’ADQ).

Le Québec et la récession mondiale 

L’économie mondiale est en voie d’entrer dans une nouvelle récession. Les experts économistes québécois prévoient une croissance économique de 1.5 % pour les États-Unis au lieu des 3% affichés pour 2012. La zone euro tournerait autour de 1.2% tandis que le Canada et le Québec verraient leurs taux respectifs avoisiner 2.1% et 1.7%.  Les matières premières écoperaient également à cause de la dévaluation monétaire. Les banques centrales et le gouvernement qui sont les seuls à pouvoir mettre fin à la spirale décadente manquent actuellement de munitions. Face à cette situation où le Canada et le Québec ne sont pas immunisés contre d’éventuels chocs externes, que font nos glorieux dirigeants?  Ils s’entredéchirent, à l’approche d’élections qui risquent d’être historiques par les changements fondamentaux qui pourraient en résulter.

Le PLQ en chute libre 

Le parti libéral du Québec(PLQ) est un parti québécois fédéraliste c.à.d. qu’il est pour que le Québec continue à évoluer au sein de la fédération canadienne et ne pas constituer un pays indépendant. C’est le parti le plus ancien du Québec puisqu’il existe depuis 1867.

Le fait le plus marquant de ce parti, c’est son historique victoire  aux élections de 1960; ce qui lui a permis, sous la présidence de Jean Lesage, de lancer la Révolution tranquille. La Révolution tranquille a modifié en profondeur la société québécoise grâce à de grandes réalisations parmi lesquelles : la nationalisation de l’industrie hydro électrique, la création du Régime des Rentes du Québec et du ministère de l’Éducation. Le PLQ va ensuite perdre les élections de 1976 contre le parti québécois de René Lévesque et ne retrouvera la tête du gouvernement qu’en avril 2003.

Le premier ministre Jean Charest 

En 2003, le premier ministre s’appelle Jean Charest. Les puissances de l’argent, les «tireurs de ficelles», ont du déployer de gros efforts pour que ce conservateur accepte de prendre la tête du PLQ. Lors des élections de 2007, le PLQ devient minoritaire, l’ADQ (Action Démocratique du Québec) fait une percée historique tandis que le parti québécois est relégué au troisième rang. Entre 2003 et 2007, le gouvernement libéral a fait face à de nombreuses critiques de la part des centrales syndicales (FTQ et CSN), des organismes de défense des droits sociaux ainsi que des mouvements étudiants. Tout cela à cause de nombreuses décisions impopulaires, notamment : la création d’une agence de partenariat public-privé(PPP) ou les projets abandonnés comme la construction d’une centrale thermique au gaz ou la réforme des prêts et bourses en 2004. Ces reculs du gouvernement fragilisèrent son pouvoir et firent en sorte que le PLQ se retrouve minoritaire après les élections de 2007.

Depuis, le taux de popularité du gouvernement, paradoxalement, n’a pas cessé d’augmenter jusqu’à atteindre un taux de satisfaction avoisinant les 61% en 2008. Jean Charest en profitera pour lancer des élections anticipées visant à obtenir la majorité. Malheureusement, non seulement, ces élections ne permettront pas au PLQ d’obtenir une majorité mais, en plus, elles feront du parti québécois, l’opposition officielle  et aboutiront à l’élection du premier député de Québec Solidaire, Amir Khadir  qui, d’ailleurs, leur en fera voir de toutes les couleurs.

Le PLQ et la corruption  

Aujourd’hui, le PLQ au pouvoir doit faire face à une série de scandales liés à la corruption. L’apogée a été atteinte le 16 septembre 2011 avec le rapport Duchesneau qui a révélé une «Prise de contrôle de certaines fonctions de l’État par des intérêts particuliers». Ce rapport a été accueilli avec une certaine désinvolture par Jean Charest, n’empêche qu’en refusant la création d’une commission d’enquête publique sur la collusion dans l’industrie de la construction, Jean Charest alimente les pires soupçons quant aux liens existant entre le premier ministre, la corruption et le crime organisé. Pire, certains pensent que ce refus a brisé le lien de confiance entre le citoyen et le monde politique. Les institutions gouvernementales sont en danger.

Les québécois et leur démocratie 

Les québécois ont, aujourd’hui, mal de leur démocratie. Cette démocratie leur a fait subir, depuis quelques années, des chocs de moins en moins supportables comme : les 40 milliards de déficit de la caisse de dépôt, l’importante évasion fiscale et les blanchiments, les drames des urgences médicales, la précarité des aînés et surtout, les scandales à répétition de la corruption. Les dernières élections fédérales ont tiré déjà la sonnette d’alarme : les jeunes de 18 à 35 ans ne votent plus ou très peu; ce qui dévoile un vide politique qui poussent les électeurs à chercher à combler ce vide en votant pour des partis en développement comme le NPD.

Aujourd’hui, le peuple québécois rêve d’une nouvelle démocratie et c’est pourquoi, il cherche à se re-mobiliser pour construire un nouveau monde politique en optant pour des députés, autonomes par rapport à leur parti politique et capables de promouvoir les valeurs de solidarité, de paix et de bonheur.

Par Radouane Bnou-nouçair 

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