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Canada-Maroc : Le partenariat économique décolle…

Canada-Maroc : Le partenariat économique décolle…

M Max Mahi, président de la Chambre de commerce et d’industrie Canadienne au Maroc

Du 24 au 28 mars 2013, alors que la signature d’un protocole d’accord pour la mise en place d’une ligne de crédit dédiée au développement des relations économiques maroco-canadienne occupait l’attention des médias le travail pour la concrétisation de cet accord battait son plein.

Une mission de gens d’affaires canadiens, initiée et organisée par l’Ambassade du Canada au Maroc,  menait en effet, dans ce contexte, d’intenses contacts avec les «majors» des principaux secteurs d’activités marocains, dans le but avoué, de découvrir les filières les plus prometteuses, menant vers une coopération qui mettrait enfin les relations économiques bilatérales à la hauteur des relations diplomatiques depuis toujours décrites comme excellentes.

Parallèlement,  un autre groupe d’entrepreneurs canadiens, achevaient un séjour au Maroc, tous membres de la Chambre de commerce et d’industrie Canadienne au Maroc finissait d’explorer  les possibilités de partenariats offertes en matière d’infrastructure, un secteur ou le Maroc mérite assurément son surnom de «grand chantier».

Mais la dynamique engagée continue de battre son plein. Cette semaine encore, à Toronto où 54 entreprises marocaines – un record – participent au SIAL, dont le Maroc est l’invité d’honneur.

Sur les résultats de ces initiatives, disons-le tout de suite, peu d’informations ont circulé. L’ambassade du Canada à Rabat n’a émis aucun communiqué et ses attachés commerciaux n’ont répondu à aucune de nos sollicitations et demandes.

La CCICM a été un peu plus loquace. Son président, Mohamed Max Mahi a même bien voulu répondre à nos questions. Entretien.

M. Mahi (CCICM) : «Beaucoup de travail reste à faire»

Atlas.Mtl: Monsieur Mahi, après de longues années de calme plat, les relations économiques maroco-canadiennes semblent s’animer depuis quelques semaines, voire quelques mois. Qu’en pensez-vous?

Mohamed «Max» Mahi : Pour le passé, je préfère utiliser une formule convenue et dire que depuis l’établissement des relations  diplomatiques bilatérales en 1962, les relations économiques ont toujours été loin de se hisser au niveau d’excellence atteint par les relations politiques. Les statistiques relatives aux flux commerciaux, comme aux flux financiers, malgré une légère progression au cours des deux-trois dernières années, indiquent d’ailleurs que nous ne sommes pas encore vraiment sortis de cette tendance. On peut même parler à ce plan de «relations en dents de scie» puisque les volumes d’échanges ont souvent connus des fluctuations d’assez grande ampleur. Ces fluctuations sont également la marque des discussions de nature économiques et commerciales entre responsables des deux pays. Il y a eu des années durant lesquelles les échanges de visites ministérielles et de missions commerciales ont été denses et des années durant lesquelles, rien n’était à signaler sur ce front. Il est également à constater que, même les bonnes années, les perspectives de développement de la coopération, matérialisées par des protocoles d’accords signés devant les médias, n’étaient pas toujours suivis d’effets.

À quoi attribuez-vous ces faits?

À beaucoup de méconnaissance de part et d’autre. Par exemple, bon nombre d’opérateurs canadiens ont longtemps considérés que le Maroc était «trop loin» ou qu’ils ne pouvaient pas concurrencer leurs homologues français au Maroc. Au Canada on a de même souvent considéré le Maroc comme un client et non pas comme un partenaire. Par ailleurs, le potentiel d’affaires au Maroc était plus que méconnu puisque – et ce n’est pas seulement la faute des opérateurs – on ne savait même pas quels étaient les secteurs d’activités les plus porteurs. Par ailleurs, au Maroc, on a eu tendance à considérer le Canada comme un pays monolithique alors qu’en fait pour réussir en affaires avec le Canada, il faut connaitre les spécificités et les points forts de chaque Province.

Est-ce que cette méconnaissance est chose du passé maintenant?

Disons qu’on se connait un peu mieux. Au Canada on sait maintenant que le Maroc n’est la chasse gardée de personne, qu’il se situe à moins de huit heurs d’avion de Montréal, qu’il dispose de l’infrastructure communication nécessaire et suffisante, qu’il a des besoins qui peuvent être satisfaits par les entreprises canadiennes et, qu’en plus,  de il est une porte d’entrée stratégique en Afrique, au Moyen Orient et même en Europe avec laquelle il est lié par des accords de libre échange très intéressants. Ceci dit, beaucoup de travail reste à faire…

Mais la scène économique bilatérale s’anime quand même…

Oui la scène s’anime depuis une couple d’années et une nette volonté politique se dessine en ce sens notamment à la faveur de la mise en chantier d’un projet d’accord de libre échange et plus récemment, la mise en place d’une ligne de crédit de quelques 750 millions de dollars, dédiée à l’encouragement au développement des échanges économiques et commerciaux et aux partenariats économiques. À côté de la volonté politique, il faut signaler l’installation de Bombardier Aéronautiques, la présence renforcée de SNC-Lavallin et d’autres encore. Les interventions de ces «Majors» va sans doute susciter l’attention de nombreuses PME canadiennes et concourir à la densification des partenariats maroco-canadiens.

Comment vous situez-vous par rapport à ces évolutions? 

Je dois vous dire que je suis extrêmement chanceux. Je suis en séjour d’affaires au Maroc et j’ais eu la chance : mon séjour  a coïncidé avec deux gros événements.

Le premier est la signature de l’accord sur la mise en place de la ligne de crédit dont je viens de vous parler.

Le second est une mission commerciale canadienne, organisée par l’ambassade du Canada à Rabat, du 24 au 28 mars 2013. Cette mission à été l’occasion  d’intenses contacts entre décideurs et grands entrepreneurs marocains et chefs d’entreprises québécoises et ontariennes pour identifier les filières les plus prometteuses, menant vers une coopération qui rehaussera certainement le volume et le niveau des relations économiques entre les deux pays. Pour cette initiative, je tiens à féliciter chaleureusement et particulièrement l’ambassadrice Sandra McCardell et ses collaborateurs dont  André Potvin et Asmae Amrouche.

Nous encourageons évidemment ce genre d’initiatives et serons toujours heureux de les soutenir et de les saluer.

Mais vous n’étiez pas là par hasard…

À ces deux événements, oui; mais c’est que le hasard fait quelquefois bien les choses. En fait je suis au Maroc avec une autre délégation, celle-ci était organisée par La Chambre de commerce et industrie Canadienne au Maroc. Elle était composée d’entrepreneurs qui avaient déjà pris langue avec des partenaires potentiels au Maroc et qui sont venus pour conclure des contrats ou démarrer des projets.

Qui sont ces entrepreneurs et quels sont ces projets?

Permettez-moi de ne pas répondre à cette question. Nous n’avons rien à cacher, mais au sein de la CCICM nous avons décidé de ne jamais faire d’effet d’annonce, mais d’annoncer des effets. Je peux toutefois vous dire que, au moins trois projets importants vont très prochainement être mis en chantier. On en parlera dès qu’ils seront lancés.

Dites-nous au moins dans quels secteurs d’activité ils se situent…

Les membres de la CCICM se recrutent dans 31 secteurs d’activité économiques porteurs dont l’aéronautique et l’aérospatiale, l’aménagement forestier, la chimie-parachimie, le pétrole-raffinage, le bâtiment-génie civil, la construction, les mines, les pêches-conserveries, les biotechnologies, les technologies de l’information et de la communication. Je n’omettrais pas de citer aussi deux domaines dont on semble sous-estimer l’importance : l’économie du savoir et les industries culturelles.

Nos trois premiers projets concrets se situent dans ce champ. Les projets en cours de finalisation également. Mais tant que ce n’est pas fait, ce n’est pas fait; alors pourquoi en parler?

Parlons quand même de vos projets immédiats

Pour l’année en cours, outre le séjour d’entrepreneurs dont nous avons parlé, nous prévoyons une mission au Canada d’entreprises marocaines et une mission au Maroc d’entreprises Québécoises et du Nouveau Brunswick, qui pourraient concerner des domaines tels que la pêche, les biotechs, les TIC etc.

Cela fait beaucoup d’animation. Mais, après le calme plat antérieur, ne croyez-vous pas que cette explosion d’initiatives peut avoir des effets contraires aux buts recherchés, ne pensez-vous pas qu’il y a un nécessaire effort de concertation à mener? 

Vous avez, il y a un tel retard à rattraper qu’aucune initiative n’est de trop. Bien sûr, il y a un effort de concertation à mener. Pour notre part, à la CCICM, nous travaillons déjà avec le Forum Québec Monde, nous nous rapprochons d’EDC et du MAECI, nous avons déjà pris langue avec l’ambassade du Canada au Maroc et avec l’ambassade du Maroc au Canada. Mais il y a un temps pour chaque chose. Notre chambre n’existe légalement que depuis le mois de janvier dernier. Mais nous l’avons bâtie sur du solide puisque ses membres travaillaient déjà en réseau depuis quelques années. Nous agirons de même pour nouer nos partenariats, mais soyez surs que nous saisirons toute opportunité d’action commune avec des institutions partageants les mêmes objectifs que nous et avec tout organisme similaire au notre.

CCICM digest

Si elle a officiellement été créée en janvier 2013, à l’initiative notamment du blainvillois Mohamed Max Mahi et de ses homologues hommes d’affaires Étienne Bouchard et Luc Préfontaine, la Chambre de commerce et d’industrie Canadienne au Maroc fonctionnait déjà, y compris sur le terrain, comme un réseau. 

De ce fait, dès sa naissance juridique, elle comptait dans ses rangs 250 membres, dont une majorité d’entreprises, petites et moyennes, mais aussi grandes et très grandes.

La chambre présente juridiquement une particularité : elle est sujette de double droit, droit marocain et droit canadien. Elle est également membre du Forum Québec-Monde. Dans son action, elle s’intéresse essentiellement à 31 secteurs d’activité économiques porteurs dont l’aéronautique et l’aérospatiale, l’aménagement forestier, la chimie-parachimie, le pétrole-raffinage, le bâtiment-génie civil, la construction, les mines, les pêches-conserveries, les biotechnologies et les technologies de l’information et de la communication.

Pour l’année en cours, sont prévues une mission au Canada d’entreprises marocaines et une mission au Maroc d’entreprises Québécoises et du Nouveau Brunswick, qui pourraient concerner des domaines tels que la pêche, les biotechs, les TIC etc.

Atlas.Mtl

 

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