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En mémoire de Ziad Bouzid, chauffeur de taxi lâchement tué à Montréal

Famille Ziad Bouzid

Famille Ziad Bouzid

Il s’appelait Ziad Bouzid. Il avait 45 ans. Son métier : chauffeur de taxi. Son vrai métier : ingénieur. Voilà pourquoi je ne juge jamais les chauffeurs de taxi. Ceux qui me ramènent chez moi, depuis leur poste au coin de Décarie et Côte-Vertu, sont de vrais journalistes, instituteurs ou commerçants. Ils sont chauffeurs de taxi, mais pour survivre.

Il s’appelait Ziad Bouzid. Ce père de trois enfants a quitté l’Algérie en 2002. Diplômé de l’Université des sciences et de la technologie Houari Boumediene en génie mécanique, il était à l’emploi de la Société nationale des transports ferroviaires en Algérie. Il croyait sans doute que toute cette expérience était suffisante pour un avenir radieux dans la Belle province. Semble-t-il que ça ne marche pas comme ça au Québec.

Il s’appelait Ziad Bouzid. En 2008, pour subvenir aux besoins de sa famille, plutôt que de cracher sur le travail, il prend son courage à deux mains et, sans se plaindre, fait le taxi. Il travaillait 14 heures par jour pour subvenir aux besoins de sa famille. Pensez à ça la prochaine fois que vous serez pris sur le pont Champlain…

Il s’appelait Ziad Bouzid. Pendant que sa femme, Samia Ali Messouad, elle aussi diplômée en ingénierie, gardait des élèves à temps partiel pendant la pause du midi, lui, amenait ses clients à bon port. Il écoutait calmement leurs opinions, parlait sans doute pacifiquement de la température, etc.

Certains le regardaient peut-être d’un peu haut. Des professionnels, sans doute. Peut-être même des ingénieurs… Alors que lui, ingénieur comme eux, conduisait un taxi… S’ils savaient !

Il s’appelait Ziad Bouzid. La semaine dernière, un type l’a froidement assassiné quelque part dans le quartier Côte-des-Neiges, après une course. Il l’avait fait monter avec une autre dans un Tim Hortons de Dorval. Comment des clients d’un Tim Hortons peuvent-ils être si violents…

Il s’appelait Ziad Bouzid. Après ses funérailles célébrées aujourd’hui, il retournera reposer éternellement dans la terre de ses ancêtres, en Algérie, le pays d’Albert Camus, de Yasmina Khadra, de Kateb Yacine, du JS Kabylie, de Saint Augstin d’Hippone, de la courageuse Hassiba Boulmerka et de Rachid Taha.

Pendant ce temps, un suspect a été arrêté dans toute cette affaire et le maire de Montréal, Denis Coderre, a promis «avant cet été» une politique municipale du taxi.

Il s’appelait Ziad Bouzid. J’espère qu’il n’est pas mort pour rien.

Librement inspiré d’un texte paru dans le journal algérien El Watan.

Pour aider la famille Bouzid, cliquez ici.

La vieille de sa mort, Ziad Bouzid s’inquiétait de la qualification de l’équipe algérienne à la coupe du monde 2014. C’est maintenant chose faite pour les Fennecs. Une chanson en sa mémoire. 

Par  (http://actualites.sympatico.ca/)

 

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