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Élection 2014: tout n’est pas encore dit

Abdelghani Dades

Abdelghani Dades

L’écroulement du Parti Québécois à l’issue du scrutin du 7 avril 2014 est assurément une sanction. Mais la sanction de quoi?

Certainement pas du bilan d’un gouvernement, minoritaire, et qui en 18 mois aux affaires ne peut pas avoir souffert de l’usure du pouvoir.

Pas plus que la sanction d’un objectif de souveraineté de la Belle Province, une cause qui n’a été présente que dans les discours – et encore, fort accessoirement – au cours du mandat de Mme pauline Marois.

Mais c’est bien plus la sanction d’abord d’un mode de fonctionnement et certainement bien plus d’une façon de penser qui par bien des aspects semblait être hors du monde et bien éloignée de la réalité de l’évolution de la société.

Car assurément, et nous l’écrivions déjà dans notre précédente édition, il y avait un choix à faire, «non entre deux partis mais entre deux projets de société qui convergent sur certains outils mais divergent du tout au tout dans leur conception du futur à préparer».

Face à ce choix, les électeurs avaient à choisir aussi entre deux messages, qui auraient dû être les plus limpides possibles. Ce qui n’a pas été le cas…

Cette limpidité, le Parti Libéral du Québec a su en jouer avec un remarquable talent. Il était en effet clair pour tout le monde que le cap choisi par M. Philippe Couillard et ses candidats menait vers une  priorité à la création de «créer la richesse avant de la partager et, lorsque l’heure du partage sera venue, que celui-ci se fasse dans l’équité, dans le respect des valeurs universelles, des valeurs citoyennes communes, de la justice, de l’équité, de l’égalité».

La Parti Québécois en revanche, admettait certes «qu’il faut créer la richesse», mais il a donné l’impression tout au long de la campagne (et même bien avant) «qu’on ne se mettra à l’œuvre dans ce but que lorsque l’identité de ceux qui y auront accès prioritaire aura été établie». Dès lors, la question de l’identité est devenue centrale dans son discours mais sans jamais avoir été vraiment clarifiée. Maladresse supplémentaire : le parti a brouillé même sa propre image. En recrutant des candidats-vedette dans les classes les plus nanties du Québec, il a fortement hypothéqué l’image sociale-démocrate qui faisait sa popularité et son emprise sur l’électorat.

Le reste est venu en cascade, avec un discours dans lequel le verbe «protéger», utilisé à tort et à travers, a fait naître la très forte impression que le PQ voulait enfermer le Québec dans une bulle, en faire une sorte de musée anthropologique, une curiosité sociologique, indifférente à toute évolution  et à tout progrès.

De la sorte, ce parti, s’éloignant y compris des idées défendues par ses fondateurs, a perdu bien plus que 29 sièges à L’Assemblée Nationale, il a perdu à la fois une grande partie des 400 000 votes «anglophones et allophones» mais aussi (et cela sondeurs et conseillers du parti ne l’avaient pas vu venir!), 300 000 votes francophones. Comme quoi, on ne joue pas impunément avec l’identité des nations, ni avec l’image que les citoyens ont de leur identité.

Mais la question est-elle réglée avec cette élection et les résultats auxquels elle a donné lieu?

Certainement pas. Tout un travail reste à faire, sans exclusion et sans exclusive, en matière d’étude des évolutions sociodémographiques en cours au Québec (notamment en matière d’immigration) et d’évaluation de leur impact sur le futur de la nation québécoise. Avec, entre autres, une remise à plat des systèmes d’intégration professionnelle et sociale.

Cette question, qui prend rang parmi les «vraies affaires», même si elle existe dans les préoccupations de tous les partis politiques, n’a en effet été abordée que de manière marginale durant la campagne; quand elle n’a pas été totalement ignorée. Le résultat de la consultation démontre qu’elle cruciale; et – ce n’est pas le PQ qui nous démentira- mal abordée, elle est périlleuse. Il faudra bien se résoudre à y faire face; et le plus tôt sera le mieux.

Abdelghani Dades, Atlas.Mtl

 

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