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Ramadan et pratique sportive. Pré-requis et risques

Said Chayane

Said Chayane

Le monde musulman entame la seconde  semaine du mois sacré du Ramadan qui coïncide cette année avec la saison chaude de l’été.

Au cours de ce mois, les musulmans pratiquants s’abstiennent de manger et de boire durant plus de 17 heures par jour permettant ainsi au corps de se purifier.

L’exercice physique et le sport sont aussi vivement recommandés durant le ramadan selon un rythme peu intense et des horaires appropriés.

En effet, les entraînements sportifs  forcés en ce mois d’été  peuvent causer  des pertes considérables  en eaux et en sels minéraux rendant difficile de concilier entre jeune et pratique sportive.

Pratiquer un sport sans s’alimenter, sans boire, et surtout en période de grosses chaleurs  génère une faiblesse de la force musculaire, voire même une hypoglycémie.

Pour prévenir l’hypoglycémie, les sportifs de haut niveau consomment  des sucres lents 3 heures avant la pratique d’une activité physique et sportive.

D’où réside la difficulté d’une telle pratique durant le mois du Ramadan.

Concrètement, l’activité sportive à jeune brûle prioritairement les sucres et les acides gras circulant dans le sang, puis puise  dans ses réserves  de graisses  et de protéines.

Lorsque le jeune se prolonge, comme c’est le cas lors du ramadan en été, le déficit énergétique place l’organisme en situation de « souffrance ». Dans une telle situation, on peut difficilement concevoir atteindre des performances sans avoir la disponibilité énergétique nécessaire.

said-chayane-sportLa pratique d’un effort sollicite d’autres sources d’énergie telles que les graisses corporelles. L’utilisation des protéines musculaires à des fins énergétiques conduit à des altérations des fibres contractiles, et fragilise le tissu musculaire. Ce risque est d’autant plus élevé si l’hydratation n’est pas correcte, situation fréquemment associée à l’absence de prise alimentaire. La déshydratation associée renforce le risque de blessure tendineuse et musculaire (élongation et claquage).

Par ailleurs, l’apparition d’une sensation de faim ou de fringale accentue la pénibilité de l’effort qui perd toute connotation de plaisir.

En conclusion, pendant le jeûne du mois de Ramadan, les performances physiques et sportives sont donc nettement diminuées. Les entraîneurs doivent en tenir compte. Programmer des compétitions pendant cette période reste peu compatible avec une diététique sportive de haut niveau et avec la notion de performance.

Toutefois, la pratique sportive modérée est tolérée durant le Ramadan à condition de le faire deux à trois heures après la rupture du jeûne.

Quels enjeux pour les footballeurs musulmans  évoluant à l’étranger?

Dans la plupart des pays musulmans les horaires  des compétitions et entrainements d’avant saison ont été  adaptés et décalés dans la soirée  permettant ainsi aux sportifs de profiter de températures clémentes  et de se désaltérer, au besoin.

En Europe, les joueurs musulmans pratiquants ne bénéficient guère des mêmes accommodements raisonnables en période  de jeune.

En effet, si certains clubs européens tolèrent et respectent le choix des joueurs, d’autres, comme le Paris saint Germain, ont simplement écarté les joueurs musulmans du groupe, un choix paradoxal de la part d’un club sauvé in extremis de la faillite par un milliardaire des pays du Golf.

Les joueurs cadres des lions de l’Atlas en France, Italie, Pays bas et Belgique ont toujours pratiqué le jeune mettant, dans certains cas, en péril  leurs carrières sportives internationales.

La baisse de régime de certains joueurs marocains durant le Ramadan, les poussent à doubler d’effort pour retrouver leur titularisation, dans un environnement ou la compétition fait rage.

Certes, le milieu de football professionnel a ses propres valeurs basées sur la méritocratie  et sur la forte concurrence mais le respect  des valeurs  et de la foi des Hommes qui constituent le groupe est souvent le garant du succès.

Bref  les sportifs musulmans sont largement lésés par rapport à leurs confrères des autres confessions et ils le seront davantage l’été prochain ,en juin 2014 , lors de la coupe du monde de football au Brésil qui coïncidera aussi avec le mois sacré.

Les chances de victoires s’amenuisent mais ne sont pas nulles sachant que la foi  constitue souvent une motivation très forte  pouvant faire la différence.

Par Saïd Chayane (Atlas.Mtl)

 

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