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2014 : Bon courage!

2014 : Bon courage!Est-il trop tard pour vous souhaiter à nouveau une bonne année 2014?

Nous avons effectivement été tenté de répondre par l’affirmative à cette question, au moment de mettre en chantier ce numéro, le deux cent vingt et unième, de votre journal. Mais au vu des articles qui en constituent le sommaire cependant, cette certitude s’est effilochée. Car des vœux, en espérant qu’ils ne seront pas seulement pieux, devant des perspectives pas forcément rassurantes, des vœux de courage, ne semblent pas être inutiles.

Commençons par le commencement.

Dans un traditionnel exercice journalistique de début d’année, nombre de nos confrères se sont intéressés à vos résolutions du nouvel an. Généralement, ce travail montre que pour une bonne partie d’entre nous, en 2014, ce n’est pas d’acquisition immobilière ou de loisirs (voyages notamment) que nous rêvons. Ce n’est pas non plus d’épargne, notamment aux fins de retraite, que se préoccupent nos concitoyens. L’idée qui est revenue le plus souvent dans les différents sondages en la matière portait plutôt sur l’intention de réduire l’endettement et d’éviter ainsi de perdre les acquis.

Présenté autrement, ce pronostic signifie :

  1.  Que nous n’aurons pas le cœur à consommer ou à nous amuser cette année,
  2.  Que nous nous résignons à préparer une vieillesse qui ne semble plus devoir être aussi heureuse que nous l’aurions souhaité,
  3.  Que l’immédiat nous inquiète de plus en plus et que nous devons en conséquence «sauver les meubles».

Voilà de bien pessimistes auspices, bien éloignés de l’euphorie traditionnelle des temps de fête ou de lendemain de veille!

Qui méritent donc réflexion.

Pour peu cependant que l’on soit resté attentif à l’actualité des dernières semaines, ce sentiment ne semblerait plus tellement incongru.

En effet, coup sur coup, à qui voulait bien entendre, on pouvait apprendre que la STM allait relever ses tarifs, Hydro Québec faire de même et dans des proportions encore plus importantes, que l’infrastructure québécoise semblait avoir fait son temps et qu’il fallait sérieusement songer à son remplacement, que nos filets sociaux (notamment en santé) n’avait plus leur solidité d’antan, que notre fiscalité était de plus en plus inéquitable au détriment des salariés, c’est-à-dire des citoyens les plus vulnérables, etc. etc.

Tout ceci, noyau de cerise sur le gâteau, au moment ou la population vieillissante du Québec engendre des coûts de plus en plus élevés et réduit sensiblement les contributions au financement du fonctionnement de la société.

La table était mise, pour que nous puissions penser, à notre corps défendant, que l’héritage de la Révolution tranquille, le legs des Baby boomers et des bâtisseurs de prospérité de la fin du siècle dernier avait été dilapidé et que, nouveaux pauvres, nous devions nous remettre au travail et que nous ne nous y résignions pas.

Car, dans une telle atmosphère, Il eut été logique que l’on nous parle de relance, d’effort, de participation, de reconstruction, de solidarité. Mais tout ce que l’on nous propose, c’est de la vanité.

Chez les politiciens, la Charte, transformée en farce par ses promoteurs (avec leur Guide du prêt-à-penser à déguster en découpant la dinde de Noël), mais que l’un des rhéteurs de l’Exécutif nous présente comme le Texte Ultime, «sonnant le glas de la charte canadienne» et annonçant des lendemains qui chantent, et seule au menu.

Chez les médias, totalement oublieux de la mission de pédagogie citoyenne qui est la leur, on a droit à de larges tartines sur la vie privée du président de la République française et sur les tribulations d’un humoriste (lui aussi français) qui ne fait pas rire tout le monde. On n’oublie pas non plus Sotchi. On rajoute une pincée de faits divers.

Vanité? Oui, mais surtout vacuité! Et embarras? Sans doute, devant des difficultés qui ne sont insurmontable que lorsqu’on se refuse à y faire face. Ou qu’on ne sait pas comment y faire face.

Mais cette situation a ceci de bon qu’elle permet, au moins, de mesurer tout l’écart qui existe entre les véritables préoccupations des gens et celles de ceux qui nous gouvernent. On s’en souviendra dans quelques semaines…

Abdelghani Dades (Edito Atlas.Mtl 221)

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