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Austérité, coupures et autres faits…

Austérité, coupures et autres faits...Il y a de cela quarante ans, dans le milieu des années 70 du siècle dernier, la crise née du choc pétrolier d’alors avait particulièrement mis à mal certains pays de ce que l’on appelait encore le «tiers monde». Les pouvoirs locaux s’étant avérés incapables de vaincre leurs difficultés économiques et financières – notamment des dettes publiques et privées et des charges de dette faramineuse – par eux-mêmes; durent accepter les programmes de redressement que, sous peine de leur couper les vivres, leurs derniers bailleurs de fonds leurs imposaient. La mémoire des peuples qui eurent alors à endurer les Programmes d’ajustements structurels (PAS) dictés par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International porte encore les traces de la rigueur budgétaire extrême qui en est issu, des coupes sombres dans les budgets sociaux, des «émeutes du pain» et des répressions qui s’en suivirent.

Tout cela pour des dettes atteignant 13 milliards de dollars dans les pires situations et une charge annuelle de 1 milliards de dollars! Au Québec aujourd’hui, la dette s’élève à 200 milliards et les intérêts qu’elle génère à 11 milliards.

Au vu de ces chiffres, on peut donc considérer que la situation est à tout le moins catastrophique. Mais gare aux comparaisons hâtives! Car le volume d’une dette est chose relative nous disent les économistes; en fonction notamment du PIB du pays concerné, elle peut être d’un montant plutôt bas et s’avérer «insupportable», comme elle peut s’exprimer en un chiffre effrayant et demeurer parfaitement contrôlée, voire même utile. Pour ce qui nous concerne, on peut dire sans trop se tromper, que la situation est sérieuse, qu’elle doit cesser de s’aggraver, qu’elle mérite toute l’attention des décideurs. Incontestablement donc, des mesures devaient être prises. Et elles le sont.

Mais jusqu’ou peut-on aller dans cette voie? À partir de quel moment peut-on dire que nos gouvernants vont trop loin et que les protestations populaires deviennent justifiées?

Revenons à l’exemple du dernier quart du 20ème siècle.

Sous la pression des institutions financières internationales, les gouvernements concernés avaient choisi la facilité : coupures drastiques dans les budgets d’une éducation déjà anémique (taux de scolarisation extrêmement faible, rareté des établissements scolaires, insuffisance du nombre des enseignants, classes surpeuplées etc.), réductions draconiennes en santé (alors que la couverture sanitaire concentrée en milieu urbain était par ailleurs déficiente) et, surtout, annulation de tous les programmes de subventions aux produits alimentaires de première nécessité. En quelques sortes donc, l’État n’éduquait plus, ne soignait plus, ne permettait plus aux catégories sociales démunies de se nourrir. Ce qui justifiait éloquemment le slogan «Les peuples ne vivent pas d’équilibres (financiers) globaux»,  agité par ceux qui s’opposaient  aux PAS.

Au Québec aujourd’hui, les mesures envisagées ne sont pas uniquement de nature budgétaire. Il y aura des coupures certes, y compris dans des budgets de soutien aux moins nantis. Mais cela ne fera pour autant pas disparaître les filets sociaux.

On sera collectivement un peu moins dans le confort et la qualité des services probablement un peu moindre; aucune catégorie sociale ne sera plus affectée qu’une autre; mais le minimum restera assuré.

Ce qui rassure le plus cependant, c’est que, parallèlement aux mesures purement budgétaires et financières, on avance aussi vers ce projet présenté il y a une dizaine d’années et vers lequel nous n’avons jamais avancé : la «réingénierie de l’État».

On l’appelle aujourd’hui «la mise en place de l’État du 21ème siècle»; il a commencé avec la mise en place d’une première «Institution de bonne gouvernance» : la commission permanente de révision des programmes, instance consultative dont les travaux peuvent éclairer les prises de décision. Le processus devrait se poursuivre, du moins faut-il l’espérer, avec d’autres structures, dont notamment une structure chargée de mesurer l’efficience des interventions de l’État et de ses engagements financiers.

Mais tout cela nécessite une contribution de toutes les Québécoises et de tous les Québécois. Sans parti pris d’intérêts catégoriels ou de défense d’avantages acquis, sans posture idéologique. Tout cela, évidemment, sans oublier une nécessaire  vigilance, au titre de laquelle les véritables questions à poser seraient alors : quand ce programme donnera-t-il ses premiers résultats? Quand pourra-t-il amener une relance économique solide et durable? Que feront-nous des fruits de cette relance?

Abdelghani Dades (Édito Atlas.Mtl 243)

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