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Les impacts et périls d’une pénurie de main-d’œuvre…

«Socialement, c’est un signal qu’il y a quelque chose qui cloche»

La campagne électorale municipale étant maintenant chose du passé, mais les défis qu’auront les nouveaux élus du Bas-Saint-Laurent au cours de leur mandat seront nombreux. L’un d’entre eux sera, sans l’ombre d’un doute, la pénurie de main-d’oeuvre qui touche la région.

En 2008, un peu plus de 104 000 personnes composaient la population active, c’est-à-dire la main-d’oeuvre disponible sur le territoire.

Huit ans plus tard, en 2016, 94 600 personnes représentaient la population active, alors que la population totale est demeurée pratiquement la même, à 169 200. Cela représente une baisse de 9500 personnes ou de 9,1% de la population active apte à occuper les postes offerts.

Quant au taux d’activité, il a légèrement diminué à l’échelle provinciale durant cette période, passant de 65,6% à 64,6%. En revanche, il est passé de 61,5% à 55,9% au Bas-Saint-Laurent entre 2008 et 2016. Cela a eu des effets économiques importants, certes, mais aussi des contrecoups sociaux significatifs, selon l’économiste indépendant Ianik Marcil.

Pour une meilleure compréhension de la situation quelques définitions s’imposent. Ainsi, la population active comprend les personnes de 15 ans et plus qui ont un emploi ou qui désirent en avoir un. Le taux d’activité est la proportion de ce nombre sur la population totale (15 ans et+). Cette donnée mesure le pourcentage des personnes sur le marché de l’emploi par rapport à la population totale.

«Économiquement, ça ralentit la croissance des entreprises qui ont des carnets de commandes qu’elles pourraient perdre, par exemple. Socialement, c’est un signal qu’il y a quelque chose qui cloche» affirme Ianik Marcil, économiste indépendant.                                                                                                                                  Toujours selon l’économiste, le problème actuel laisse présager que la situation sociodémographique est peu reluisante et qu’elle pourrait faire l’objet de tout un casse-tête pour les élus et pour les entreprises dans les années à venir.

Qu’est-ce qui explique la baisse?                                                                                                                                                                        Ianik Marcil affirme qu’un ensemble de facteurs expliquent la pénurie de main-d’oeuvre. Le vieillissement de la population et l’exode rural en font partie. Toutefois, il montre particulièrement du doigt les difficultés qu’ont les municipalités en région de convaincre les travailleurs à venir s’y installer. L’ensemble des villes du monde s’arrachent les bons travailleurs. Si une municipalité n’offre pas un milieu de vie inspirant et qui laisse présager de bonnes perspectives d’avenir, elle va en arracher pour attirer de la main-d’oeuvre.Ianik Marcil, économiste indépendant.

Questionné sur les raisons qui poussent les gouvernements successifs à promettre des centaines de milliers d’emplois à chaque campagne électorale alors qu’il y a un manque de main-d’oeuvre évident, l’économiste répond rapidement.

Ça fonctionne politiquement. C’est vendeur, car personne n’est contre la création d’emplois. Mais on se trompe de cible. Il faut surtout parler de ceux et celles qui sont actuellement présents sur le marché du travail. La force vive économique, pendant ce temps, continue de partir vers les grands centres. Ianik Marcil, économiste indépendant                                                                                                                               L’immigration, une des solutions, mais…

Si les nouveaux arrivants peuvent pallier les postes à pourvoir, l’économiste rappelle que les natifs et les immigrants s’intéressent à un endroit pour les mêmes raisons, c’est-à-dire les perspectives d’avenir et le tissu social qui constituera ladite région.

«Une région ne se repeuplera pas par magie avec des nouveaux arrivants. À long terme, oui, ça fait partie des solutions. Mais pour rendre les régions attractives aux yeux des immigrants, il faut investir dans ces régions-là» affirme-t-il.

Selon Ianik Marcil donc, l’immigration peut faire partie des solutions à long terme. Toutefois, il ne faut pas se fier qu’à cette force de travail supplémentaire.

Quelle est la solution?

Ianik Marcil affirme qu’il n’y a aucune solution miracle à la disposition des prochains élus.

Selon lui, à court terme, il peut y avoir des incitatifs directs (financiers), aux employés. Cependant, à long terme, des concertations régionales seront nécessaires pour trouver des solutions.

L’économiste rappelle que les instances régionales comme les CRE avaient notamment pour mission de trouver des solutions à ce genre de problème avant de disparaître sous l’actuel gouvernement provincial.

*Source: Statistique Canada

 

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