Commentaires fermés sur Sondage Maghreb-Canada Express sur les perceptions et attentes des marocains expatriés. Des chiffres, des analyses et des questions…

Sondage Maghreb-Canada Express sur les perceptions et attentes des marocains expatriés. Des chiffres, des analyses et des questions…

Devant la rareté de la littérature, journalistique et universitaire, consacrée au segment marocain de la population canadienne, on ne peut que saluer l’initiative de notre confrère Dr Abderrahmane El Fouladi et de la publication qu’il dirige, Maghreb-Canada Express.

L’initiative à consisté à interroger  un certain nombre de maroco-canadiens sur leurs rapports à leur double appartenance et notamment sur leurs attentes vis-à-vis de leur pays d’origine, au moment même où ce dernier se pose les mêmes questions.

M. El Fouladi, et cela est à son honneur, tient à souligner qu’«Il serait prétentieux de dire que ce sondage maison a répondu à toutes les questions concernant la majorité silencieuse parmi les MRE. Nous n’avons ni les moyens financiers ni ceux humains des acteurs en face pour en renforcer la crédibilité.». Il précise également que «ce sondage a été traité, par les Marocains résidant à l’étranger (MRE) avec la même « tiédeur » qui fut réservée par les marocains de l’intérieur aux dernières élections législatives. En effet sur un échantillon d’environ 1300 personnes, seuls 33% ont ouvert et lu le sondage. Et sur ce dernier nombre, 49.8% ont daigné y répondre!»

Cela toutefois n’enlève rien, à notre sens, à la qualité des informations recueillies, bien de nature à servir une meilleure connaissance  de la réalité et du vécu des maroco-canadiens.

L’ouvrage est d’autant plus louable que, sur les 20 000 marocains qui continuent d’émigrer légalement chaque année, environ 5000 s’installent au Canada et que ce segment de population s’enrichit chaque année de 3000 à 3500 naissances. Au bout du compte, les maroco-canadiens  ont largement dépassé le seuil critique démographique qui devraient leur permettre de peser aussi bien sur la vie de la société d’accueil que sur celle de la société d’origine. Mais presque à l’insu des politiciens en charge, sur les deux rives de l’Atlantique, de leur sort et de leur devenir. Ce qui amène une première remarque de l’auteur  : «T out d’abord, il serait pertinent de souligner que Réaction à chaud : Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, les intervenants politiques ont du pain sur la planche pour arriver à redonner confiance à la majorité silencieuse dans la chose politique. Car comme à l’intérieur du pays, où seuls les états major des partis politiques semblent s’intéresser à la politique, seuls les acteurs associatifs semblent bouger sur scène devant une majorité silencieuse qui regarde ailleurs.»

Engagement associatif

« Êtes-vous membre d’une association ?» était la première question du sondage. «44% ont répondu affirmativement alors que 56% ont répondu Non. Or ceux et celles qui travaillent sur le terrain savent pertinemment que rares sont les associations qui sont capables d’aligner deux zéros après un chiffre pour exprimer le nombre de leurs adhérents.»

Ceux qui ont répondu «Oui», affirme que leur engagement est motivé par 3 grandes raisons :

  • consolider les liens avec le pays d’origine;
  • créer un lobby en terre d’accueil;
  • pouvoir « réseauter».

Ces trois raisons suffisent à démontrer un réel souci de participation à la vie civique dans la double appartenance; un souci toutefois contrecarré par de multiple raisons de se défier de l»’action associative et notamment :

  • le fait que «les associations servent les intérêts de quelques individus» ;
  • que les associations «gênent l’intégration dans le pays d’accueil» ;
  • que les associations «sont instrumentalisées par les pays d’origine» ;

Raisons auxquelles s’ajoutent d’autres motifs de défiance tels  «Le manque de démocratie : Les Conseil d’administration est quasiment permanent» ; «L’incapacité des associations de pouvoir s’organiser en vue de constituer une force capable de peser sur les décisions autant dans le pays de résidence que dans le pays d’origine» ; «Pas d’association pour Tamazight»; « Manque d’information sur les actions entreprise ou à entreprendre et manque de crédibilité» ou encore «Manque de temps».

Les attentes de la communauté

Si l’adhésion aux associations, ou leur boycott semble diviser les maroco-canadien, les questions portant sur les attentes et sur la représentation de communauté  font une quasi unanimité. Ainsi,  un grand nombre de répondant estime que les instances concernées par l’émigration au Maroc devraient

  • travailler en partenariat avec la diaspora dans l’intérêt d’abord de celle-ci, et ce, avant l’intérêt du pays d’origine ;
  • aider à l’organisation de la communauté marocaine sur le terrain ;
  • contribuer à la diffusion de la culture marocaine à l’étranger, encourager et soutenir des acteurs dans ce domaine ;
  • faciliter l’implication des MRE dans la gestion des grands dossiers nationaux ;
  • Conseiller les autorités marocaines (médiation) sans se substituer aux associations qui font un travail de base et qui sont en relation permanente avec les MRE dans le pays d’accueil
  • Développer/Renforcer le sentiment d’appartenance des MRE au Maroc, faciliter leur participation (économique, sociale et politique) dans le développement du pays (Maroc).
  • Accompagner les MRE dans leur parcours migratoire aussi bien économiquement que socialement
  • Organiser les associations déjà existantes qui sont en contact direct avec la communauté et travailler en collaboration avec elles.

La question de la représentation de la communauté 

Voici les réponses obtenues :

  • 42% des répondants estiment que le CCME, avec une nouvelle mission et des membres élus démocratiquement, pourrait mieux les représenter au Maroc ;
  • 27% estiment qu’au contraire, il leur faut des députés au parlement;
  • 15% estiment que les associations confédérées pourraient mieux les représenter ;
  • 11% estiment que les MRE n’ont absolument pas besoin de représentation au Maroc ;
  • 5% estiment que le CCME tel qu’il est actuellement pourrait représenter leurs intérêts au Maroc.

En conclusion…

De ces différentes réponses, Abderrahman El Fouladi tire, non sans humour, la conclusion que «Les associations MRE font du bon travail et leurs dirigeants sont animés par de bonnes intentions. De leur côté, les dirigeants de notre pays nous aiment énormément. Mais on ne saurait élaborer de politiques juste d’amour et de bonnes intentions fraîches !».

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