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Sous l’empire de la nouvelle Constitution marocaine La pluralité culturelle reconnue

Même si le Maroc est perçu habituellement comme un État arabe et islamique, dans la réalité, il est profondément marqué par une pluralité incontestable dans les domaines ethniques, linguistiques, culturels et confessionnels. De façon telle qu’il serait plus exacte de présenter le Maroc comme la confluence des multiples courants des civilisations.

A travers son histoire, le Maroc a connu la présence d’une Communauté Juive très ancienne, qui date des premiers siècles de l’ère commune.  A différents moments de son histoire, des chrétiens indigènes ou européens ont vécu dans le territoire chérifien.

En ce qui concerne les langues, il est exacte d’affirmé que le Maroc a connu tout au long de son histoire une pluralité linguistique. L’arabe littéraire, l’arabe dialectal, le tamazight, les langues sahariennes, l’hébreu, le judéo-arabe, le judéo-espagnol ont coexisté avec le français, l’espagnol et les autres langues européennes parlées dans les villes de la côte.

Cette pluralité culturelle s’exprime dans la mode vestimentaire, l’architecture, la cuisine, la peinture, la littérature, le théâtre, et le cinéma. Mais jusqu’à présent il y avait un gouffre entre les textes constitutionnels qui définissaient l’identité marocaine et cette réalité multicolore qui existait et qui existe dans les faits.

Le projet de la nouvelle constitution du Royaume du Maroc, à l’initiative du Roi Mohammed VI, permet une réconciliation entre le Maroc constitutionnel et le Maroc culturel.

Ainsi, il est écrit dans le préambule du projet des constitutions : « État musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible. Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen.

La prééminence accordée à la religion musulmane dans ce référentiel national va de pair avec l’attachement du peuple marocain aux valeurs d’ouverture, de modération, de tolérance et de dialogue pour la compréhension mutuelle entre toutes les cultures et les civilisations du monde ».

Une reconnaissance unique

Nous remarquerons la reconnaissance de ce que le projet constitutionnel appelle l’affluent hébraïque considéré comme vecteur nourricier et enrichissant de la culture nationale. Une reconnaissance qui reste incontestablement exceptionnelle et unique dans un monde arabe et musulman habité par la crispation identitaire monolithique et le refus de l’ouverture aux sources multiples de la Civilisation.

Au moment où certains pays arabes intègrent dans leur Constitution et dans leurs lois, l’idée exclusiviste d’une arabité et d’une islamité présentée comme des forteresses identitaires closes, il convient de saluer dans le nouveau texte Constitutionnel proposé par le Roi Mohammed VI à l’approbation du peuple marocain, la référence aux valeurs traditionnelles du Royaume : ouverture, respect d’autrui, reconnaissance de la multiplicité de la personnalité collective dans la culture du Royaume, le tout dans le cadre d’un Royaume qui établit comme pilier fondateur la religion musulmane modérée. C’est-à-dire la vision d’une civilisation islamique en dialogue avec toutes les cultures et toutes les confessions. Faut-il rappeler que plusieurs Chaires d’hébreu existent dans les universités marocaines.

Ce préambule n’a pas échappé à l’attention et à la lecture consciente et réfléchie des Juifs Marocains, habitant le Royaume et aussi des Juifs Marocains de l’étranger partout dans le monde à Tel-Aviv, à Montréal, à Madrid, à New-York, à Melbourne, à Buenos Aires et un peu partout.

A Paris où notamment de nombreux Juifs Marocains ont voté d’une manière significative, l’occasion ici de saluer le travail de l’Ambassadeur du Maroc à Paris, S.E El Mostafa Sahel et ses collaborateurs, qui ont rencontré de nombreux dirigeants communautaires d’origine marocaine pour expliquer avec clarté et intelligence les enjeux et les défis du Maroc de demain.

La Diaspora Judéo-Marocaine s’est sentie profondément identifiée avec la perspective du Nouveau Royaume, un Royaume préservant son identité traditionnelle et acceptant sans regret les nouvelles orientations de la démocratie contemporaine. Les Communautés Juives Marocaines saluent cette avancée avec respect et continuent de souhaiter que la place éminente du Judaïsme Marocain et sa longue histoire soient rappelés dans tous les manuels d’histoire du Royaume.

Une exception d’autant plus remarquable, que la démocratie marocaine en marche vers le pluralisme parlementaire contraste avec l’absolutisme et les conflits qui règnent dans d’autres pays de la région.

 

Par Raphy Marciano

Rubriques : Société
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