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Baisse des cours du pétrole. Causes et effets

Baisse des cours du pétrole. Causes et effets

Naoufal Rhouda

Depuis juin, les cours du pétrole dégringolent. Le baril de Brent, le brut de la mer du Nord est passé de 115 dollars à près de 59 dollars aujourd’hui. Une baisse de plus de 48 %. Personne ne pouvait prévoir une telle baisse abyssale et considérable de l’or noir.

Quelques hypothèses pouvant être derrière cette baisse inattendue et brutale.

Hypothèses d’ordre économique

1) La chute des cours a été interprétée comme un simple effet du ralentissement de l’économie mondiale (Europe, Chine) et la règle dit «Lorsque la croissance diminue, la demande d’énergie baisse et automatiquement les cours baissent aussi».

2) La dégringolade des prix, peut être due aussi à la forte hausse de la production américaine notamment pétrole de schiste.

Hypothèse d’ordre géopolitique

Face au silence de l’Arabie Saoudite, des théories ont commencé à être agitées. Dans le but de sanctionner, économiquement parlant, la Russie, une des thèses qui ont vu le jour veut  qu’une éventuelle entente ait été entérinée entre l’Arabie saoudite et son allié les États Unis d’Amérique afin de faire davantage de pression sur la Russie en baissant les prix à un prix asphyxiant.

Hypothèse d’ordre Commercial

Une guerre commerciale menée par l’Arabie Saoudite contre les USA et Canada afin que ces deux derniers pays ne concurrencent plus les ventes pétrolières ainsi que la part du marché mondiale de l’Arabie saoudite.

L’Arabie Saoudite peut supporter un pétrole moins cher alors que les USA et Canada ne peuvent, en aucun cas, supporter des tels prix baissiers étant donné que les techniques d’exploration et d’extraction du pétrole non-conventionnel aux États-Unis et au Canada sont ardemment chères à financer par rapport aux techniques utilisées en Arabie Saoudite et dans les pays Africains producteur de pétrole. Ceci poussera les USA et Canada à vendre à un prix toujours plus élevé sur le marché afin que l’Arabie saoudite reste toujours compétitive sur le marché (la loi de vente à prix bas).

Quels avantages?

L’OPEP a donc décidé de laisser le marché corriger les prix du baril. Quelles conséquences cela aura-t-il? Pour répondre à cette question, prenons un exemple, celui du Maroc.

Le Maroc, importateur net, se réjouit des deux points de croissance qu’il pourrait engranger, tout en surveillant la déflation, alors que le l’Algérie, Venezuela, la Russie, l’Iran et le Nigeria pansent leurs plaies budgétaires (le malheur des uns fait le bonheur des autres).

Le Maroc, comme tout pays non producteur du pétrole, ne peut qu’être doublement heureux puisque les cours du Dollar ont connu une certaine baisse aussi. Néanmoins, il faut être méfiant car cette baisse brutale des cours pétroliers est éphémère. Les prix du pétrole, tôt ou tard, vont reprendre leur tendance haussière pour s’établir entre 70 $ à 80 $ durant le 2ème trimestre 2015. Alors l’État doit prendre des mesures urgentes afin de bien réformer la caisse de compensation.

En outre, le gouvernement a opté pour le système d’indexation qui reste tout de même pas aussi performant car une indexation pure et parfaite des cours de pétrole implique qu’en cas de baisse de 5% du cours du baril, le prix à la pompe dans les stations du services devrait systématiquement baisser de 5%.

Bénéfices d’une baisse provisoire

La chute des cours a un effet favorable sur l’économie Marocaine, résultant notamment de la désinflation importée et de l’accroissement du pouvoir d’achat du revenu.

1) Le consommateur marocain figure parmi les premiers bénéficiaires vu que son pouvoir d’achat va connaître une quasi amélioration.

2) Si la moyenne annuelle des cours du pétrole reste en deçà de 80$, le Maroc pourra facilement ramener son déficit budgétaire à un niveau proche de 3,5% (mieux que ce qui est prévu dans le projet de loi de finance 2015, 4,3% sur la base d’un cours moyen de 103$ le baril).

3) Le recours à l’endettement en 2015 va connaître une certaine baisse ce qui peut ramener le taux d’endettement à moins de 58% du PIB alors qu’il frôle les 64% actuellement.

4) Une timide amélioration du niveau des réserves internationales de devises qui pourra dépasser 6 mois d’importation

Le Maroc doit mettre à profit la nouvelle donne économique mondiale afin de procéder à une relance coordonnée de son économie par une baisse de la fiscalité et des taux d’intérêt. (Il faut que les banques commerciales baissent leur taux d’intérêt suite à la baisse du taux directeur «2,5%»). Cependant, il faut un peu de temps ainsi qu’une bonne affectation des ressources afin de résorber le taux de chômage qui reste élevé.

Profitons en et soyons prêt pour une éventuelle hausse au cours du 2ème trimestre 2015 afin que ne nous soyons pas choqués.

Par Naoufal Rhouda (Analyste économique)

Atlas.Mtl

Rubriques : Actualités, Économie
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