Les engagements du Maroc et sa vision de l’avenir qui s’ouvre à la fois aux Amériques, à l’Europe et à l’Afrique ont été mis en avant, vendredi à Montréal, lors du Colloque international « Communautés transatlantiques: asymétries et convergences ».
Tout en rappelant l’Initiative tricontinentale atlantique lancée à l’instigation du Maroc, en 2009, et sanctionnée par l’appel de Skhirat, des universitaires marocains ont pris la parole lors de ce colloque pour mettre en exergue la dimension atlantique du Royaume qui s’impose avec force comme géographie, histoire et destin.
Pour assurer son ancrage dans la société du savoir et de l’économie mondiale, le Maroc diversifie ses alliances stratégiques, a affirmé Mme Bouchra Sidi Hida, du Centre d’études et de recherches en sciences sociales, à Rabat, mettant en lumière les multiples stratégies de développement et de coopération qu’entretient le Maroc avec ses partenaires à travers le monde.
Elle a notamment rappelé les multiples rapports économiques et humains que le Maroc a su développer avec ses voisins atlantiques, particulièrement ceux du Sud et du Nord, ainsi que les différents accords conclus avec l’UE et les Etats-Unis et les négociations en cours avec le Canada pour un accord de libre-échange.
Lors de son intervention sur les enjeux et défis du partenariat Maroc-canadien « l’université, pont de consolidation de l’espace atlantique ? », Mme Sidi Hida, a ouvert une réflexion sur les échanges universitaires établis dans le cadre de la coopération entre le Maroc et le Canada, affirmant que « cette coopération s’inscrit et se consolide dans un contexte historique permettant de mieux comprendre les logiques et les enjeux qui la régissent ainsi que les défaillances et les obstacles auxquels elle a été confrontée ».
Elle a aussi appelé à ce que les instituions académiques partagent la vision transatlantique, en particulier les universités et les centres de recherche, en encourageant notamment la recherche, la formation et le transfert du savoir.
Mme Sidi Hida s’est aussi interrogée sur les liens interuniversitaires des deux rives du bassin atlantique à même de constituer un des ponts de consolidation du partenariat entre les deux parties, appelant en particulier à plus de partenariats transatlantiques ainsi qu’au renforcement des liens entre chercheurs et universitaires de mêmes disciplines, alors que l’océan Atlantique a été et demeure la voie de développement par excellence pour les pays riverains de l’hémisphère nord et, de plus en plus, pour les pays de l’hémisphère sud également.
Lors de cette rencontre, le professeur Nizar Messari (université Al Akhawayn) a pour sa part mis l’accent sur les différents chantiers et infrastructures de dimension internationale réalisées au Maroc, ainsi que l’approche tricontinentale du Royaume.
Dans son intervention sur les relations transatlantiques du Maroc sous le règne de SM le Roi Mohammed VI, l’universitaire a souligné l’engagement « actif » du Maroc pour la promotion d’un co-développement tricontinental qui transcende les approches qui ont historiquement lié le Nord au Nord et le Nord au Sud, et qui, s’ouvrent à la fois aux Amériques, à l’Europe et à l’Afrique.
Rappelant la tenue, à l’initiative du HCP, en mai 2009 au Maroc, du forum international « Pour une initiative tricontinentale atlantique », couronné par l’Appel de Skhirat, M. Nizar a soutenu que le Maroc constitue une plaque tournante dans la dynamisation des échanges entre les pays riverains de l’espace atlantique, appelant à une plus grande collaboration en vue de créer un espace tricontinental permettant de rapprocher les deux rives de l’Atlantique.
Organisé par l’Institut d’études internationales de Montréal (2-4 novembre), ce colloque est la deuxième série de rencontres qui se situe dans le droit fil de la thématique du colloque de l’automne dernier « Repenser l’Atlantique: Commerce, immigration, sécurité », tenu à Montréal.
La Conférence d’ouverture de ce colloque a été rehaussée par la présence notamment de l’ambassadeur du Maroc au Canada, Mme Nouzha Chekrouni, ainsi que de plusieurs autres personnalités du monde politique, économique et universitaire.
Lors de ce Colloque, à l’Université du Québec à Montréal, les participants ont soulevé une pluralité d’angles d’approche et de problématiques susceptibles de conduire à la reformulation des questionnements concernant l’Atlantique, dans le contexte actuel de la globalisation des économies et des sociétés.
L’Atlantique caraïbéenne : enjeux, défis et perspectives de la migration, de l’intégration et du développement, la gouvernance en situation de crise : études comparées en Afrique, en Europe et dans les Amériques, le Commerce intra et transatlantique, l’Atlantique comme espace d’accumulation primitive et de résistances, l’altermondialisme, les réseaux et les alliances à l’intérieur de l’espace Atlantique, ont été les grands thèmes retenus cette année par les organisateurs de ce colloque international.
Montréal, 4 nov (MAP)







