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2015 et au-dela

2015 et au-delaLes jours se suivent et se ressemblent. Les années aussi, du moins en apparence. Car en fait, tout change. Imperceptiblement mais inéluctablement; jusqu’au jour où l’on fini par se rendre compte que l’air du temps n’est plus le même, que nos certitudes n’ont plus lieu d’être, qu’elles ont été remplacées par des réalités qui nous choquent sans doute un peu mais auxquelles on s’est déjà rendu et habitué.

Ainsi en est-il du Canada, que l’on se plait encore à considérer comme une puissance de paix en citant pour se convaincre l’initiative canadienne qui allait donner en 1960 la naissance des Casques bleus onusiens ou le refus de Jean Chrétien de participer à la première Tempête du désert. Ces deux repères, on l’oublie, ont respectivement cinquante quatre ans – un demi-siècle bien sonné – et 25 ans – un quart de siècle…

Entretemps, on a changé de millénaire et d’ère. Le pays de la paix et des révolutions tranquilles est devenu un pays occidental comme les autres, qui est intervenu militairement en Afghanistan et qui participe à coup de raids aériens, contre Daesh en Syrie et en Iraq, dont la diplomatie prend parti dans un certain nombre d’autres conflits internationaux, qui sacrifie aux approches sécuritaires et durcit ses lois parfois même un peu au détriment des libertés publiques etc., etc., …

Les changements fondamentaux n’ont pas épargné le Québec. Ici on refuse de sortir de l’idéal social-démocrate absolu, fait de générosité publique sans limite, de filets sociaux dont la solidité s’embarrasse peu d’équilibre économiques globaux et de souci du lendemain. Ce qui nous vaut parfois d’adopter des attitudes ambivalentes comme celle, en faveur ces derniers temps, d’être favorable à la rigueur budgétaire et au déficit zéro,   mais en même temps de protester sans réserve contre l’austérité, surtout lorsque qu’une quelconque coupure budgétaire impacte notre portefeuille ou un service dont nous sommes usager.

Le spectacle, le triste spectacle que nous offre le reste du monde ne fait par ailleurs rien pour améliorer nos humeurs.

Il en va ainsi des sombres perspectives que nous promettent les changements climatiques et les nouveaux défis qu’ils vont créer. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, les dérèglements climatiques de la dernière décennie, alternant pluviométrie anarchique – inondations dramatiques et sécheresses sévères à la faveur d’une hausse de température globale de 1 degré, ne sont qu’un avant goût de ce que nous vivrons dans les toutes prochaines décennies à 2 degrés de hausse de températures et plus encore si, comme le craignent de nombreux experts, à 4 degrés de plus. Le défi – fontes accélérées des glaces des pôles – ne sera pas seulement agro économique et alimentaire; la hausse prévisible du niveau des mers et océans submergera de nombreuses terres et pays, il faudra aussi faire face à des mouvements de populations sans précédent, qu’il faudra bien accueillir et assister, sur les ressources disponibles, les nôtres, dans des proportions dont nulle rigueur budgétaire et nulle austérité d’aujourd’hui ne peuvent donner la mesure.

Les sombres auspices ne s’arrêtent pas là. Car il y a aussi ce délitement des valeurs qui normaient nos sociétés; avec des extrêmes qui font peur, dont l’usurpation du sacré par des criminels qui, prétendument au nom du Dieu des Hommes et de la Miséricorde, à Saint Jean sur Richelieu, à Ottawa, à Sidney et plus intolérablement si cela était possible, au Pakistan, attentent au plus sacré de la foi, l’humain et la vie, les innocents et les enfants.

On a décidément bien changé de millénaire, d’âge aussi.

Et revient alors en mémoire, ce que les historiens nous disent du passage de l’an mille; soit une sortie douloureuse du Moyen Âge qui aura duré cinq cents ans avant que la renaissance ne viennent dissiper les ténèbres.

Ce texte est une bien curieuse façon d’annoncer l’an nouveau qui approche pourrait penser le lecteur.  Certes; mais le voir ainsi confirmerait justement toutes les craintes dont sont porteuses les lignes qui précédent.

Car pour conjurer tous ces mauvais augures, chacun de nous est responsable; par ses engagements, par ses actes. Par une citoyenneté assumée et raisonnée dont le premier signe serait de mettre fin aux comportements d’enfants gâtés d’un temps d’or qui fut, pour s’adapter à un nouvel an, un nouveau siècle et un nouveau millénaire qui nous appartient mais qui appartient bien plus aux générations à venir et qui, à ce titre, a des exigences auxquelles nous ne pouvons nous soustraire.

Et ce sont là nos vœux pour 2015, pour le XXIème  siècle et pour le troisième millénaire.

Abdelghani Dades (Edito: Atlas.Mtl du 18 décembre 2014)

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