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Heu…reux !

Pas une journée ne passe sans que nos médias rapportent quelque fait divers sanglant. Le souvenir douloureux de l’attentat du Métropolis aidant, on fini par souscrire à la thèse selon laquelle notre société jusque là pacifique serait en train de verser dans la violence et, à la longue, même lorsque, comme notre chroniqueur Radouane Bnou-Nouçaïr on est d’une placidité à toute épreuve, on fini par craindre pour notre sécurité physique.

Depuis quelques semaines, des informations récurrentes veulent que le Québec, comme le Canada d’ailleurs, seraient au bord de déficits budgétaires abyssaux; synonymes, quand on connait un tant soit peu la chose publique et sa gestion, de hausses inéluctables d’impôts et taxes. Et on fini par craindre autant pour nos portes monnaie que pour notre niveau de vie.

Au palier de gouvernement municipal, les déclarations faites devant la commission Charbonneau, même si hors la preuve de l’existence de collusion et de corruption qui vident nos poches ne restent pour l’heure que des «ouïe dire» n’impliquant pas forcément nos élus; mais cela pourrait bien changer et, pire! Remonter les échelons du pouvoir, jusqu’à Québec et Ottawa. Malgré ces réserves toutefois, nos convictions démocratiques marquent déjà une légère tendance à vaciller.

Au provincial,  de surcroît, un gouvernement minoritaire se comportant comme s’il détenait une majorité absolue, nous laisse craindre que nous pourrions retourner aux urnes bien plus rapidement que nous ne le pensions, et ceci n’a rien pour nous réjouir.

Enfin, au fédéral, les réformes entreprises ou annoncées, notamment en matière politique et en matière d’immigration inquiètent nombre de spécialistes qui craignent que le pays évolue contre nos désirs et besoins, dans au moins trois domaines fondamentaux : la politique étrangère, les Institutions et la démographie.

Triste portrait …

Triste portrait donc; Attristant et inquiétant aussi. Face auquel, autre facteur de pessimisme, ne se dresse que le spectacle d’un désolant de citoyens que la participation, par l’engagement civique et l’engagement politique, ne semble plus intéresser que de manière très accessoire.

Plus que du cynisme, c’est en effet l’indifférence qui semble désormais nous tenir lieu d’identité. Et ce n’est pas le timide frémissement observé lors de la consultation législative du mois de septembre écoulé qui viendra nous rassurer. Certes, le taux de participation au scrutin a-t-il atteint un niveau «satisfaisant»; mais le résultat n’a finalement traduit que l’indécision dans laquelle nous nous trouvons collectivement. Dans la conjoncture qui présidait à l’appel aux urnes, on se serait en effet attendu à un résultat sans équivoque. On a eu droit à un vote éclaté, à des choix fondés non sur une option prise sur le projet de société proposé par l’un ou l’autre des partis politiques en course, mais sur le rejet de tel ou tel candidat, sans doute en raison de facteurs subjectifs et strictement personnels.

«Pourvu que ça dure!»

Dans un tel paysage, le moral de la Nation devrait, logiquement, être au plus bas. Eh bien, détrompez-vous ! Nous sommes heureux, heureux tout plein; les Québécois tout particulièrement. Et si vous ne nous croyez, référez-vous à notre confrère anglophone The Globe and Mail, qui en attestait ainsi dans ses éditions du 6 octobre 2012 dernier :  «Selon un sondage effectué par le Centre d’étude des niveaux de vie, les habitants du Canada sont assez satisfaits de leur vie et les Québécois sont parmi les plus heureux au pays.                                      

En effet, 92 % des Canadiens interrogés par l’organisme sont satisfaits ou très satisfaits de leur vie. Selon les tranches d’âge, les adolescents sont les plus heureux.                                                        

Et de ce nombre, les Québécois sont parmi les plus satisfaits de leur sort. En effet, on retrouve les gens les plus heureux dans les villes québécoises de Québec, Gatineau, Trois-Rivières et Montréal. 

En février 2012, un sondage Gallup concluait que les Canadiens étaient parmi les personnes les plus heureuses au monde.» 92 %; ça fait une majorité écrasante; soyons démocrates, rallions-nous à la majorité et cessons de bouder notre bonheur; tant pis si plus rien ne nous fait rêver; peu importe si notre félicité nous empêche de penser (et aussi d’agir) pour que demain soit un plus beau jour. Et faisons cependant notre, devant notre moral édénique, cette réponse que Mme Bonaparte mère avait pris coutume de faire à tous ceux qui lui parlaient de la réussite de son fils Napoléon : «Pourvu que ça dure!».

Abdelghani Dades: (Edito Atlas.Mtl 191 du 11 au 24 octobre 2012)

 

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