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Élections législatives au Maroc. Faut-il (encore) avoir peur du PJD ?

Élections législatives au Maroc. Faut-il (encore) avoir peur du PJD ?Le 7 octobre 2016, le Maroc vivait à l’heure de la 10ème consultation législative de son histoire contemporaine. Ces élections ont débouchés sur une nouvelle majorité du parti à référentiel religieux, le PJD (Parti Justice et Développement), dont le chef, Abdelillah Benkirane est – de par les dispositions constitutionnelles en la matière, appelé à constituer un nouveau gouvernement dont il sera le Premier ministre.

Politologue et conférencier en études politiques et internationales, Moulay Hicham Mouatadid, analyse les conséquences des résultats des dernières élections législatives marocaines à la veille de la composition du nouveau gouvernement.

Comment analysez-vous les résultats des dernières élections législatives marocaines?

Nous pouvons clairement interpréter les résultats de ces élections législatives marocaines sur une base à la fois culturelle, politique mais aussi de leadership. La saillie socio-politique a influencé fortement le choix des électeurs lors de ses législatives. Or, ces résultats ne traduisent pas simplement une certaine polarisation politique, entre un parti conservateur à savoir le PJD et son concurrent le PAM, mais aussi une certaine polarisation socio-culturelle qui commence a caractérisé foncièrement le peuple marocain soit la tradition et la contemporanéité. Outre cette polarisation politique et socio-culturelle, un certain leadership politique a joué un rôle cheville dans le choix politique des électeurs. Il s’agit bien d’un leadership politique qui repose sur une certaine technique de discours qui puise son contenu dans la linguistique culturelle et religieuse de la grande masse composante du peuple marocain. Autrement dit, parler la politique autrement, c’est ce qui a constitué le point fort du discours politique PJDiste. En revanche, à mon sens, je conjecture que ceux qui ont voté PAM, ils l’ont fait pour plusieurs raisons et non seulement suite à une conviction partisane à ses valeurs. Entre autres, comme vote sanction contre le PJD, ou parce que tout simplement ils n’avaient pas aucun autre voie sérieuse autre que le PJD dont ils ne partagent pas forcement la vision.

S’attendait-on à ce résultat de la part du PJD et le PAM?

Si le PJD est sorti grand triomphateur c’est parce que tout simplement il est porté par une base militante plus au moins organisée et très motivée, spécialement dans les grandes villes. Le PAM, qui avait beaucoup compté sur son relationnel avec les notables-candidats, pylône de la vie politique marocaine, effectue une progression mais insuffisante pour rattraper le PJD.

La phénoménologie politique qui a caractérisée le déroulement de ces élections législatives a bien démontré depuis le début une certaine distinction de ces deux partis politiques. Or, si le secrétaire général du PJD a su comment séduire oralement et affectueusement les électeurs à partir d’une certaine stratégie de communication et marketing comportemental, Ilyas El Omari, le secrétaire général du PAM, quant à lui, fondait sa stratégie sur la critique du bilan gouvernemental piloté par le PJD, et sur son réseau de notables candidats.

Ces résultats du PJD sont-ils de nature à inquiéter les décideurs?

À ce stade, j’inviterai à faire une distinction entre la mission, la vision et les valeurs. Le PJD pourrait inquiéter sur certains dossiers au niveau de sa vision des choses, mais étant donné que la majorité des grands secteurs sont pilotés par des stratégies sectorielles déjà instaurées, ils auront moins de flexibilités à agir à la hauteur des objectifs stratégiques dont le Maroc est déjà engagé. En revanche, en ce qui concerne la mission, je ne vois aucune crainte quant à son rôle d’assumer sa responsabilité et rassurer des collaborateurs et toutes les parties prenantes. D’autre part,  à propos des valeurs, ils seront invités à les adapter à la formation gouvernementale.

Par ailleurs, le changement toujours incommode, mais le régime au Maroc développe une approche politique très pragmatique. Depuis l’arrivée de Mohammed VI au trône, l’institution monarchique a modifié sa gestion relative à la vie politique en générale et les élections en particulier.  Techniquement, les observateurs ont pu confirmer cette évolution dans le processus démocratique au Maroc. Aussi théoriquement, le Maroc n’a pas cessé de démontrer sa volonté de démocratiser davantage ses textes législatifs et son arsenal juridique.

Voix D’Ailleurs (Atlas.Mtl)

 

Rubriques : Actualités, Société
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