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Entretien avec le Consul Général d’Algérie à Montréal M. Abdelghani Amara : «Pleinement engagé et à l’écoute de la communauté»

M. Abdelghani Amara, Consul Général d'Algérie à Montréal

M. Abdelghani Amara,
Consul Général d’Algérie à Montréal

Lorsqu’il a pris ses fonctions de Consul Général d’Algérie à Montréal le 15 Juillet 2008, M. Abdelghani Amara, a pris ses fonctions en date 15 juillet 2008, était déjà fort d’une expérience de 25 ans au sein de la diplomatie algérienne. Diplômé de l’École Nationale d’Administration (ENA) section diplomatique, session 1983, il avait rejoint le ministère des Affaires Étrangères à l’issue de son service militaire, où il exercera au sein de la direction des pays arabes ainsi que la direction des Affaires politiques internationales.

En 1988, il sera nommé Consul général adjoint à Paris ou il exercera jusqu’en 1992. Il sera ensuite Consul d’Algérie à Pontoise (France) de 1998 à 2004, date à laquelle, il sera rappelé à Alger pour exercer les fonctions de sous directeur de la communauté nationale établie à l’étranger. Il aura également été, de 1992 à 1998, Directeur des Immunités et privilèges diplomatiques.

À sa nomination à Montréal, c’est donc un homme autant d’expérience que de talent qui occupera le poste. Ces qualités, il les a d’ailleurs pleinement démontrées au cours des cinq dernières années, avec le public autant que dans les cercles culturels.

À la veille d’un départ annoncé donc, M. Amara livre à notre collaborateur Wahid Megherbi ce qui peut être considéré comme le bilan de son mandat montréalais.

Entrevue réalisée par  Wahid Megherbi

Wahid Megherbi : La communauté algérienne au Canada gagne chaque année davantage en importance ; quel dispositif consulaire pensez-vous mettre en œuvre pour faire face à une demande sans cesse croissante?

Abdelghani Amara : La communauté nationale établie au Canada, principalement à Montréal dans la province du Québec, connaît ces dix dernières années une croissance exponentielle. Ce développement rapide et continu a constitué dans un premier temps un véritable défi, tant il induisait la mise en œuvre d’un dispositif efficient, qui soit à la mesure des attentes de la communauté nationale.

Il serait fastidieux de revenir sur les différentes étapes et les efforts consentis par l’État pour mettre à la disposition des membres de la communauté nationale au Canada, des locaux fonctionnels, d’une part, et déployer les outils favorisant une prise en charge efficace des besoins de nos concitoyens, d’autre part.

Les ressources tant humaines que matérielles sont mobilisées et renforcées, chaque fois que nécessaire, pour améliorer le rendement et la qualité du service public, en assurant les meilleures prestations et une plus grande fluidité, notamment durant la période estivale, où nous enregistrons une affluence record.

Il convient de rappeler dans ce contexte, que l’attention particulière que nous accordons à l’accueil de nos concitoyens et le souci permanent de répondre à leurs sollicitations, découlent des recommandations du Gouvernement et des hautes autorités du pays concernant l’amélioration des prestations de service et l’allègement des procédures administratives en faveur du citoyen.

Pour rester dans le domaine de la gestion administrative, ces derniers temps, l’introduction du passeport biométrique fait l’actualité. Où en est l’opération tendant à sa généralisation ?

Le Consulat Général a entamé l’opération consistant à recueillir les demandes de passeports biométriques, depuis le 15 janvier 2013. Jusqu’ici les services du Consulat Général ont délivré quelques centaines de passeports biométriques, mais cela reste loin des objectifs que nous nous sommes fixés, dans la mesure où nous devons renouveler des dizaines de milliers de documents de voyage, d’ici l’échéance du 24 novembre 2015.

Au fur et à mesure que cette date buttoir approche, les demandes vont s’accroitre et les délais d’obtention des rendez-vous de plus en plus étalés dans le temps. Les informations concernant les procédures sont disponibles sur le site web du Consulat Général, de même qu’un fascicule expliquant la démarche à suivre, a été élaboré par nos services.

Je saisis cette opportunité pour appeler nos compatriotes à accomplir les formalités de demande d’obtention de ce document de voyage, afin d’éviter des situations de difficultés, sachant que les ressortissants titulaires d’un passeport ordinaire en cours de validité peuvent d’ores et déjà solliciter la délivrance d’un passeport biométrique.

Quel fait marquant vous avez pu observer M. le Consul Général lors des festivités organisées au Canada pour les 50 ans de l’indépendance de l’Algérie?

Il convient de rappeler que la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance nationale a été marquée par la réalisation d’un programme aussi riche que varié.

Des cycles de conférences, des soirées artistiques, des regroupements des compatriotes, et des activités sportives ont émaillé, une année durant, la célébration du 50ème anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale.

Alors, on ne peut dissocier les événements ayant marqué cette célébration, au risque d’en réduire la portée. Cependant, le fait marquant qui a été observé, et ce de façon unanime, se rapporte à la communion des algériennes et des algériens lors des festivités et leur fierté affichée d’appartenir à l’Algérie.

Les Algériens au Canada sont confrontés à un certains nombre de problèmes tels que le divorce, le décrochage scolaire. Quelles mesures sont- elles prises pour endiguer cela ?

À l’instar des autres communautés, les membres de la communauté algérienne n’échappent pas aux difficultés inhérentes à toute nouvelle installation dans un pays tiers.

Concernant le nombre de séparations et de divorces dont la presse s’est fait l’écho, il est important de prendre en considération le contexte dans lequel évoluent les familles algériennes.

Les complications liées à l’intégration au marché du travail canadien, les difficultés sinon l’impossibilité de faire valoir leurs diplômes et valider leurs expériences professionnelles, la peine de trouver des repères de stabilité (schéma traditionnel de la famille dans un contexte de vie occidentalisée), ne manquent pas de provoquer des dissensions dans les couples algériens.

En outre, en l’absence au Canada des autres membres de la famille élargie, qui assuraient le rôle de médiateur en Algérie, et l’environnement social qui banalise, sinon favorise la séparation, font que l’imbrication des problèmes, cités plus haut, aboutissent immanquablement au divorce.

Les services du Consulat Général ne sont malheureusement saisis par les couples séparés que lorsqu’il s’agit d’appliquer les décisions de justice concernant la garde des enfants. Les couples en difficultés rebutent à solliciter la médiation du Consulat Général, préférant s’orienter directement vers la justice canadienne.

La séparation est souvent accompagnée de réels déchirements, et fait que les enfants sont les principales victimes. Le rôle du Consulat Général est de protéger les intérêts de l’enfant, notamment pour ce qui est des voyages vers l’Algérie, pour préserver le lien avec son pays d’origine.

S’agissant du décrochage scolaire, même s’il s’agissait d’un seul cas il mérite toute l’attention, mais le phénomène ne paraît pas de grande ampleur. Pour sa part le Consulat Général, met à disposition des membres de la communauté, à travers son site web, des cours d’apprentissage de la langue arabe et amazigh, de même que certaines associations dispensent des cours d’arabe pour différents niveaux.

Un nombre croissant d” étudiants Algériens viennent pour suivre leurs études au Canada. Avez-vous un programme particulier pour leur faciliter leur inscription et leur installation ?

Les étudiants algériens au Canada, dont le nombre est en constante augmentation, se répartissent en trois catégories, ainsi définies :

1/ les étudiants boursiers de l’État algérien

2/ les étudiants bénéficiaires de la bourse d’exemption des frais de scolarité majorés, dans le cadre de l’Entente algéro-québécoise dans le domaine de l’Enseignement Supérieur.

3/ les étudiants libres

Pour cette frange de la communauté, le Consulat Général facilite les opérations d’immatriculation consulaire et la délivrance de documents d’identité et de voyage, tout comme il prend en charge le dossier relatif au Service National (demandes de sursis, mesures Présidentielles…etc.).

Le volet relatif aux bourses, dans leurs deux variantes, relève des services de notre Ambassade à Ottawa.

Quel rôle pourrait jouer la diaspora Algérienne au Canada dans le renforcement des relations Algéro-canadiennes étant donné que l’Algérie est le 1er partenaire économique du Canada en Afrique et au Moyen Orient ?

La politique nationale en direction de la communauté nationale établie à l’étranger a connu une évolution qui s’inscrit dans une approche dictée par la nécessaire adaptation aux nouvelles donnes induites par la mobilité et le mouvement de circulation internationale des personnes, dans un contexte mondial marqué par la globalisation de l’économie. La migration, comme élément de démographie, est plus que jamais un facteur des relations internationales.

Dans ce contexte, les pouvoirs publics ont initié des mesures visant à assurer l’intégration des compétences nationales établies à l’étranger dans le processus de développement national.

Ces compétences bénéficient, depuis peu, d’un espace de communication (Portail Web), qui constitue une plate forme d’échange interactif où les institutions et organismes nationaux peuvent, à travers les projets qu’ils y auront insérés, leur faire appel pour contribuer à la conception ou à la réalisation de leurs plans de recherches ou de développement.

Cet outil de communication vient répondre à une aspiration largement partagée par nos compétences, qui ont fait montre, en de nombreuses occasions, d’une adhésion sans équivoque à la démarche des pouvoirs publics tendant à assurer leur mobilisation et intégration dans le développement du pays.

Ce portail permet aussi aux compétences de soumettre leurs projets personnels pouvant intéresser les institutions et organismes nationaux ou d’autres compétences algériennes pour l’établissement de partenariats.

La suppression de la fonction de Secrétaire d’État en charge de la communauté nationale à l’étranger a suscité moult interrogations parmi nos compatriotes. Quelle sont selon vous les raisons ayant motivé cette décision et les changements qu’elle induit ?

La communauté nationale à l’étranger est le prolongement de la Nation dans les pays tiers, et les pouvoirs publics restent pleinement engagés à son endroit et sont en permanence à son écoute.

Aussi, cette décision n’a aucune incidence sur la priorité que l’État algérien a toujours accordée, à tous les niveaux de responsabilité, à la communauté nationale à l’étranger. Le programme de M. le Président de la République comporte un segment consacré à la communauté nationale à l’étranger qui se reflète pleinement dans le programme du gouvernement.Ainsi, la communauté nationale à l’étranger relève dorénavant de l’autorité directe de M. le Ministre des Affaires Étrangères qui donnera toutes les orientations et impulsions nécessaires à la structure de son Département ministériel pour mettre en œuvre la politique du Gouvernement en faveur des algériens résidant à l’étranger.

Atlas.Mtl

 

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