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Toutes choses étant égales par ailleurs….

Plus que tout autre pays de la région Maghreb-Moyen Orient, le Maroc change; le Maroc a changé. Au prix d’une accélération de l’histoire dont les prémisses étaient décelables depuis le milieu des années 80 du siècle dernier, palpables depuis la fin des années 90, concrets depuis une décennie maintenant et institutionnels depuis quelques semaines à travers une Constitution innovante et ouverte sans réserves sur l’avenir.
De cette nouvelle Loi fondamentale il ressort en effet, clairement, que le Marocain passe de l’état de sujet à celui de citoyen. Il devient acteur de plein droit du devenir de son pays; il peut – par divers moyens et plus seulement par la participation aux consultations électorales – participer de toute décision et infléchir toute politique le concernant.
Mais ce droit, sacré, à un prix. Ce prix public, contrepartie naturelle des droits acquis, s’appelle obligations citoyennes.
La première de ces obligations consiste à renoncer à la facilité de s’en remettre en toutes choses à l’État, d’accuser les «Ils» de tout ce qui va mal, de renoncer – définitivement- à l’État providence…

Une citoyenneté en débat

Tout cela est-il bien compris aujourd’hui et par tous ? À voir les remous qui agitent le pays, peut-être pas tout à fait. On n’en finit ainsi plus de manifester dans les rues et tout est prétexte à exprimer publiquement rancœurs et frustrations.
Dans ce paysage, évidemment, prennent place diverses expressions politiques. Les professionnels de l’«agit-prop», survivance extrêmement minoritaire d’un autre temps, adeptes avançant masqués d’un régime d’une nature autre que celui auquel l’écrasante majorité des Marocains est viscéralement attachée; sont du nombre; du nombre également, des islamistes chez lesquels l’onirisme du leader tient lieu d’idéologie. Et tout ce beau monde qui n’en peut mais !, rêve d’un Maroc ou le pouvoir de la rue se substituerait au pouvoir de la Loi et des urnes, leur ouvrant la voie du pouvoir, leur pouvoir, un pouvoir dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne ferait sans doute aucune place à la démocratie et à la liberté. Mais ceux-là finiront comme ceux dont ils s’inspirent, dans les poubelles de l’histoire.
Les autres, tous les autres manifestants, hé ! bien, disons qu’ils sont en train de parfaire une éducation citoyenne consistant à savoir exprimer les contradictions, inévitables dans une société, mais aussi à apprendre à les dépasser sans violence.
S’il y a quelques échanges musclés, on peut certes en être choqué; mais les plus jeunes d’entre nous ne savent sans doute pas que ces épiphénomènes sont sans commune mesure avec ce que le Maroc a connu lors des premières élections de l’après Indépendance, des élections municipales, – de même avec les premières consultations législatives, mais déjà moindrement – et des batailles rangées en partisans de différents bords. Il y a donc déjà un «mieux» même dans l’excès…

Ceux qui font bouger les lignes

Ceux qui feront bouger les lignes, définitivement, ce sont ceux parmi les Marocaines et les Marocains qui sont déjà en mode débat et en mode citoyenneté assumée. Et ils existent; en nombre. C’est sans doute par eux que le changement est advenu, c’est à travers eux qu’il trouvera sa juste mesure. Ils sont, heureusement, plus nombreux qu’on pourrait le croire. Ils vivent au Maroc bien sûr mais aussi hors du pays d’origine. Ces derniers nous intéressent tout particulièrement. Ils sont plus proches de nous et nous partageons avec eux une citoyenneté qui passe par-dessus les frontières et le temps. Comme nous, ils pensent en termes de mobilité, d’intérêts citoyens communs à deux pays à la fois, ils sont engagés dans leur(s) communauté(s) etc.
En ce sens, leurs parcours de vie devraient nous intéresser tous, car chacun à un enseignement à délivrer et la somme de ces enseignements donnera un sens et une signification utiles à cette citoyenneté à laquelle nous aspirons tous.
Pour toutes ces raisons, dès notre prochain numéro, nous leur consacrerons la rubrique «Parcours» qui fera ainsi, de belle manière, son retour dans nos colonnes. Notre premier invité sera M’hamed Bennani Karim, venu faire ses études universitaires à Montréal il décrochera un premier diplôme tout sauf académique puisqu’il est qu’il devenu millionnaire (en dollars) à dix huit ans. Depuis lors, ce maroco-canadien pleinement assumé, n’a eu de cesse d’agir, pour lui et pour les autres, ici et là-bas, toujours avec un égal succès; et il a encore, des projets des rêves et des espoirs à partager, avec une générosité qui ne l’a jamais quitté.

Abdelghani Dades

Edito 161 du 4 août 2011
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