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Forum des Compétences Canado-Marocaines «Fièrement Femmes ! Engagées, passionnées et épanouies»

forumLe Forum des compétences canado-marocaines a organisé, le samedi 15 avril dernier et pour une deuxième année consécutive, une journée à l’honneur des femmes marocaines. “Fièrement…femmes !”, c’est l’évènement de l’année où l’engagement et l’apport considérables des femmes issues de l’immigration à leurs communautés et à leur société d’accueil est mis en valeur. Cet évènement, occasion de rencontre, de dialogue et de rapprochement culturel, présentait cinq panélistes et deux jeunes femmes de la relève qui ont été invitées à discuter de leur parcours professionnel et de leur engagement communautaire. Mélanie Loisel animait ce panel. Cette journaliste, rédactrice et recherchiste, qui a couvert une variété de dossiers liés aux enjeux socio-économiques et politiques, fût une valeur inestimable lors de cet évènement. Plus d’une centaine de participants et participantes étaient présents.

Des discours inspirants pour débuter l’événement

La présidente du Forum des compétences canado-marocaines, nouvelle élue, a cassé la glace lors de cet après-midi. Elle a accueilli les participant-es et a remercié son conseil d’administration. Première femme présidente du FCCM, Nafissa Abarbach a indiqué les peurs toujours présentes des femmes lorsqu’elles prennent un poste de responsabilité. Le syndrome de l’imposteur est latent ; elle ne l’a cependant pas laissé l’emporter sur ses objectifs et projets, et a remercié grandement tous/toutes ceux/celles qui l’ont épaulé dans les dernières semaines.

Marwa Rizqy a, par la suite, pris la parole. Docteur en droit fiscale, elle est également professeure à l’Université de Sherbrooke et s’est présenté à la candidature libérale dans la circonscription St-Laurent en 2017. Elle a de nouveau parlé de ce syndrome de l’imposteur et des défis auxquels elle a pu faire face en tant que femme racisée dans ses milieux de travail. Elle reste cependant optimiste ; de plus en plus de jeunes issus de la diversité sont présent-es dans ses classes de cours.

“L’immigration, c’est une aventure”

Les discussions ont débuté par l’intervention de Yasmine Chouakri, membre associée au Centre de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté de l’UQAM et responsable du volet femmes à la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiée et immigrantes (TCRI). Elle a parlé des difficultés de compréhension du fonctionnement d’une nouvelle société, mais a souligné, tout de même, le privilège qu’elle a eu d’arriver dans une société de droit. Elle a mentionné l’importance d’utiliser notre potentialité et de la mettre en action. Les femmes immigrantes représentent plus de 50% de l’immigration et sont de plus en plus scolarisées. Le potentiel de qualification est donc de plus en plus grand, bien qu’elles soient davantage confrontées à l’enjeu de non-reconnaissance des acquis et compétences. Les enjeux propres aux femmes sont nombreux ; conciliation travail/famille, plus grande prise en charge de la vie familiale, etc. Selon elle, il n’est pas mauvais d’avoir peur, mais la peur ne doit pas nous bloquer dans la recherche de travail, de projets et de reconnaissance sociale et politique. Les aspects fondamentaux qui contribuent à une intégration réussie sont, selon elle, la maîtrise de la langue française, la participation citoyenne et la flexibilité.

«Je veux y arriver; pour montrer                                                                                                                                  à mes filles que c’est possible»

Houda Rihani, comédienne d’origine marocaine, reconnue et prisée au Maroc, a débuté son allocution par sa prise de conscience tardive des difficultés de reconnaissance. Elle a réellement compris la signification du mot immigration à sa deuxième année en terres canadiennes. Elle a indiqué les changements de perceptions avant et après l’immigration. Selon elle, il est nécessaire d’aller à la source de l’information et de ne pas hésiter à demander aux personnes clés. Cette expérience demande beaucoup d’humilité. Depuis son arrivée au Québec, elle a étudié en management culturel à HEC Montréal. Récemment, elle a débuté un stage chez Duceppe, offert aux artistes nouvellement arrivé-es. Elle termine en indiquant l’importance d’investir le monde culturel ; elle regrette le peu de Marocain-es en culture au Québec.

« Oui, je suis féministe et je suis fière de le dire »

Deux jeunes femmes composaient le panel, symbolisant la relève. La première, Imane Boudaa a brièvement parlé de son parcours et de l’importance de revendiquer des idées et convictions féministes dans le monde des affaires. Étudiante à HEC Montréal, elle est également fondatrice de Trône d’enfants, une fondation qui oeuvre au bien-être des enfants. Elle a indiqué que la différence est importante, puisque c’est dans la différence que nous pouvons nous unir.

« Le premier facteur d’inclusion ou d’exclusion,                                                                                               c’est l’éducation des parents »

La deuxième, Marwa Lamkinsi, est une jeune étudiante en droit à l’Université de Montréal pour qui la lutte contre la xénophobie est cheval de bataille. Elle a parlé de l’importance de la sensibilisation et d’axer nos discours sur le bon comportement. Selon elle, tout passe par l’éducation des parents qui doivent transmettre l’amour de la société d’accueil. Elle a réitéré l’importance de tendre la main vers les autres.

« Le cheval de bataille, c’est l’éducation et le dialogue. »

Rakia Laroui, professeure à l’Université du Québec à Rimouski en éducation, est également chevalière de l’Ordre du Québec. Invitée d’honneur de l’événement, sa prise de parole fût forte et rassembleuse. Elle a parlé de l’importance de l’éducation et a mentionné l’appartenance profonde des immigrant-es au peuple québécois, ainsi que de leur présence nécessaire et fondamentale. Elle a également mentionné l’importance de la lutte pour la déconstruction des stéréotypes et de militer pour que les femmes soient respectées dans leurs choix. La compétition est forte ; la position genrée et racisée des femmes immigrantes engendre de multiples défis. Cependant, la persévérance doit être de mise et le réseautage est, à ce niveau, un formidable atout. L’isolement est à proscrire.

« Il faut qu’on soit actifs pour être des citoyens à part entière »

Naïma Bentayeb est doctorante en analyse et management des politiques publiques. Boursière du CRSH, du CREVAJ et du CJM-IU, elle est également chargée de cours à l’École nationale d’administration publique depuis 2011 et coordonnatrice scientifique au sein de la CREVAJ depuis janvier 2016. Les politiques publiques et sociales sont sa passion ; elle y met son cœur et son temps. Jeune femme racisée portant le hijab, elle indique que c’est à nous de faire la démonstration que nous sommes capables d’affronter les défis et embûches que nous affrontons et de montrer les compétences que nous avons. Elle a indiqué l’importance d’oser les nouveaux défis et d’accueillir les nouvelles opportunités.

« On a des positions, mais on fait nos positions aussi »

Notre dernière panéliste, Maha Berechid est conseillère en développement économique au Service de développement économique de la Ville de Montréal. Présidente de la section de Montréal de l’Association des économistes québécois, elle est également maître en sciences économiques de l’Université de Montréal. Lorsqu’elle a débuté son parcours à la chambre de commerce en tant que stagiaire, elle ne pensait jamais y rester pendant 10 ans. Elle a gravi les échelons et a traversé les embûches. Elle reste très optimiste ; elle perçoit de plus en plus de jeunes issu-es de la diversité dans les milieux de travail.

Le Forum des compétences canado-marocaines remercie grandement les panélistes de l’évènement Fièrement…femmes ! Cette journée fût un franc succès ; ces femmes, de par leurs parcours des plus inspirants, ont contribué à transmettre conseils et recommandations, tout en discutant des diverses pistes futures de solution aux problématiques actuelles. Le FCCM remercie également ses partenaires, la Royal Air Maroc, le Centre culturel marocain Dar Al Maghrib, Atlas Montréal et Arbonne,Kyoto Fleurs,  sans qui cet évènement n’aurait pas pu avoir lieu !

Par Mylène de Repentigny-Corbeil

 

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