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Aïd al Adha Oui, on peut procéder au sacrifice rituel chez soi. Mais il y a des conditions et une loi à respecter et «tolérance zéro» pour les contrevenants

Aïd al Adha Oui, on peut procéder au sacrifice rituel chez soi. Mais il y a des conditions et une loi à respecter et «tolérance zéro» pour les contrevenantsLa réponse est oui. Au Québec, cette pratique, décrite comme  «une importante célébration familiale et sociale au cours de laquelle un animal est sacrifié en guise d’offrande» est même encadrée par des recommandations du MAPAQ (ministère de l’agriculture); cet encadrement au niveau de la Province est complété par des réglementations locales qui peuvent différer d’une municipalité à l’autre. Et dans tous les cas, en cas de contravention, c’est «Zéro tolérance».

C’est pourquoi le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) – auquel nous nous joignons d’ailleurs sur ce point – « incite les personnes qui participeront à la célébration à profiter de l’expertise des abattoirs afin de satisfaire aux conditions d’hygiène et de salubrité et, ainsi, d’assurer la protection de la santé publique».

Les recommandations du MAPAQ aux consommateurs pratiquants pour la fête du mouton (Septembre 2016)

Si toute personne peut abattre elle-même un animal pour sa consommation personnelle; dans ce cas, elle doit respecter les règlementations municipales et environnementales ainsi que les exigences en matière de bien-être animal.

La Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal est entrée en vigueur le 4 décembre 2015. Entre autres choses, cette loi considère dorénavant les animaux comme des êtres doués de sensibilité ayant des impératifs biologiques. Du même coup, elle prévoit des mesures particulières pour empêcher les comportements inacceptables.

Pour protéger la santé des consommateurs et favoriser le bien-être animal, voici quelques recommandations portant sur l’achat, le transport et la garde de l’animal et de l’information relativement aux activités d’abattage, à la manipulation de la viande et à la disposition des déchets d’abattage.

Bien choisir l’animal

L’animal doit être en bonne santé et porter un identifiant officiel d’Agri-Traçabilité Québec. Il est possible que cet animal porte un identifiant de l’Agence canadienne d’inspection des aliments s’il provient de l’extérieur du Québec. Voici quelques exemples d’identifiants (toutefois, des variantes peuvent exister).

Pourquoi l’animal doit-il être identifié?

L’identification permet de retracer rapidement l’animal en cas de problème. La traçabilité a pour but de protéger la santé des consommateurs et celle des animaux, ainsi que de limiter les répercussions, sur le plan socioéconomique, d’une maladie animale. Elle est obligatoire pour les bovins, les cervidés et les ovins.

Respecter les conditions légales de transport et de garde

Le transport doit se faire de façon sécuritaire et dans le respect du bien-être de l’animal. En conséquence, il est interdit :

  • de faire souffrir l’animal en le frappant ou en le manipulant violemment;
  • de transporter un animal qui pourrait mettre bas au cours du voyage;
  • de transporter un animal incapable de se déplacer seul;
  • de transporter un animal sans le protéger contre les intempéries.

Les enclos d’embarquement, de débarquement et d’attente, de même que les véhicules   doivent :

  • être suffisamment grands pour que tous les animaux puissent se coucher en même temps;
  • permettre aux animaux de se maintenir dans une position naturelle;
  • être pourvus d’une litière;
  • être bien ventilés et en mesure de protéger les animaux des intempéries;
  • être munis d’auges permettant aux animaux de s’abreuver pour étancher leur soif;
  • être propres et bien égouttés;
  • être conçus pour permettre le déplacement des animaux de façon à éviter les chutes.

La sécurité et le bien-être de l’animal avant tout! L’animal doit avoir accès à de l’eau convenable en quantité suffisante. Le propriétaire de l’animal a la responsabilité aussi de le nourrir (s’il est gardé plus de 24 heures) et de lui procurer les soins de santé requis par son état s’il est blessé ou souffrant.

Pour ce qui est de la manipulation et abattage de l’animal

Entre autres choses, l’abattage doit satisfaire aux critères suivants :

  • l’animal doit être immobilisé sans lui causer de souffrance, à l’aide d’un dispositif qui l’empêche de faire tout mouvement, et ce, dans le but de procéder à la saignée adéquatement;
  • l’animal doit être abattu au moyen d’un sectionnement rapide, complet et simultané des jugulaires et des carotides en un seul coup de couteau, le but étant qu’il perde immédiatement connaissance;
  • l’état de l’instrument ou du matériel utilisé ainsi que la compétence de la personne qui effectue l’abattage ne doivent pas exposer l’animal à des souffrances inutiles. Dans ce but, il est recommandé de bien aiguiser le couteau servant à la saignée;
  • la saignée doit se dérouler rapidement et, à ce moment, le cou ne doit pas entrer en contact avec le dispositif d’immobilisation de sorte que rien ne fasse obstacle à l’écoulement du sang;
  • à la suite de l’abattage, suspendre l’animal inconscient, pour favoriser une saignée complète.

Pour ce qui est du dépouillement et de l’éviscération

Lorsqu’il est question de manipulation d’aliments destinés à la consommation humaine, il est important d’adopter de bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité pour éviter d’altérer la carcasse ou de la contaminer.

Dans cette perspective, voici quelques recommandations utiles. Il faut :

  • se laver les mains fréquemment avec de l’eau potable tiède ou chaude et du savon, puis les assécher;
  • porter des vêtements propres;
  • utiliser de l’équipement propre, en bonne condition et assaini régulièrement;
  • éviter que le contenu digestif de l’animal ne contamine la carcasse;
  • empêcher tout contact de la carcasse avec le sol pendant les opérations de préparation;
  • prévoir, pour le transport des viandes, des contenants propres et destinés uniquement à l’alimentation.

ATTENTION!  Si la carcasse n’est pas cuite dans un court délai, la réfrigération de celle-ci est obligatoire. Quant aux abats qui proviennent de la carcasse, ils doivent être réfrigérés sur-le-champ.

Les mesures à prendre pour éliminer les déchets

Si le sacrifice de l’animal s’effectue dans un abattoir, l’exploitant doit éliminer les déchets résultant de l’abattage en suivant la règlementation municipale et provinciale en vigueur.

Toutefois, si l’abattage est fait à la ferme ou ailleurs, il est de la responsabilité du propriétaire d’éliminer les déchets de façon sécuritaire. Dans ce cas, les déchets doivent être acheminés vers un lieu autorisé destiné à l’élimination, tel qu’un site d’enfouissement ou une installation destinée à l’incinération.

La déclaration d’abattage

Tout propriétaire, sans exception, a le devoir de déclarer la mort de son mouton à Agri-Traçabilité Québec, et ce, dans les sept jours suivant l’abattage. Dans ce but, il doit communiquer : à Agri-Traçabilité Québec (tél. : 1 866 270-4319)

  • le numéro de l’étiquette qui identifie son animal;
  • l’adresse et le numéro du site où son animal a été abattu.
  • La date de l’abattage

 

mouton1Voisins, témoins et inspecteurs du MAPAQ veillent…

Si l’une ou l’autre de ces conditions n’est pas respectée

Amendes et prison au menu

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a pris toutes les mesures nécessaires pour s’assurer du respect de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal au cours des activités d’abattage tenues dans le cadre de la fête du sacrifice (ou fête du mouton) qui a lieu le 12 septembre 2016. De plus, la protection de la santé publique étant une priorité, le Ministère portera une attention particulière aux normes d’hygiène et de salubrité des aliments à l’occasion de cet évènement.

Les inspecteurs du Ministère

Le service d’inspection du Ministère s’assurera que l’abattage des animaux sera fait dans le respect de la nouvelle Loi. Ainsi, une équipe d’inspecteurs sera déployée pour surveiller les lieux d’abattage et répondre aux plaintes.

« En vertu de la nouvelle Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal, adoptée à l’unanimité le 4 décembre dernier, le personnel du Ministère procédera aux inspections requises et des rapports d’infraction seront transmis au ministère de la Justice, si nécessaire. Des ordonnances de cesser toute activité d’abattage seront également émises par le Ministère si jamais nous sommes témoins de situations inacceptables. Au Québec, c’est tolérance zéro en matière de mauvais traitement envers les animaux », a indiqué le ministère.

Les voisins et les témoins

Le MAPAQ invite les témoins de situations inacceptables relatives au bien-être animal à porter plainte,

  • par téléphone au numéro : 1 844 ANIMAUX,
  • par courriel à l’adresse : animaux@mapaq.gouv.qc.ca.

Les sanctions

Toute personne qui ne respecte pas la nouvelle Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal est passible d’une amende de 2 500 $ à 250 000 $ pour une première offense. En cas de récidive, la personne trouvée coupable est passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 18 mois et peut se voir interdire le droit de posséder des animaux. Toute personne abattant un animal en contravention avec les dispositions d’hygiène et de salubrité de la Loi sur les produits alimentaires est passible d’une amende de 5 000 $ à 15 000 $, pour une première offense, et jusqu’à 45 000 $ en cas de récidive.

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