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Entretien avec Soumaya Atallah, 1000ème Membre de l’ACCPI. Comment éviter les pièges et les erreurs…

Mme Soumaya Atallah

Mme Soumaya Atallah

On a tous entendu parler d’histoires d’horreur à propos d’immigration. Et pour cause! Émigrer, vers le Canada en particulier, est le rêve de bien des gens de par le monde. Faire venir ses proches pour rejoindre une personne déjà au pays aussi. On est dans les sentiments, l’espoir; des états d’esprit qui réduisent la vigilance… ce qui permet a des gens mal intentionnés de perpétrer bien des mauvais coups. C’est pourquoi, depuis 2011, vingt cinq ans après que l’immigration soit devenue une industrie, s’est créée une association, l’ACCPI, pour «Association canadienne des conseillers professionnels en immigration». Sous cette raison sociale, une organisation professionnelle réunissant les consultants réglementés en immigration, qui se donne pour objectif de défendre ses membres contre les consultants et pseudo-consultants parasites; mais aussi pour faire des démarches et processus migratoires une action honnête.

L’ACCPI vient d’accueillir son 1000ème membre, en l’occurrence Mme Soumaya Atallah, qui a bien voulu nous accorder un entretien dans lequel sont passés en revue toutes les notions à connaitre, toutes les précautions à prendre, avant de confier son sort à un consultant. Une entretien à lire et à relire; non seulement pour ses propres besoins le cas échéant, mais aussi pour donner des conseils judicieux, des conseils utiles et nécessaires à tous ceux qui, proches ou moins proches, partageront avec vous leur projet migratoire.

Atlas.Mtl : Mme Aatallah, qu’est-ce qui vous a poussée à devenir consultante en immigration canadienne ? 

Soumya Aatallah : Je suis immigrante moi-même, depuis 2002. Le recours à un consultant est pour moi primordial. Avant, la profession n’était pas règlementée, n’importe qui pouvait  se prévaloir du titre de consultant. Trois facteurs majeurs m’ont poussée à me réorienter :

  • – Je suis profondément convaincue qu’un consultant en immigration est une valeur ajoutée au processus d’immigration, que ce soit en termes de temps, d’énergie ou d’argent ou du budget global qu’on investit dans un tel projet de vie.
  • – La profession est règlementée depuis 2011, et une formation en droit d’immigration est devenue obligatoire. Le fait d’exercer dans un cadre légal et règlementaire rend la profession de consultant crédible et honorable.
  • – Le contexte sociodémographique actuel requiert plus que jamais des politiques rigoureuses, mais, à mon avis, elles sont prometteuses pour la profession.

D’une part, nul n’ignore le vieillissement de la population active, le besoin criant de main-d’œuvre spécialisée et même pointue dans des secteurs tel le secteur minier en Alberta, par exemple, en soins aux personnes âgées et en soins de santé au Québec; par ailleurs, le secteur des TI est à son apogée, et la recherche constante de techniciens qualifiés à l’étranger est de plus en plus urgente pour contrer le besoin en main-d’œuvre.

Juriste de formation, à la base, conseillère en ressources humaines ayant recruté à l’international, j’ai fait un choix normal en me spécialisant dans  les services-conseils d’immigration. En fait, il ne s’agit pas d’un changement de carrière mais d’une continuation.

Connaissez-vous bien l’ACCPI ? Est-ce que vous conseilleriez à vos amis d’y adhérer ? 

J’ai eu le privilège d’avoir M. Dory Jade, le président de l’ACCPI, comme enseignant; il nous a expliqué le rôle de l’ACCPI. Je conseillerai fortement les consultants d’adhérer à l’ACCPI parce qu’elle offre des FPC d’une qualité exceptionnelle, mais également des ressources telles que les plateformes d’échanges professionnels entre consultants.  L’essentiel est finalement de faire partie d’un lobby et de  participer à tout ce qui  touche de près ou de loin à la profession.

Croyez-vous que les consultants en immigration ont besoin d’une  association professionnelle propre à eux ? 

Seule une association pareille peut faire le poids et défendre les intérêts des consultants. Mais également pour protéger les candidats à l’immigration, les résidents permanents et les citoyens contre les abus de certains consultants.

Quels sont les plus grandes difficultés que les consultants en immigration doivent surmonter ? 

L’ACCPI doit prendre la place qui lui revient de faire des pressions politiques au sein des réunions de concertations et d’orientation en matière de politiques d’immigration. Personne n’est mieux placé qu’un consultant pour décrire le profil d’un candidat à l’immigration aux instances gouvernementales; celles-ci i regardent  les besoins en immigration sous un angle très étroit. Le consultant peut rectifier le tir et démontrer  que, quelques-fois, les critères de désignation ou de sélection ne correspondent pas aux exigences des profils dont le Canada a besoin. Par exemple, un électricien confirmé, excellent dans son domaine, n’a pas besoin qu’on exige de lui un certain niveau  intellectuel ou des connaissances linguistiques  de type universitaire.

La complexité des systèmes d’immigration engendre une complexité procédurale dans la constitution des dossiers,  c’est pour cela que les consultants en immigration doivent s’impliquer de manière plus prononcée et plus ouverte  dans les dossiers des candidats à l’immigration. Je m’explique : un étranger qui n’a aucune compétence en matière d’immigration entre sur le site de CIC. Que lui dit-on ?  On lui dit franchement : « Vous n’avez pas besoin de recourir à un consultant, vous pouvez faire tout cela vous-même. ». Mais les agents d’immigration n’hésitent pas, eux, à retourner un dossier à l’envoyeur parce qu’il manque un petit détail. C’est que les candidats à l’immigration ne savent même pas s’ils sont admissibles ou pas et vont quand même déposer leurs dossiers, ce qui engendre des retards considérables, avec la lourdeur administrative que l’on sait.  Il y a donc un rôle pour les consultants : ce sont des facilitateurs, des intermédiaires efficaces qui contribuent à alléger le système : gain de temps, d’énergie et d’argent pour tout le monde. Ainsi, avec la loi introduite en 2013, qui avait des effets  rétroactifs, il y a eu beaucoup de victimes parmi les candidats qui étaient admissibles en vertu de  l’ancienne loi. La plupart d’entre eux ont dû payer 4000 $ pour se voir envoyer une lettre d’une page signifiant un refus catégorique. Pour bon nombre d’entre eux, ce projet était un projet de vie.

Les mêmes risques existent avec le système d’Entrée express.  CIC annonce que l’on peut obtenir la résidence permanente au bout de six mois. Mais en réalité, cela peut prendre des années et les consultants y perdent leur crédibilité; entre la réalité et ce qui est annoncé par tous les partenaires du domaine de l’immigration, il y a un fossé très large dont les victimes sont les consultants et les candidats à l’immigration.

De votre point de vue, quelles garanties contre de tels aléas, l’appartenance à l’ACCPI permet-elle de donner aux candidats à l’immigration?

Il y en a beaucoup : la qualité de la formation professionnelle continue dispensée aux membres; l’information régulière sur les tendances en matière d’immigration, mais aussi sur les projets émanant des divers paliers de gouvernements et des changements qu’ils y apportent; le réseautage avec les collègues etc.

Quels défis professionnels votre appartenance à l’ACCPI vous permet-elle de relever?

Il est vrai que la formation académique n’offre pas tous les atouts; une fois que le consultant a réussi ses examens, il se retrouve au point de départ au plan pratique. Comment peut-il se présenter devant la Commission de l’immigration, devant la Commission d’appel de l’immigration, traiter un dossier de détention ?

Il est bien difficile de savoir par où commencer, car résoudre un problème exige un minimum de savoir-faire auquel un nouveau consultant n’est pas préparé. Un débat est en cours afin que l’ACCPI puisse offrir toute une série de services aux membres.

On parle de groupes de discussion où l’ACCPI et les nouveaux consultants pourraient  débattre de leurs besoins les plus pertinents. On parle de publications de consultants de haut niveau qui abordent les problèmes et les dossiers les plus épineux, lesquelles donnent les moyens pratiques pour  résoudre lesdits problèmes ou éclaircir lesdits dossiers; une publication mensuelle des échanges constructifs avec les autres membres serait d’ailleurs bienvenue.

Il est également question d’organiser des ateliers pratiques et, à l’instar du barreau, des stages pour mieux préparer, concrètement, les nouveaux membres à affronter le monde réel de l’immigration, les rouages administratifs et le formalisme procédurier de l’immigration.

plus d’ateliers pratiques pour les nouveaux membres au Canada; ces ateliers ouvriraient leurs portes aux nouveaux membres, par exemple, en leur confiant des dossiers, et ce, pour leur éviter de procéder à l’aveuglette, du moins jusqu’à ce qu’ils apprennent les bonnes démarches.

Atlas.Mtl

 

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