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«Marchons, marchons!…»

«Marchons, marchons!...»

Abdelghani Dades

Une marche gigantesque, universelle, pour marquer la rentrée 2015; une marche contre la violence, une marche pour la liberté, dans la tolérance et la solidarité.

Aurait-on pu rêver meilleure entrée en matière, n’eussent été les circonstances qui ont provoqué cette marche? Non, sans aucun doute. Et le fait est d’autant plus remarquable que, aux côtés de ceux qui décident, de ceux qui ont l’habitude des prises de positions et des actions militantes, des millions de sans voix, d’anonymes, de citoyens lambda sont venu dire, à travers la condamnation de la violence, leur espoir d’un monde meilleur, leur confiance en un retour de l’Humanité à la sagesse, en une renaissance de l’espoir. Le tout avec une formidable énergie, déclenchée par l’émotion devant les drames de Paris et de Montrouge, incompréhensibles, inadmissibles, inacceptables.

Condamnation de la violence

Mais dès lors que l’émotion sera retombée, que faire pour que l’énergie reste, quelle soit canalisée pour que les violences ne se reproduisent plus en France et en Occident en général, mais aussi au Nigéria (la dernière offensive de Boko haram – on ne l’a pas suffisamment dit – à fait au moins 2000 morts et rayé 16 villages de la carte), au Niger, au Mali, au Cameroun, en Syrie, dans les territoires palestiniens, en Libye, en Iraq, au Pakistan, en Afghanistan et dans bien d’autres contrées encore? Que faire, même si toutes les violences sont inadmissibles, que cesse au moins la violence aveugle, qui tue indifféremment des Mustafa, des Ahmed, des Yoram et des Jean et des Georges?

Que faire pour que l’énergie positive triomphe du désespoir et des dérives aux quelles il peut donner lieu?

Que faire pour que cette mobilisation exceptionnelle, cet élan de solidarité dont nos mémoires ne recèlent aucun autre exemple, ce sursaut de conscience balayant tout cynisme perdure et fertilise le bon sens ?

Il ne suffira pas de toutes les imprécations, de tous les vœux et de toutes les marches  du monde pour parvenir à une telle fin. Il faudra du courage; pour instaurer un véritable dialogue dans lequel chacun devra accepter de dire ce que l’on peut parfois répugner ou craindre de dire et d’accepter d’entendre ce que souvent on ne veut pas entendre. Il faudra du courage afin de prendre des initiatives qui ne cèdent en rien à la facilité.

Dans cet ordre d’idées, accepter le fait que si la religion peut être un motif de violence ce n’est que parce qu’elle offre aussi un bien commode prétexte, mais qu’il existe d’autres motifs que nous n’avons peut-être pas suffisamment analysés et pris en compte, peut être utile. Cela évitera que de trop mauvaises réponses soient données à un vrai problème de société; cela évitera sans doute bien des nuisances dont les moindres seraient des amalgames exclusifs et des excès de type «tout sécuritaire» liberticides et forcément incitatifs à la discrimination, à la stigmatisation de groupes minoritaires et à la division sociale…

Nécessité de débattre

Il y a donc des débats à mener. Dans beaucoup de pays et de sociétés. Et le Québec n’y échappera pas car, ne vivant pas en autarcie, il ne saurait sortir indemne des événements, passés, d’actualité ou hélas!, encore fortement probables, qui font prévaloir les facettes les moins glorieuses de l’âme humaine sur ce qu’il y a de meilleur en nous.

Avec la nouvelle sortie de Bernard Drainville, qui veut remettre sa charte à l’ordre du jour, il faut croire que ces débats ont d’ailleurs commencé.

Bonne ou mauvaise chose? On ne saurait le dire pour l’heure tant, au moment ou nous écrivions ces lignes, le contenu de la «Charte light» demeurait à la seule connaissance de son auteur. Tant également qu’un engagement du gouvernement de M. Couillard, annoncé dès son investiture en avril 2014, de proposer un cadre pour les pratiques religieuses et la laïcité reste à tenir.

Préparons-nous donc à ce débat, à ces débats. Pour ce faire, nous vous proposons, dans les pages qui suivent, quelques idées dont certaines, comme nous le disons plus font partie de ce que nous ne voulons pas dire, nous faire dire, entendre ou faire entendre, en acceptant et en surmontant, le choc des mots, des idées et des perceptions…

Abdelghani Dades (Édito Atlas.Mtl 245)

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