Communiqué
 

LE MIROIR DES ÂMES

Les quatre semaines que résume ce numéro de Atlas.Mtl ont été riches en activités, mais également en réactions diverses à l’actualité communautaire et, surtout, en émotions de toutes sortes et de tous ordres.

De tous ordres…
À commencer par le courrier électronique, courroucé, d’un lecteur réclamant «une explication satisfaisante» quant au choix d’illustrer notre page Une d’ une photo de femme voilée.
Cette démarche, bien qu’elle nous accuse de «faire du racolage journalistique» de bas étage, est légitime; elle procède malgré le ton raide de la question, d’un dialogue que nous estimons fructueux, entre le lectorat et la rédaction. À dire vrai, nous nous attendions un peu à ce type de réactions au moment de «boucler» la Une.
Depuis le 11 septembre 2001 en effet, plus vivement encore depuis la mort du jeune Anas Bennis sur laquelle la vérité tarde à venir et encore un degré au dessus depuis la «crise des caricatures» et l’exploitation insidieuse qu’on fait de ces événements des médias pas toujours bien intentionnés, nous tous, arabo-musulmans, avons la sensibilité à fleur de peau, écorchés que nous sommes dans notre foi et nos convictions. En pareilles conditions, il est normal que l’on réagisse à tout; que l’on veuille comprendre chaque fois qu’un acte nous semble entaché d’arrières pensées.
En l’occurrence, notre démarche était exempte de tous ces petits calculs; la photo en question à été prise à Casablanca, au Maroc – nous aurions pu le signaler, c’est vrai –, un pays que l’on peut difficilement soupçonner d’anti-islamisme. Elle ouvrait un numéro d’Atlas.Mtl qui lève le voile sur un certain nombre de dysfonctionnements de la communauté arabo-musulmane de Montréal et du Canada en général, qui nous font nous intéresser à l’accessoire au lieu de nous consacrer à l’essentiel et qui, en résultante, font de nous, de tous les groupes ethnoculturels du pays, le plus pauvre, le plus mal vu et le plus discriminé.


Abdelghani Dades


Affronter nos démons
Si notre interlocuteur à encore un doute sur la démarche, consistant à affronter nous-mêmes nos propres démons au lieu de laisser les autres le faire à notre place et à leur manière, ses doutes seront certainement levés par les réactions discutables de ceux qui n’ont pas aimé que le Groupe Atlasmédias prenne l’initiative d’organiser une conférence sur «Marocains du monde; comment peut-on être maroco-canadiens ?» à travers laquelle nous visions à identifier les spécificités de notre identité et mettre en valeur les apports, effectifs et potentiels réalisables, de notre communauté et de l’immigration en général, à la société d’accueil.
Il y en a qui ont trouvé «incongru» qu’on les invite à participer à la réflexion; je m’interroge encore sur le sens à accorder à l’«incongruité» invoquée; je ne gloserai pas là dessus d’ailleurs, tant serait vaine une discussion sur le sujet. Cela ressemblerait trop à une polémique qui, de tous les genres journalistiques est le plus facile et le plus méprisable.
En revanche, il est du droit de nos lecteurs de savoir que depuis lors, tous ceux qui participent de près ou de loin à la vie du Groupe Atlasmédias sont harcelés d’appels téléphoniques menaçants par un olibrius autoproclamé journaliste. Je ne le nommerais point, pour ne pas souiller vos yeux, les colonnes de ce journal ou la mémoire de mon ordinateur.

Petits calculs et calomnie
Le même triste sire bombarde également nos annonceurs, nos lecteurs, nos amis et nos familles de messages électroniques haineux, orduriers et diffamatoires; sa dernières trouvaille serait une dénonciation –infondée et calomnieuse – des animateurs du Groupe à Revenu Québec. En voilà assez pour me remettre Boileau en mémoire lorsqu’il affirmait «les miroirs ont été créé pour refléter les visages, mais on n’a rien créé pour refléter les âmes». Il est vrai que Boileau vivait à une époque ou la chose écrite revêtait une sorte de sacralité, n’était utilisé qu’aux nobles fins de transmettre le savoir. Aujourd’hui vulgarisée, elle est l’objet de bien des mésusages, mais on y gagne puisque l’écrit, parfois, sert, au moins, à refléter les âmes…
De telles mesquineries ne remettent cependant nullement en cause notre détermination; nous sommes décidés à continuer d’aller de l’avant.
Peu nous chaut en effet que des aboiements accompagnent notre marche, nous marchons et vous livrons notre carnet de route en page 4 du journal Atlas.Mtl du 15 avril 2006.

Abdelghani dades
Groupe Atlasmedias