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Une fête et des faits

Une fête et des faitsLe 3 août 2014, à l’appel d’une vingtaine d’associations et groupes communautaires, quelques 15 000 personnes se réunissaient, dans un cadre festif, au Parc Villeray de Montréal. L’occasion : une double célébration, une fête religieuse et la commémoration d’une date historique du pays d’origine de la majorité des participants.

Mais les significations du rassemblement vont bien plus loin que cet énoncé.

En effet, les indéniables avancées réalisées au Maroc en matière de droits de la personne, de statut de la femme, de libertés civique, remplit les marocains de fierté. D’autres facteurs, spécifiques à ceux que l’on convient d’appeler les Marocains du Monde, interviennent également.

Au Canada par exemple, on nous a appris que lorsqu’une communauté n’exprime pas son respect, sa fidélité et son attachement aux valeurs et à la culture du pays d’origine, lorsqu’elle  ne transmet ces sentiments comme un legs à ses nouvelles générations et lorsqu’elle ne les partage pas avec ses concitoyens de toutes origines, cultures et confessions, non seulement elle peut perdre leur considération, mais aussi qu’elle peut  hypothéquer ses chances d’inclusion, puisque n’exprimant pas de reconnaissance pour ses propres valeurs, elles ne pourra pas adhérer aux valeurs de la société de vie.

Les raisons d’une fierté 

Ce sont toutes ces raisons qui font l’unanimité de la communauté autour de cette célébration et qui s’exprime dès lors lorsque le moment est venu de célébrer l’attachement et à ses valeurs et à ses symboles. La volonté de citoyenneté aussi qui permet à chacun des membres de la communauté de dire sa citoyenneté ici et maintenant et sa détermination à agir au mieux des intérêts des deux pays à la fois. Ce sont également ces considération qui font que l’assistance ne réunit pas seulement des originaires du Maroc, mais une diversité de personnes et de cultures qui nous rendent toutes fiers et que nous mettons beaucoup de fierté à adopter. C’est pourquoi enfin, les organisateurs d’origine marocaine ont reçu dans leur effort, le concours d’organismes et d’institutions qui, ce jour, se sentent proches du Maroc.

Le Premier Ministre du Canada ne s’y est d’ailleurs pas trompé; d’où son message aux participants (dont nous vous proposons lecture en page 7) et dont nous vous invitons à méditer la teneur.

Auto-prise en charge…

La fête du 3 août et surtout la manière dont elle a été organisée révèle autre chose encore.

En effet, spontanément et sans recours à quelque administration ou institution, la société civile canadienne d’origine marocaine, a démontré une capacité jusque là inédite : se prendre en main et mobiliser les ressources matérielles et humaines nécessaires à la création d’un événement grandiose.

En réalité, on sentait venir une telle expression de maturité depuis quelques mois déjà. Depuis le mois d’octobre 2013 et le scrutin municipale; et surtout depuis les élections législatives provinciales.

À ces occasions, on avait assisté à un afflux conséquent en matière d’inscriptions sur les listes électorales, puis, autre bonne surprise, à des taux de participation records lors des scrutins. On avait cru tout d’abord à un «effet Charte», donc à un phénomène ponctuel et dès lors passager et réversible. Depuis, l’intérêt pour la chose publique n’a fait que se confirmer à travers  des engagements en politique qui ne se pas le moindrement affaiblis, ni chez les plus âgés, ni – plus significatif encore – chez les jeunes, comme à travers un réel regain de participation dans la vie associative.

Droits, devoirs et participation citoyenne

L’extraordinaire mobilisation qui a mené à la fête du 3 août marque une étape de plus franchie dans la voie de la prise en main par cette communauté et de son destin et de son devenir. Dans la droite ligne de l’esprit de la nouvelle Constitution du Maroc comme dans la lettre et l’essence de ses appartenances montréalaise et québécoise et de sa citoyenneté canadienne, on est au seuil d’une nouvelle dynamique qui laisse croire que tous ces gens, désormais comme la majorité de leurs concitoyens, sauront assumer tous leurs devoirs; difficiles alors de penser, que le cas échéant, elle ne sera pas en mesure de défendre ses droits.

À ceux qui croiraient que ces affirmations ne sont que conjectures et spéculations, nous pouvons prédire quelques surprises prochaines. Lors des consultations publiques qui s’annoncent en matière de nouvelle politique de diversité et d’inclusion, ou encore à l’occasion des prochaines élections législatives fédérales…

Et quid du pays d’origine? Des rapports enfin adultes qui font la part des choses. Car à côté de la participation de résidence qui prend ici (déjà presque) toute sa mesure, s’ouvrent déjà les voies de l’appui aux efforts d’un développement qui profitera à ceux que nous avons laissés là-bas, de la volonté d’agir au rapprochement entre nos deux pays et de susciter des partenariats et des bénéfices communs et équitablement répartis. De mériter enfin l’image positive du Canada qui prévaut au Maroc et qui rejaillit sur ces Marocains du Monde ayant choisi le Canada pour seconde patrie.

Abdelghani Dades (Edito Atlas.Mtl 235)

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