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Du bon usage de la foi

Du bon usage de la foiTout le monde, non croyants compris, a les yeux tournés vers Rome où l’élection d’un nouveau Pape, le 266 eme de l’histoire de la chrétienneté, était en cours au moment où nous mettions sous presse.

Cet intérêt pour l’avènement du Saint Père qui remplacera le désormais Pape Émérite Benoît XVI est, à l’évidence, partagé, y compris par ceux dont la foi  est autre que catholique romaine.

Le Québec, les Québécois sans exception, ne sont pas en reste. Certes, la position papabile d’un enfant du pays, le cardinal Ouellette, y est-elle pour quelque chose. Mais pas seulement. En fait, la ferveur d’une partie de la population vient rappeler à qui ne voulait l’entendre, que si la belle Province à été fortement décléricalisée à la faveur de la Révolution Tranquille, elle n’a pas – et n’est pas – déconfessionnalisée pour autant.

Ici donc, nous restons dans une Terre de foi, qui s’accommode, et fort bien, de laïcité publique.

Rien d’étonnant cependant. L’histoire du pays, sa naissance même, doit beaucoup à l’Église et aux sociétés religieuses de France; et fait une marque originelle inaltérable. Mais depuis, cette terre a accueilli bien d’autres fois et croyances.

Sans heurts et sans questionnements? Certes non. On ne peut oublier par exemple qu’à leurs arrivée, les irlandais (on fête la saint Patrick ces jours-ci), pourtant catholiques, étaient souvent pris à partie par les «habitants» au sortir de leurs lieux de culte et de leurs rituels.

Mais tout cela a fini par se tasser. Parce que, chacun de son côté, a fait l’effort d’accepter l’autre et ses convictions.

Après le catholicisme irlandais, le judaïsme, maintenant en place depuis un siècle et demi, a ainsi trouvé sa place.

Aujourd’hui, c’est l’Islam qui est en question.

Et, parce que l’image de cette religion de paix et d’amour est obscurcie par une poignée d’égarés, incultes et violents, le dialogue qui doit permettre son intégration dans l’identité du pays, est assez ardu.

Alors il faut expliquer; et expliquer encore; y compris, parfois, aux musulmans eux-mêmes.

D’où notre intérêt pour les initiatives d’associations à référent religieux, telle l’Association Musulmane de Montréal-Nord, membre faut-il le rappeler du Conseil des leaders religieux de Montréal-Nord, regroupant curés, pasteurs et imams.

Ou encore telle cette initiative toute récente de l’association Badr (Bureau Associatif pour la diversité et la réintégration).

Profitant de la semaine de relâche scolaire, cette dernière a invité un certain nombre de sommités et d’exégètes renommés  des textes fondateurs de l’Islam ainsi que des personnalités politiques locales ou nationales, a disserter et expliquer.

Le thème de la semaine, la citoyenneté, à ainsi été décliné à la lumière du Fikh; plus exactement des sources du Fikh, c’est-à-dire du savoir religieux qui doit déterminer le comportement des musulmans et leurs rapports aux autres et à la société.

Avec des conférences sur des sujets tels que «Ce qu’un migrant (vivant en contexte non musulmans) n’a pas le droit d’ignorer», le ton était donné. Et avec d’autant plus de force que les conférenciers, le Pr Abdelati Bakdouri Al Achkari spécialiste du Fikh malékite et le Pr Saïd Bihi, universitaire et président d’un Conseil d’Ulémas, font autorité.

Tout au long de la semaine, il a ainsi été question de citoyenneté, de participation civique, d’engagement social et surtout de respect.

Et pour compléter le tableau, après les hommes de religion, place a été donnée au politicien qui ont évoqué le côté pratique et les usages locaux en matière, toujours, de citoyenneté, de participation civique, d’engagement social et surtout de respect.

Plusieurs centaines de personnes  de personnes ont participé à ce programme. Un seul regret : dans leur grande majorité, ils étaient musulmans.

La prochaine fois (cette activité de renouvelle à chaque période de relâche scolaire), sans doute, les organisateurs auront à cœur d’inviter, des représentants d’autres religions.

L’activité se déroule certes dans une mosquée. Mais cela n’empêche rien : les maisons de Dieu sont ouvertes à tous le monde; et comme un musulman peut accomplir ses prières dans une église ou une synagogue, rien n’interdit à un non-musulman d’entrer dans une mosquée. Il en d’ailleurs toujours été ainsi depuis les origines de la foi musulmane. Hors des heures de prières par ailleurs, la mosquée était aussi le forum ou se discutait et se débattait la chose commune et la chose publique.

Abdelghani Dades (Edito Atlas.Mtl 201 du 14 au 27 mars 2013)

 

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