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La documentariste Nadia Zouaoui honorée par le Congrès maghrébin du Québec

La journaliste et documentariste canadienne d’origine algérienne, Nadia Zouaoui, a été honorée dimanche par le Congrès maghrébin du Québec (CMQ) lors de son gala d’excellence tenu à Montréal.

L’hommage a été, par ailleurs, rendu à huit autres femmes québécoises d’origine maghrébine qui se sont distinguées dans la recherche académique, l’engagement social et politique, les médias ainsi que les arts.

Le comité de sélection a équilibré les lauréates entre les pays du Maghreb (Algérie, Maroc et Tunisie).  La distinction n’étant pas l’aboutissement d’un concours mais plutôt l’hommage au parcours de chacune des femmes, le CMQ a préféré honorer « toutes les femmes retenues dans chaque catégorie … en guise de reconnaissance et d’estime pour leur contribution au développement de notre Québec commun et pour leur témoigner de la fierté de la communauté maghrébine à leur égard», explique Monsef Derraji, président du CMQ – un organisme créé il y a trois ans et qui s’est donné pour mission, entre autres, d’être l’interlocuteur des Maghrébins auprès des autorités provinciales.

Deux autres algériennes ont reçu les honneurs du CMQ : la chanteuse Lynda Thalie et Nawal Bekhechi attachée politique de la mairesse du quartier multi-ethnique de Saint-Michel (Montréal).

La journaliste Nadia Zouaoui qui travaille, entre autres, pour la radio et la télévision de Radio Canada s’est fait connaître à travers un documentaire autobiographique, Le voyage de Nadia, où elle aborde la situation des femmes en Algérie. Plus récemment, elle s’est attaquée à la montée de l’islamophobie aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre avec son film Fear, anger and politics produit pour Aljazeera.

Profitant de la tribune du gala face à plusieurs femmes et hommes politiques québécois et canadiens, Nadia Zouaoui a affirmé que son film ne devrait pas être interdit aux Québécois comme semble être le cas actuellement – les chaînes de télévision locales ne sont pas intéressées par sa diffusion.  Elle a raconté comment un gérant de cinéma à Montréal qui voulait profiter de la vague du film islamophobe Innocence of muslims comptait le diffuser, croyant avoir à faire à un film du même acabit. Il l’a insultée en découvrant le sujet du film qui dénonce les injustices que subissent des musulmans américains  à cause des lois liberticides votées du temps de Georges W. Bush.  « Il faut aller au-delà du débat sur le hidjab. Il s’agit de droits humains avant tout », a-t-elle expliqué en recevant sa distinction.

Vivre-ensemble et diversité

Si sur twitter, le hashtag du gala était #galacmq, le vivre-ensemble a été le maître-mot de la soirée.  Le lien commun entre toutes les femmes distinguées est leur travail pour la promotion de la diversité au Québec et le vivre-ensemble – des concepts mis de l’avant par le CMQ dans ses objectifs.

Ainsi, que ce soit l’activiste  Sonia Djelidi (Tunisie), sa compatriote journaliste Sarra Guerchani ou Bochra Manai qui étudie, entre autres, le quartier Le petit Maghreb ou bien les marocaines Rachida Azdouz (spécialiste en relations interculturelles), Rabia Chaouchi (journaliste) et Samira Laouni (fondatrice d’un organisme communautaire); toutes oeuvrent pour l’ouverture de la communauté maghrebine vers la société d’accueil. « Nous sommes les missionnaires du  vivre-ensemble », a souligné Bouchra Manai pour résumer son travail qui ne peut être que de longue haleine.

Rachida Azdouz qui semble être rassurée sur l’avenir de la diversité au Québec a lancé un appel lucide pour la nécessité d’un combat pour la diversité…dans les pays du Maghreb eux-mêmes.

Samir Ben (El Watan)

 

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