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Appel au Québécois bien pensants

Appel au Québécois bien pensantsTous les ingrédients sont réunis pour mettre un peu plus mal à l’aise un large segment de la population du Canada et du Québec, le segment musulman bien sûr.

L’identité nationale

Le premier de ces ingrédients est constitué par les maladresses, plus ou moins volontaires de personnalités politiques qui ne parviennent pas à échapper à la tentation d’user et d’abuser du thème de l’identité nationale pour donner ou redonner vie aux partis politiques dont ils se réclament.

Il en va ainsi de la CAQ et de son leader François Legault comme du Parti québécois et de son aspirant chef Pierre Karl Péladeau. Plus sûrs du tout, devant les réformes économiques et financières mises en train par le gouvernement, de pouvoir à court terme disputer une majorité au Parti Libéral, il ne peuvent que chercher un bouc émissaire et qui de mieux que l’immigration peut être utilisé à cette fin?

Mais ce que tous deux oublient, c’est que «immigration», malgré tous les efforts fournis depuis des décennies, dans la pensée profonde du Québec, ne signifie pas seulement «nouveaux arrivants» mais bien plus sûrement tous les originaires de l’immigration, fussent-ils de la seconde, la troisième ou la quatrième génération et peu de monde accepte de considérer comme des citoyens.

La stratégie de la peur

Le second ingrédient est la «stratégie de la peur» qui nous vaut au fédéral un projet de loi, le C-51, dont les effets pourraient être pervers au point

  • – d’une part d’ouvrir la voie, au Canada, à des pratiques arbitraires que les canadiens ont fortement décriés lorsqu’elles ont été pratiquées aux États-Unis par une CIA forte du Patriot Act;
  • – d’autre part de conforter de larges pans de l’opinion publique dans l’idée d’un «ennemi intérieur», musulman évidemment.

Le lever de l’extrême droite

Ces deux faits en génèrent un troisième : Une «droite» extrémiste qui se décomplexe, jette le masque et passe en mode action en se réclamant d’un mouvement européen ouvertement islamophobe, Pegida pour ne pas le nommer.

Pegida Québec, va ainsi manifester publiquement ce 28 mars au cœur de Montréal. Petite manifestation certes, puisqu’elle ne devrait pas mobiliser plus qu’une petite centaine de «sympathisants»; mais qui le fait avec un art consommé de l’«agit prop» et de la provocation.

Ainsi le mouvement a-t-il choisi, dans u premier temps, un itinéraire traversant un quartier à forte concentration musulmane, le Petit Maghreb, avec sans aucun doute le secret espoir soit de se faire interdire par les autorités publiques, soit de se donner des «martyrs» en se faisant agresser par quelques uns de ces «ennemis» qu’ils venaient ainsi narguer sur le seuil de leur maison.

Dans l’un ou l’autre de ces deux cas, Pegida ne peut qu’engranger des bénéfices sympathies, puisque, d’une manière ou d’une autre, ils trouveraient matière à justifier leurs messages pervers.

Aux dernières nouvelles, l’itinéraire de la manifestation aurait changé; mais certainement pas les intentions de ses promoteurs…

Sonnez tocsin!…

Tout ceci est bien inquiétant.

Mais bien décevant d’abord. Car, mise à part une motion parlementaire initiée par le gouvernement, condamnant Pegida et sa pseudo-idéologie, peu de monde a exprimé son rejet des idées fascistes ainsi importées chez nous. Seules quelques organisations d’extrême gauche se sont levée pour constituer un «front anti-Pegida» qui – paradoxalement – risquent de faire  plus de bien que de mal à ceux qu’ils veulent combattre, ne serait-ce que parce  qu’elles n’ont pas forcément bonne presse dans l’opinion publique. Mais où sont tous ces journalistes «bien pensants» jusque là si prompts à faire des procès d’intention à ceux de leurs concitoyens qui tiennent à leur foi, à stigmatiser la «différence négative»?

Bien inquiétant surtout parce que tout se passe comme si l’on ne prenait pas le péril Pegida au sérieux.

Or l’histoire est riche d’épisodes pénibles dans lesquels on a ainsi laissé faire…

Par exemple, la montée de ce nazisme dont se réclame, à mots couverts, Pegida. Plus prêt de nous dans le temps, nous gagnerions à méditer le cas français. Dans l’Hexagone, on ne prenait pas le Front national vraiment au sérieux. On a commencé à s’en préoccuper lorsqu’il a commencé à peser 10% de l’électorat; on a commencé à s’en inquiéter lorsqu’il a franchi la barre des 20% et accédé au second tour d’une élection présidentielle, et on n’a pas commencé pas encore commencé à agir qu’il pèse déjà 32% de l’opinion publique…

Or, quoi que vous pensiez, nous sommes certains que vous ne nous disconviendraient pas qu’une telle évolution serait – est – indigne du Québec…

Abdelghani Dades (Edito Atlas.Mtl 250)

 

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