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Politique : Faire ce que l’on dit; dire ce que l’on fait…

Politique : Faire ce que l’on dit; dire ce que l’on fait…Toute la semaine écoulée, et certainement tout au long des prochaines semaines, c’est la politique qui dans le collimateur des observateurs et des analystes. Pas pour les bonnes raisons cependant. Entre allégations et révélations, l’impression qui prévaut est celle d’un grand déballage, d’un grand lavage – public – de «linge sale»; rien pour redorer l’image de ceux qui nous gouvernent ou dissiper le cynisme qui fait boule de neige depuis quelques législatures déjà.
Cela commence par des «bilans» sans complaisance, livrés par des sondages d’inspiration assurément politique; donc – peut-être – un peu moins scientifiques que la science de la mesure de l’opinion publique ne le laisserait espérer et qui ne cachent pas qu’ils se livrent à une «lecture» des impressions des personnes sondées plus qu’à des analyses factuelles quantifiables.
Au premier rang de ces bilans : notre vécu de ces dix dernières années. On en apprend que nos concitoyens pensent « que le temps d’attente dans les urgences a augmenté (54 %) ; que la qualité des services offerts dans les écoles s’est détériorée (61 %) ; que la situation économique du Québec a subi le même sort (68 %) ; que les impôts et les taxes ont augmenté plus vite que les revenus (69 %) ; et que la situation de la langue française s’est détériorée (51 %)». Au final, moins de 10 % des répondants ont vu des améliorations quelque part.
Voilà bien un premier constat d’échec…
Des actes qui contredisent (trop) souvent les discours…
Second bilan : les deux années du gouvernement. À ce sujet, M. François Legault, Chef de la CAQ, deuxième parti d’opposition, croit dur comme fer que (…) «Entre les augmentations des tarifs de garde, d’électricité, des taxes scolaires et taxes sur l’essence, nous avons calculé qu’il y avait 1200 $ d’augmentation annuelle par famille. Autrement dit, après 2 ans de régime libéral, les familles québécoises ont 1200 $ de moins dans leurs poches chaque année». Et c’est au surcroît «un montant net».
«Lors de la dernière campagne électorale M. Couillard s’était engagé, ajoute M. Legault, à ne pas augmenter les tarifs de garde, il les a augmentés. Il s’était engagé à ne pas augmenter les tarifs d’électricité, il les a augmentés. Il s’était engagé à remettre l’argent des taxes scolaires de l’année précédente. Il a augmenté ces taxes», avant de conclure en jugement couperet que «Ce sont toutes là des promesses rompues par Monsieur Couillard».
Mais si vous croyez que le gouvernement Libéral est le seul à avoir fauté, détrompez-vous.
Dominique Lebel, conseiller de la première ministre Pauline Marois pendant les 19 mois de son gouvernement minoritaire, vient de publier un ouvrage – «Dans l’intimité du pouvoir: journal politique 2012-2014» – dont la lecture laisse l’impression que l’équipe de Mme Marois était «Un gouvernement dans l’urgence constante, parfois en panique, très perméable à l’opinion publique. Et qui n’a donc jamais pu asseoir correctement sa stratégie».
On apprend aussi que « ses propres ministres n’étaient pas au courant de négociations (…) en cours et que « Tout (pouvait parfois se faire) fait en catimini, et placer les ministres devant le fait accompli»; que Mme Marois n’aimait pas certains de ses ministres ni leurs projets; qu’elle avait renoncé à l’idée d’organiser un référendum etc.; c’est-à-dire tout le contraire du discours qu’on lui a entendu tenir.
Aux antipodes de la transparence?
Si l’on considère que la gestion d’un État ressemble à celle d’une entreprise, et si l’on retient pour vrai ce que disent les spécialistes du management – qui recommandent aux patrons de toujours «faire ce que l’on dit, toujours dire ce que l’on fait» pour conserver la confiance des ressources humaines qu’ils dirigent et leur motivation – force est alors de constater que nous sommes ici aux antipodes de la transparence. Comment alors s’étonner que le cynisme civique et citoyen soit désormais l’appartenance politique majoritaire?
On peut bien sûr faire référence à Machiavel et rejoindre Dominique Lebel qui, en début de livre affirme que «L’art de se taire est l’arme suprême en politique». Mais nous aurions aimé qu’il réponde à la question « Jusqu’à quelle dose ce silence est-il utile et à partir de quelle dose devient-il nocif?».
Réinventer le Québec
Peut-être avons-nous d’ailleurs déjà dépassé la dose prescrite. Nous n’en voudrons pour preuve que la prise de position récente de M. Camil Bouchard (pas le premier venu en politique québécoise!). Ou celle de Paul St-Pierre Plamondon : « Il faut se rendre à l’évidence : le Québec se trouve dans un cul-de-sac démocratique. Les libéraux peuvent demeurer au pouvoir jusqu’en 2022, et peut-être même jusqu’en 2026, parce qu’aucun des autres partis politiques ne semble capable de gagner contre le PLQ ». Ce dernier, par ailleurs fondateur du Mouvement des Orphelins Politiques, envisagerait même de créer un nouveau politique pour «réinventer le Québec».
Dommage toutefois que, dans ces deux cas, on ne se préoccupe que d’éviter « un monopole libéral au Québec»; pas d’explorer les voies cers une nouvelle Révolution tranquille…

 

Abdelghani Dades (Edito Atlas.Mtl 275)

 

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