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Géraldine LE CHÊNE: Je me considère comme Africaine et fière de l’être

Géraldine LE CHÊNE

Née de mère togolaise et de père breton, Géraldine a eu un destin tout tracé durant son enfance à apprécier les couleurs africaines et s’imprégner de rythmes traditionnels dans le sillage de son papa M. Gérard Le Chêne, le fondateur du festival « Vues d’Afrique » en 1983.

Aujourd’hui, placée à la direction de cet événement, Géraldine insiste et signe son héritage d’enfant d’Afrique en nous déclarant:

«  Je me considère comme Africaine et fière de l’être »

Serge LERUS : Ou en est-on dans cette dernière ligne droite pour la 28eme édition de Vues d’Afrique?

Géraldine LE CHÊNE : On y est, pour le 28ième anniversaire, on a choisi d’être au Excentris, un lieu privilégié pour le cinéma, dans lequel on a transformé deux salles, la salle radio-canada et la salle opus en un lieu privilégié pour les festivaliers du 27 avril au 6 mai, cependant la soirée d’ouverture se fait au cinéma l’Impérial avec le film 30° couleur de Lucien Jean-Baptiste et Philippe LARUE qui donne un avant goût coloré de la Martinique d’aujourd’hui qui évolue elle aussi. Il est clair que nous sommes loin de nos premières expériences parce que nous avons évolué, nous avons bâti avec le public et l’équipe, une synergie qui donne envie de participer encore plus aux festivals du cinéma. Nous sommes heureux de présenter en compétition internationale, certains films qui n’ont pas été présentés ailleurs. Vous savez, Serge, On présente des films qui ont moins de deux ans d’âge qui prônent la francophonie et dans lequel les films sont en compétitions et n’ont pas été montré en Amérique du Nord. C’est une occasion unique et en or, une richesse que nous avons, que nous devons chérir et partager en étant présent sur les lieux du festival. Et j’invite tout le monde à venir au www.vuesdafrique.org pour aller chercher les informations et venir sur les lieux pour montrer justement que le cinéma africain et créole évolue bien et  aussi qu’on n’a pas besoin d’être africain ou créole pour aimer ce cinéma.

Un film très attendu parmi tant d’autres, Toussaint LOUVERTURE, est un choix spécifique?

Géraldine LE CHÊNE :  Oui, très spécifique. On a suivi l’histoire du film de Toussaint Louverture depuis quelques années déjà, cela fait à peu près quatre ans que ce film devait être réalisé, le grand réalisateur Haïtien Raoul PECK  est la dernière personne qui a voulu le monter et il a eu tellement de quiproquos de correction par rapport à la réalité de Toussaint Louverture que c’est finalement grâce à la productrice France Zobda qu’il y a eu une bonne conclusion.. On est très fière que France l’ai fait car elle est bien connu ici comme l’artiste qui interpréta la femme médecin aux yeux vairons, pleine de talent et d’intelligence, qui présente ce film au festival du cinéma Vues d’Afrique, et on en est fière puisque la communauté haïtienne qui est chère à notre cœur est aussi présente sur le festival et va pouvoir juger le film qui est en deux parties. C’est un 2 X 90 minutes qui est présenté.

Que souhaitez-vous à ce festival avec qui vous avez grandi et évolué et que vous dirigez aujourd’hui?

Géraldine LE CHÊNE: Je lui souhaite énormément de bonheur, j’ai commencé en tant que bénévole moi même et j’ai grandi avec Vues d’Afrique et après les communications, être maintenant directrice depuis deux ans, cela me fait chaud au cœur. Sincèrement, je ne m’y attendais pas, je n’ai pas donné de mon temps et de mon énergie pour être directrice générale,  je me suis toujours donné corps et âme pour que notre évolution, notre compréhension, notre appréhension en tant que communauté èthno-culturelle  puisse être appréciée et comprise.

J’ai toujours donné le meilleur de moi-même pour que Vues d’Afrique grandisse, mon rêve et mon souhait, c’est qu’au trentième anniversaire nous puissions avoir pignon sur rue.

J’attends que le public nous appuie et sois présent, qu’il puisse participer pleinement et s’enrichir en rencontrant les réalisateurs, en visionnant les films. Qu’il puisse comprendre les réalités que nous vivons en Afrique et dans les pays créoles ou de par le monde. Parce qu’un film japonais peut être présenté sur l’Afrique, sur le continent ou un pays créole. Il faut participer et diffuser l’information parce que le cinéma Africain et créole est un jeune cinéma, mais qui mérite autant d’appuis qu’un quelconque cinéma et qu’au contraire on vivait des moments magiques, féériques pour vous émerveiller et en émerveiller d’autres.

Vous êtes de celles qui revendiquez votre africanisme.

Géraldine LE CHÊNE: Je me considère africaine et je suis très fières de l’être, je me sens aussi très créole parce que plus de 60% de mes amis sont des créoles. Mais quelqu’en soit je suis très fière d’être africaine parce que ma mère, ma grand-mère, mon père, mes parents en général ainsi que mes frères et sœurs m’ont appris toute la richesse de ce que nous sommes. Je suis fière de mes origines, je parle la langue même si je n’ai pas vécu  longtemps là-bas mais en retournant chaque année, j’ai voulu m’intégrer, apprendre, partager, me sentir à l’aise. Et je me sens très à l’aise, c’est chez moi et quel qu’en soit le sens, ici aussi ça l’est. D’ailleurs, je pense que nos origines nous suivent toujours de près ou de loin, selon ce que l’on décide de faire de nos vies. Pour moi c’est de très près. Je suis tellement fière que j’ai voulu avoir mon fils en Afrique. C’est ce que j’ai fait et il est né à Lomé comme moi. Ce que je peux dire, c’est que cette fierté rejailli dans mon travail, rejailli dans chaque partage que j’ai avec chaque être et quelque soient les origines, nous devons être fiers de ce que nous sommes.

 Ils ont dit:

Je ne peux que souligner l’excellent travail accompli… Cette belle synergie a permis de faire du festival international Vues d’Afrique, un des moments forts de la saison culturelle montréalaise. C’est une des plus importantes manifestations du genre hors du continent africain… année après année, l’œuvre culturelle Montréalaise s’enrichit de l’apport de créateurs et artistes venus des quatre coins du monde… C’est la raison pour laquelle, le gouvernement accorde une importance  au soutien de nos artistes à travers divers projets dont celui de favoriser l’intégration des artistes issues de la diversité ethnoculturelle.

Le gouvernement a choisi de faire de l’immigration, le levier de son développement et nous nous donnons le moyen d’assurer la réalisation de ce projet de société. Et c’est le titre de notre campagne 2012: « toutes nos origines enrichissent le Québec » que je vous invite à visionner sur le site. Il ne fait aucun doute que Vues d’Afrique s’inscrit dans cette vision et que son succès saura contribuer encore longtemps à enrichir la conversation que les Québécois et les Québécoises de toutes origines souhaitent maintenir entre eux.

Je souhaite un bon succès à ce festival.

 Kathleen Weil, Ministre de l’Immigration et des Communautés Culturelles(Québec)

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Je suis fière d’être membre du jury cette année pour la section Fiction.

J’avais déjà été membre du jury il y a quinze ans, en même temps que Marina Orsini et j’avais été parrain pour la 25ième édition. Donc je reviens, et je dis que: quand vues d’Afrique vous appelle, il faut y aller, parce que c’est tellement un beau festival.

Cette année le festival démarre avec un film d’ouverture incommensurablement bon, ça part sur les chapeaux de roue, on est dans la comédie, dans toutes les gammes d’émotions et ce sont des choses qu’on a tous vécu. Le sujet traite de la diaspora. Un homme bien nanti qui revient dans son pays natal, en l’occurrence la Martinique, et se trouve confronté aux réalités et débats culturelles de son pays, c’est drôle, c’est triste, les images sont belles, le scénario est bien ficelé, alors Bravo!!!

Angelo CADET, acteur-animateur-professeur

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J’ai beaucoup aimé ce film qui est évidemment très sceptique, très coloré, très haut en couleur avec des musiques de carnaval que j’adore, des ti-punchs du matin. Vraiment ca nous met dans le bain.

Ce « blanc-noir » ou ce « noir-blanc » va prendre une leçon de vie. Je trouve que c’est bien venue, que les femmes ont un bon rôle aussi, tout ça c’est bien équilibré, même les enfants vont aimer ce film, il y a la petite fille, le petit garçon, c’est un film qui touche  la famille.

Je souhaite que ce film ait une large distribution et que ce soit à la télévision ou dans la série des festivals. Je pense qu’il mériterait d’être un peu partout, parce que ce qui touche la famille et les liens affectifs que ca se passe en Martinique, en Guadeloupe, Tunisie ou au Québec, c’est aussi ce qui le reflet de ce qui touche tout le monde à travers le monde.

Cette 28eme édition est amenée à s’étendre à travers le monde, je ne me restreins pas au monde noir, je vois l’international au delà de la couleur.

Francine GRIMALDI, Chroniqueuse à Radio-Canada

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Je suis fière d’avoir eu l’honneur d’interpréter deux chansons lors de cette fabuleuse soirée de lancement  de la 28ème édition du festival Vues d’Afrique. Une soirée magnifique, il y avait de la danse, de la percussion, une parade de mode et projection d’un très beau film. On a voyagé, on a pleuré, on a ri, c’était vraiment une très belle soirée et on a terminé le tout avec un bon repas. C’est la joie au cinéma Impériale.

Joyce Vibe, Chanteuse

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Pour ma première participation, ce fut tout simplement formidable.

L’ambiance, les chorégraphies et les mises en scène ont été si bien agencées que les heures passées dans cet espace ne furent que du bonheur. J’espère en profiter au maximum… Bravo !

Chantale Nelson, Miss Europe de culturisme.

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Vues d’Afrique existe depuis 28 ans maintenant, je pense que c’est un festival qui est nécessaire puisqu’il permet de mettre en lumière et en valeur toutes les diasporas, surtout la diaspora africaine et créole. Je pense que nous en avons besoin dans ce monde ou nous sommes si peut existant et quelque soit les raisons pour lesquelles Vues d’Afrique a existé depuis ces quelques années, il faut que ça continue parce que nous avons besoin, à travers nos films, à travers les gens qui viennent, les comédiens, les réalisateurs, les producteurs, d’exister et de nous rassembler. C’est un endroit qui rassemble dans une capitale qui est si éclectique, si ouvert à la diversité et aux diasporas.

France ZOBDA, Actrice-Productrice  

 Source: Serge LERUS
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