Commentaires fermés sur Élections 2012. Dans le meilleur des mondes…

Élections 2012. Dans le meilleur des mondes…

Au moment où nous écrivions ces lignes, ce n’était pas encore formel; mais au moment où vus les lisez – à moins d’une immense et fort improbable surprise – nous sommes partis pour cinq semaines de la campagne pour les élections législatives Québécoises 2012.

En pareille conjoncture, dans le meilleur des mondes, la société appelée aux urnes se penche sur son passé proche et regarde son avenir; elle revisite son mode de gouvernance, examine des projets proposés par ses leaders politiques et leurs partis et consacre une partie de ses réflexions à lire entre les lignes de leurs discours pour, une fois franchie la ligne des isoloirs, choisir les député(e)s parmi lesquel(le)s seront désignés les ministres qui mèneront le pays vers le meilleur (ou le moins mauvais) des futurs possibles.

Ce débat de haute tenue, récompensé par le titre de Bon Citoyen ou à tout le moins de Citoyen Utile et la gratification d’avoir par le vote participé à l’accomplissement de la chose commune, se passe évidemment dans le meilleur des mondes; Car, dans la vie vraie, les choses sont autres. L’humanité étant ce qu’elle est, la politique s’est en grande partie revêtue des costumes du monde de la scène et nombre de politiciens ont par leur comportement souscrit à un genre de «star system» digne de «L’État spectacle» décrit il y a déjà un demi-siècle par Roger-Gérard Schwarzenberg.

C’est dans ce courant que réside l’explication de l’acharnement des partis politiques, lorsque sonne l’heure des consultations électorales, à aller chercher de «Candidats-vedette».

Candidats-vedette

Mais qu’est-ce donc qu’une «candidature-vedette»?

Dans le meilleur des mondes à notre sens, ce serait une personne ayant démontré une réelle compétence dans un domaine donné, connaissant les arcanes de la gestion de la chose publique, capable de prendre les bonnes décisions au bon moment. Mais ce profil, qui est celui d’un «manager» sans doute à même de répondre aux besoins de la fonction pour laquelle il est choisi et désigné,  correspond généralement à des personnes austères, au discours rationnel et donc ennuyeux, à des «anti-stars» en fait; Trop peu payant en terme de votes parce que sans ce panache qui est l’atout premier du candidat politicien…

Aussi, petit à petit, sans trop que l’on y prenne garde et avec la complicité active de l’électeur de base, on est parti dans une direction strictement contraire et, aujourd’hui, la candidature-vedette est devenue celle d’une personne qui a su défrayer la chronique et occupé l’espace médiatique le plus longtemps possible avant le déclenchement des élections. En application du vieil adage «parlez -bien ou parlez-en en mal; mais parlez-en toujours!», la «candidature-vedette» est ainsi devenue celle de la personne qui a su, aussi bien pour de bonnes que pour de mauvaises raisons nul n’en a cure, «tenir la Une» des media le plus longtemps possible. C’est ainsi qu’on a vu souvent des vedettes par exemple du sport ou du cinéma (y compris pornographique dans certains pays) devenir des candidats-vedettes en politique. Car, dans le «star-system», une performance classique ou une pantalonnade, peu importe le goût, pourvu que cela attire la foule…

Entre performance classique et pantalonnade

On peut rêver pour le Québec que son landerneau politique échappe à cette règle générale. Il n’en est hélas rien dans la mesure où nous sommes, rien de surprenant en la matière, dans la juste moyenne des peuples du monde et de la sociologie politique. À ce titre nos candidatures-vedettes n’ont rien à envier à celles proposées à nos congénères du reste du monde démocratique.

On a vu ainsi M. Bureau-Blouin faire son apparition sur la scène électorale. Mais cela ne nous dérange pas outre mesure; c’est même de bonne guerre. En revanche, une autre irruption nous met mal à l’aise. Il s’agit de celle d’une Mme Djemila Benhabib (ou Belhabib), d’origine Algérienne, immigrée en 1997 (ou 1998), fonctionnaire fédérale de son état, résidant en Outaouais, auteur d’un unique ouvrage-brûlot qui lui vaut la qualité d’écrivain (même si notre excellente consœur Rima El Kouri n’arrive pas à la considérer autrement que comme «l’idiote utile de l’islamophobie») et qui se présente dans Trois-Rivières sous les couleurs du Parti Québécois.

Qui est Mme Benhabib et comment s’est-elle fait connaître? Par un combat acharné contre l’Islam. Cause de son combat? Dans son pays d’origine elle a vécu des exactions motivées par son genre féminin. C’est vrai, nous compatissons, de telles choses ne devraient exister dans aucun pays du monde et nous consacrerons toujours toutes nos énergies pour des souffrances telles que celles qu’elle a pu vivre cessent d’exister. Mais de là à faire de ce triste parcours de vie; plus qu’une cause, une vendetta sans discernement; c’est comme si un collégien taxé dans la cours de son école se mettait à tirer à la kalachnikov dans la foule amassée les grands jours à l’aréna du Canadien!

Elle se présente de surcroît dans Trois-Rivières; Trois-Rivières, c’est aussi Hérouxville et son code de vie, ce qui nous ramène aux débats de triste mémoire par ce qu’ils ont révélé de tendances exclusives latentes chez les humains que nous sommes.

La conjonction de ces deux éléments exhale des relents nauséabonds; mis bout-à-bout ils génèrent un vrai malaise; on a le sentiment de fouiller dans les poubelles de la société ou de remuer une gadoue infestée de sangsues…

Quel est le message ?

Tout cela, succédant de peu à la dernière sortie de «Doc» Mailloux est-il incident?

On se le demande! Car le parti qui adoube Mme Benhabib ne peut pas être dans l’ignorance de tout ce contexte. Comme nous, ses stratèges ont vu le «radio trottoir» diffusé par Radio Canada après l’annonce de sa candidature et, s’ils ne le savaient déjà, auront compris qu’elle n’est pas et ne sera jamais la bienvenue dans le comté.

Et malgré tout, elle est candidate. Pourquoi? Telle est la question.

Pourquoi en effet un parti politique présenterait-il une candidature sachant que les électeurs ne veulent pas du ou de la candidat(e)?

La réponse qui vient en premier à l’esprit est que ce parti a adopté une position «stratégique» signifiant que «Nous sommes tellement forts que nous pouvons faire élire n’importe qui, n’importe où»; ce qui traduirait sans doute un réel mépris et pour les partis adverses et – plus grave encore – pour les électeurs et les citoyens.

La seconde réponse possible est que ce parti  envoie ainsi un message qu’il considère plus important que le ou la candidat(e), plus important qu’un siège de plus sous la coupole de l’Assemblée Nationale.

Le Parti Québécois sachant que le mépris est d’un coût fort élevé en politique, se situe dès lors fort probablement dans le second cas de figure.

Mais alors quel est le message implicite?

En l’absence (et dans l’attente d’une réponse claire et précise), il sera sans doute utile de dire que si je ne voterais certainement pas pour Mme Benhabib , il se pourrait que le parti qui la met en ligne puisse en souffrir aussi; ce qui serait bien dommage car ils compte dans ses rangs, aussi, de bonnes personnes capables de devenir de bons commis de l’État.

Cet impression n’est d’ailleurs pas si personnelle qu’il peut y paraître; elle risque même fort d’être partagée par quelques dizaines de milliers de Québécois, installés au pays entre 1995 et 2005, devenus citoyens depuis, revendiquant droits et devoirs (assez pour peser sur le résultat de la consultation dans les cinq ou six comtés dans lesquels ils sont concentrés) et qui verraient, assurément la démarche péquiste dans Trois-Rivières comme un acte d’exclusion et de stigmatisation, comme la preuve qu’au regard du parti le «vote des étrangers» demeure, depuis 1994, forcément un vote hostile.

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