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Maroc : tous sous la couverture (maladie)

C’est une première au Maghreb : désormais, tous les citoyens marocains bénéficieront de l’assurance maladie. Plus de 8 millions de personnes, dont 4 millions de très pauvres, sont concernées.

Le 13 mars, à Casablanca, le roi Mohammed VI a donné le coup d’envoi d’une réforme d’ampleur dont il est personnellement à l’origine et qu’il suit avec attention depuis dix ans : la généralisation du Régime d’assistance médicale (Ramed), une première au Maghreb et la promesse d’une ère nouvelle pour le secteur de la santé marocain.

Au-delà des fonctionnaires et des salariés du privé, la couverture maladie est désormais étendue à tous les citoyens du royaume. Une décision qui permettra d’assurer les 28 % de la population démunie non éligible au régime de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), soit 8,5 millions de personnes. Avant tout des paysans, des artisans, des petits commerçants et tous les Marocains vivant du secteur informel. « Le Ramed concrétise des dispositions de la nouvelle Constitution, adoptée le 1er juillet », souligne El Hossein El Ouardi, le ministre de la Santé.

Dans le détail, 4 millions de personnes en situation d’extrême pauvreté bénéficieront de la gratuité totale des soins. Dans les villes, sont concernés les Marocains gagnant moins de 3 767 dirhams (338 euros) par an. Les 4,5 millions de personnes en « situation de vulnérabilité » – dont le revenu annuel est compris entre 3 767 et 5 650 dirhams – devront, elles, s’acquitter d’une cotisation annuelle de 120 dirhams, plafonnée à 600 dirhams par famille.

Un budget de 2,7 milliards de dirhams

Le distinguo est nettement plus subtil entre « situation de vulnérabilité » et « pauvreté absolue » en milieu rural, où sont pris en compte des critères tels que l’exploitation de terrains agricoles, la possession de cheptel, de matériel agricole, etc. La réforme concerne également 160 000 prisonniers, orphelins et sans domicile fixe. Ce nouveau régime, applicable dans toutes les structures de santé publiques, couvre le même éventail de soins que celui de l’AMO. Pour l’accompagner financièrement, un budget de 2,7 milliards de dirhams a été débloqué.

Un grand pas en avant qui pourrait bien faire des émules. Une mesure similaire est en effet à l’étude en Tunisie. « Il y a un consensus politique sur le projet, mais il reste à étudier le schéma de financement », a ainsi indiqué Khalil Ezzaouia, le ministre des Affaires sociales, le 7 mars, lors d’un colloque parisien sur l’éradication de la pauvreté. Sa mise en oeuvre pourrait intervenir d’ici à deux ans.

En Algérie, en revanche, « la question ne se pose pas en ces termes, souligne Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique. Tout malade peut être pris en charge dans une structure publique moyennant une contribution symbolique. Les non-salariés peuvent recourir à l’action sociale ». La véritable urgence, selon lui, c’est le passage à la contractualisation entre la Sécurité sociale et les hôpitaux, qui devrait permettre de maîtriser les coûts et les dépenses de santé, et assurer un meilleur accès aux soins aux assurés sociaux comme aux plus démunis.

Par Fanny Rey, Jeune Afrique

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