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La Tunisie veut relancer l’Union du Maghreb

Moncef Marzouki (à gauche) et Mohammed VI, mercredi, à Rabat. Crédits photo : Azzouz Boukallouch/AP

Les changements régionaux pourraient favoriser la création d’un espace de libre circulation.

Moncef Marzouki part à la conquête du Maghreb. Le président tunisien est en tournée en Afrique du Nord pour relancer l’Union du Maghreb arabe (UMA), une structure en panne depuis dix-huit ans, victime des incompréhensions entre l’Algérie et le Maroc. Élu en décembre à la présidence tunisienne, l’idéaliste Moncef Marzouki rêve d’un espace de libre circulation inspiré du modèle de l’Union européenne permettant à ses ressortissants d’investir, de résider et de devenir propriétaire dans la contrée de leur choix.

Ancien opposant à Ben Ali, il plaide pour un «Maghreb des libertés». «Nous souhaitons qu’un sommet maghrébin se tienne cette année. Si on parvient à le mettre en œuvre, l’Union du Maghreb arabe (1) sera déjà sur les rails», a-t-il expliqué mercredi soir à Rabat. Sa méthode pour y parvenir: contourner les obstacles. Il considère ainsi qu’il est anachronique de faire du règlement de la question du Sahara occidental, le plus vieux conflit de la décolonisation, un préalable à l’ouverture d’un dialogue.

Rivalités maroco-algériennes

Le président tunisien s’est d’abord rendu au Maroc. Un pays où son père, un adversaire historique de Bourguiba, s’était réfugié. Mercredi, il a été reçu parMohammed VI. Il a également rencontré Abdelillah Benkirane, le nouveau chef du nouveau gouvernement dominé comme en Tunisie par des islamistes. Les Marocains semblent partisans d’un dégel des relations avec leur riche et ombrageux voisin algérien mais n’ont pas l’intention de bouger d’un iota sur le dossier du Sahara occidental qu’ils considèrent comme une province du régime chérifien.

À la faveur de l’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (PJD), une politique de rapprochement à petits pas s’est mise en place. Le roi du Maroc avait souhaité, il y a quelques mois, la création d’un «nouvel ordre maghrébin qui tienne compte des changements intervenus en Libye et en Tunisie». Et pour la première fois depuis 2003, un chef de la diplomatie marocaine, Saad Eddine Othmani, s’est rendu à Alger pour s’entretenir avec Abdelaziz Bouteflika. La visite effectuée en janvier n’a pas eu d’effet immédiat.

Plus de 50.000 réfugiés sahraouis sur le sol algérien

Les Marocains ont plutôt intérêt pour des raisons économiques et commerciales à renouer les fils du dialogue. Ce n’est pas le cas de l’Algérie. Son soutien au Front Polisario lui est financièrement peu coûteux. Le camp de Tindouf qui abrite depuis 1975 plus de 50.000 réfugiés sahraouis sur le sol algérien est pris en charge par des organisations humanitaires internationales. Si elle ne mobilise pas l’opinion publique algérienne, la cause sahraouie est en revanche un fonds de commerce des nationalistes du FLN et surtout des militaires qui pèsent toujours de tout leur poids sur le fonctionnement de l’appareil sécuritaire.

Moncef Marzouki est attendu à Alger en fin de semaine après un détour par la Mauritanie. Son rendez-vous au palais présidentiel d’el-Mouradia devrait lui permettre de savoir si son projet de grand Maghreb relève de la chimère ou s’il a une chance d’aboutir.

(1) Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie

Thierry Oberlé, le figaro.fr

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