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Mafia politico-financière: La Tunisie tient à l’extradition de Trabelsi

Le nouveau chef de l’État tunisien, Moncef Marzouki.

Tunis – Un an après la chute du régime de Ben Ali, le nouveau chef de l’État tunisien, Moncef Marzouki, a lancé un appel solennel au Canada en vue d’obtenir l’extradition immédiate de Belhassen Trabelsi, «un des piliers de la dictature et de la corruption» de l’ancien système, qui s’est réfugié à Montréal.

Farouche opposant à Ben Ali, le neurologue et écrivain séculariste Moncef Marzouki, 66 ans, a été désigné au poste de président, le mois dernier. «Je renouvelle mon appel aux autorités canadiennes pour nous aider à récupérer cet homme pour qu’il soit jugé. Nous espérons récupérer aussi l’argent que les malfrats nous ont volé», a lancé le président de la République à son bureau du palais de Carthage, en banlieue de Tunis lors d’une entrevue plus tôt cette semaine.

Ce dernier a promis à Ottawa qu’un éventuel procès Trabelsi serait «équitable». «Il est temps que nos amis occidentaux reconsidèrent un peu leur façon de voir nos pays, qu’ils traitent avec nous d’égal à égal et qu’ils acceptent de nous envoyer nos criminels et notre argent», a-t-il ajouté.

Interrogé à savoir s’il était choqué par la lenteur des procédures judiciaires canadiennes, Moncef Marzouki a répondu par l’affirmative. «J’espère que nos amis canadiens vont accepter notre point de vue, a-t-il souhaité. Garder de l’argent volé à notre peuple, alors que nous sommes dans des difficultés énormes, ce n’est pas du tout ce que souhaiteraient les Québécois.»

Le parrain

Beau-frère de l’ex-président Ben Ali, Belhassen Trabelsi est souvent décrit comme le parrain de la mafia politico-financière aux commandes de la Tunisie, au cours des vingt dernières années.

Trabelsi a atterri à Montréal le 20 janvier 2011, à peine six jours après la fuite de Ben Ali vers l’Arabie saoudite. Même si la Tunisie a rapidement exigé son extradition, Belhassen Trabelsi a pu demeurer au Canada, puisqu’il a déposé, entre temps, une demande de statut de réfugié.

En septembre, il a été condamné par contumace par un tribunal tunisien, à 15 ans et deux mois de prison dans des affaires bancaires et douanières. Le mois dernier, il a écopé d’une peine de prison de 21 mois dans une autre affaire de détention illicite de pièces archéologiques.

La fortune que détient Trabelsi au Canada est sommairement évaluée à 10 millions de dollars. Récemment, l’étau a semblé se resserrer sur lui, lorsque la GRC a effectué une perquisition dans les bureaux westmountais de l’avocat Donald Kattan. Ce dernier est soupçonné d’avoir administré les avoirs de Trabelsi, malgré l’existence d’une loi fédérale ordonnant le blocage des biens de dirigeants étrangers corrompus.

Outre Belhassen Trabelsi, le gendre de Ben Ali, Sakhr Materi, possède une luxueuse maison – sa valeur était de 2,5 millions $ en 2008 – à Westmount, située à 2,5 kilomètres de la résidence du premier ministre Jean Charest. La Ville de Westmount a récemment songé à mettre cette demeure aux enchères pour pouvoir se faire rembourser des factures impayées. La Ville a cependant rapidement renoncé à cette procédure en découvrant l’existence de la loi citée plus haut.

Taïeb Moalla / Agence QMI

 

Rubriques : Actualités, Dossiers, Société
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