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Mémoires & dialogue rencontre Jason Kenney. L’exception marocaine et la citoyenneté

Mémoires-&-dialogue-rencontre-Jason-Kenney.-L’exception-marocaine-et-la-citoyennetéLes relations entre communautés ethniques, culturelles et religieuses, dans un monde de mobilité, qui voit la composition démographique des sociétés humaines se diversifier de plus en plus, ne sont pas toujours chose facile. Partout à travers le monde, la xénophobie et parfois le racisme, créent l’exclusion et le mal de vivre aux détriments de groupes humains qui n’ont que le tort de ne pas s’habiller, manger ou prier comme leurs voisins. Souvent aussi, sur ce substrat,  des conflits sanglants déchirent les sociétés et endeuillent l’humanité.

L’Exception marocaine

Dans ce pandémonium, il existe toutefois quelques exceptions, des pays où les femmes et les hommes parviennent à dépasser leurs différences et à vivre ensemble sans trop de heurts. Le Maroc fait partie de ces exceptions. Des siècles durant, ce pays, situé au confluent des routes migratoires parties d’Orient, d’Afrique et d’Europe, à accueilli des cultures et des rites variés sans que jamais la différence ne mue en violence.  Pays d’immigration ou de transit, le Maroc à toujours su accueillir et assimiler les populations et les cultures les plus diverses, fondant ainsi un modèle de cohabitation qui semble désormais si naturel qu’il ne suscite plus aucune interrogation. À la fois multiculturel et interculturel, ce mode de vie constitue la base de ce que l’on appelle «l’Exception marocaine». Une exception que les originaires du pays, devenu pays d’émigration avec une population de 4,5 millions de personnes vivant hors de ses frontières, emportent dans leurs bagages. C’est sans doute cet héritage qui fait l’exceptionnelle capacité d’adaptation des originaires du Maroc dans des environnements aussi divers que l’Amérique du nord, l’Afrique ou l’Europe.

Mais les sociétés d’accueil le savent-elles ? En tirent-t-elles profit ? En d’autres termes «L’exception marocaine est-elle transposable ; Est-elle exportable» ? 

Réflexion à Montréal

C’est à cette double question que la rencontre “Réflexions sur les rapports judéo-arabes au Canada”, organisée le 12 mai 2013 à Dar Al-Maghrib à Montréal tentait de trouver une réponse. Organisée par l’Association Mémoires et Dialogue en partenariat avec le Groupe Atlasmedia et le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger (CCME), cet événement fait suite à une série d’activités et débats entamés en 2009 avec pour but avoué, d’effacer les clichés réducteurs et de diffuser à Montréal, au Québec et au Canada, l’image réelle du Maroc et des maroco-canadiens.

Mémoires et Dialogue qui réunit des membres des segments juifs et musulmans de la communauté des originaires du Maroc brise, par sa seule existence, nombre de préjugés et d’idée reçues. Dans un contexte où,  en effet, l’imaginaire public considère que juifs et musulmans sont d’irrédentistes ennemis, que la différence de leurs allégeances ne peut qu’introduire ici un conflit étranger de nature à troubler l’ordre public ; que des membres de ces deux sous groupes puissent se revendiquer d’une culture et d’un passé commun, parler d’une  même voix aux autres communautés, agir ensemble pour un avenir commun ; voilà bien qui peut étonner ; et faire réfléchir. Et ce fut effectivement le cas parmi une assistance nombreuse, composée de responsables de différents paliers politiques, d’enseignants, d’universitaires et de jeunes et moins jeunes membres des communautés juives et musulmanes établies à Montréal. Ce fut notamment le cas des nombreux jeunes originaires du Maroc, appartenant aux deux segments confessionnels et pour lesquels la marocanité, moins une attitude sociale profondément enracinée pourrait n’être plus qu’une simple tradition familiale, strictement privée. 

Ce sont toutes ces particularités que Amine Dabchy, co-président en exercice de Mémoires et dialogue, a tenu à rappeler en ouvrant la rencontre du 12 mai. «C’est dans cette tradition de tolérance et de cohabitation que le Maroc a toujours puisé, et puise encore, la force qui lui permet de résister à toutes les vicissitudes que l’histoire peut imposer aux nations et aux peuples. Et c’est cette tradition, dont nous sommes tous porteurs, que nous pouvons servir et le pays dans lequel nous avons choisi de vivre, que le pays dont nous venons» a-t-il notamment souligné, avant d’inviter M. Zoubeir Hakam, Consul général du Royaume du Maroc à Montréal, à prendre la parole.

Une Histoire multiséculaire

Dans son intervention, M. Zoubair Hakam, a mis l’accent en particulier sur le souci constant de la monarchie marocaine incarnée par Feu SM Mohammed V et Feu SM Hassan II, et actuellement par SM le Roi Mohammed VI, de mettre en avant les valeurs communes plutôt que les différences. Il a aussi rappelé l’exemplaire combat de Feu SM Mohammed V et le refus catégorique opposé par le regretté Souverain à l’introduction de lois anti-juives du temps du régime de Vichy. Le diplomate a aussi rappelé à l’assistance la haute sollicitude avec laquelle SM le Roi Mohammed VI entoure Ses sujets de confession juive, suivant en cela l’exemple du Père de la Nation feu SM Mohammed V et de Son auguste père, le Regretté SM Hassan II.

Après avoir souligné que la nouvelle Constitution marocaine, adoptée massivement par référendum en juillet 2011, et dans laquelle il est établit que “l’unité nationale, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen”, consacre la richesse et la diversité des composantes spirituelles et culturelles, le consul général a estimé que cette reconnaissance de l’identité plurielle marocaine mérite d’être saluée et appréciée en tant que valeur symbolique, notamment dans le contexte mondial actuel.

Hommage au Maroc

Prenant la parole à son tour, l’invité principal de la rencontre, M. Jason Kenney ministre fédéral de la citoyenneté, de l’immigration et du multiculturalisme, à d’abord tenu à féliciter les organisateurs de la rencontre pour cette initiative. «Certes, a-t-il affirmé, la cohésion sociale et l’unité dans la diversité est l’objectif commun de tous les canadiens, mais dans cette voie, nous avons sans doute tous des inquiétudes. Face à ces inquiétudes, il ne faut pas nier nos conflits, des conflits qui peuvent parfois s’exprimer aussi au Canada. Mais pour dépasser ces conflits, parce que la diversité est irréversible, il faut célébrer la diversité ; pas seulement dans des célébrations folkloriques. Il faut aussi faire plus que la célébrer cette diversité : il faut la penser ; et pour la penser, les initiatives doivent venir des communautés elles-mêmes, comme vous le faites en ce moment».

M. Kenney a ensuite souligné le «leadership distingué» de SM le Roi Mohammed VI et félicité le Maroc  et les marocains pour les réformes démocratiques entreprises par le Souverain qui consacrent les valeurs de liberté, de démocratie et de justice sociale. “Grâce à Son leadership distingué, SM le Roi Mohammed VI fait partie des chefs d’État et des dirigeants politiques les plus éminents et les plus respectés». Le Souverain est “un leader sage parce qu’il a consolidé la stabilité et la sécurité de la société marocaine, mais en même temps il a poursuivi les réformes démocratiques”, a poursuivi le ministre canadien. “SM le Roi a trouvé un équilibre entre la stabilité des institutions, la cohésion sociale et la réforme politique et démocratique, que, peut-être, certains autres dirigeants des pays arabes n’ont pas fait. La méthode de gouvernance mise en place par le Souverain constitue un exemple pour le reste du monde arabe”, a-t-il dit.

Dialogue et mémoire

À l’allocution de M. Kenney a succédé un échange d’idées, modéré par Abdelghani Dades, éditeur du Journal Atlas.Mtl, pendant lequel les participants à la rencontre ont pu partager leurs idées et préoccupations avec le ministre. La variété des thèmes abordés a démontré le sens aigu de la citoyenneté chez les originaires du Maroc qui, à l’évidence, sont tout à fait aptes à assumer et la culture d’origine et les droits et devoirs que leur confère leur appartenance au Canada. Certain parmi les intervenants ont tenu à apporter des compléments aux différentes interventions, notamment sur certains aspects historiques de l’exception marocaine, notamment en mettant en lumière sur une page de l’Histoire contemporaine du Maroc à travers un hommage à feu SM Mohammed V, un Souverain qui, dans les années difficiles de la Shoah, a pu, en disant “non” aux lois scélérates moralement injustes de Vichy, sauver beaucoup de vies humaines et a permis que puisse continuer et prospérer la longue tradition de tolérance au Royaume. La rencontre a aussi permis au public présent de s’enquérir de cette spécificité qui repose sur la richesse pluriculturelle du Royaume à la jonction de trois cultures arabe, Amazigh et hispanique qui elle-même est un produit d’un mélange de confluences arabo-judéo-andalouses.

Clôturant la rencontre, le Dr Émile El Fassi coprésident de Mémoires et dialogue, s’assurera une salve d’applaudissements en annonçant  que cette rencontre n’est pas un fait isolé, mais fait partie d’un cycle de réflexions et d’activités, notamment culturelles, dont le calendrier sera incessamment annoncé.

Adnan Adama  (Atlas.Mtl)

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