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«Passer à autre chose»

Il y a un mois, on nous abreuvait de nouvelles sur une fin du monde imminente. Depuis une quinzaine de jours, c’est une éruption solaire d’une rare intensité qui menace notre existence. La terre en a pourtant vu d’autres et l’Humanité aussi. Mais le genre littéraire« fiction et frayeur» à la peau dure. Il est remarquable de récurrence et de résilience. Il se manifeste, c’est à relever, avec d’autant plus de force que notre quotidien devient triste ou lassant. Dans la politique, comme dans le sport, par les temps qui courent, nous avons d’ailleurs toutes les raisons d’être lassé et par conséquent d’accepter toutes les balivernes que l’on veut bien nous conter ;  l’adrénaline restant notre dérivatif préféré, allons-y pour la fin du monde, pour la colère de l’astre qui brille trop…

Ne serait-il cependant pas grand temps – paraphrasons Pauline Marois – de «passer à autre chose»; plus exactement de revenir à ce qui devrait vraiment nous effrayer et nous faire craindre pour notre avenir.

La menace sur nos pensions de retraite qui pointe du côté d’Ottawa ou les dérives de la classe politique au Québec qui nous promettent des lendemains de mal gouvernance périlleux; entre autres exemples; devraient sans doute retenir notre attention au moins autant que la colère du Soleil ou les défaites à répétition du Canadien.

Paradis artificiels

Mais avons-nous vraiment envie de nous  intéresser à de si triviales questions? En d’autres termes, notre sens de la citoyenneté est-il encore assez aiguisé pour nous faire préférer les vrais problèmes de notre société à cette délectation morbide qui nous pousse à nous réfugier dans le fantastique et le merveilleux, surtout s’il est bien effrayant et provocateur de frissons et de sur-sécrétion d’adrénaline et autres endomorphines?

Ces drôles de paradis artificiels sont certainement plus confortables que notre quotidien, toutes versions du métro-boulot-dodo confondues. Mais le réveil n’en sera que plus dur.

Et alors, nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-mêmes; Il ya en effet un prix à payer pour notre indifférence envers la chose publique et l’intérêt collectif.

Retour au réel

Il serait assurément plus que temps de revenir au réel; si gris et si ennuyeux soit-il. L’occasion, irremplaçable, devrait  – si l’on en croit les analystes de tous crins – nous en être bientôt offerte puisque au Québec, nous serions appelés aux urnes au plus tard à l’automne prochain.

Nous pourrions alors passer un véritable contrat avec ceux que nous allons élire, en leur donnant pour obligation contractuelle de faire ce qui est vraiment nécessaire pour assurer notre mieux vivre, dans une société qui est en reconstruction et  dont les fondamentaux sont à redéfinir.

Et ce réveil s’appelle Engagement. Il s’appelle participation. Il s’appelle citoyenneté. Il participe d’une évolution que nous devons maitriser et que nous ne devons en aucun cas laisser nous asservir.

Abdelghani Dades (Edito Atlas.Mtl numéro 173 du 2 au 15 février  2012)

 

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