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Quatre temps; trois mouvements…

Temps Un : Il fallait s’y attendre; après un presque plébiscite (93 % de soutien), les ennuis de Pauline Marois, cheffe du PQ, commencent. Ennuis? C’est peut-être trop dire; remous serait sans doute un plus juste qualificatif. Car, comme dans tous les partis politiques de tous les pays du monde, un nouveau leadership une fois légitimé par la base, dévoile son agenda, son style, sa stratégie. Et ici, comme dans tous les partis politiques de tous les pays du monde, ces ré-orientations déplaisent avant même que d’être analysées et comprises, provocant la grogne des caciques, des barons et – pour faire usage du lexique local – des «belles-mères« du parti.

Généralement, même si les journalistes dont le goût pour le sensationnel et le saignant n’épargne rien et surtout pas la politique, parlent «de crise», il s’agit surtout de signes de mutations qui peuvent aller vers le meilleur ou vers le pire certes, mais qui n’en font pas moins bouger les lignes et évoluer les choses. Gageons que ce sera le cas avec les démissions annoncées avec fracas au PQ. À tout le moins, cela ravivera un peu le paysage politique québécois; au mieux, cela renouvellera notre intérêt, advenant de prochaines élections, pour une consultation opposant à nouveau deux partis solides alors que depuis plusieurs mois, on finissait par croire que le Parti Libéral du Québec était un parti unique omnipotent évoluant sans concurrent.

Temps deux : Les manifestations de racisme et leur cortège de crimes haineux ont augmenté au Canada de 35 % entre 2007 et 2008 et de 42 % entre 2008 et 2009. C’est énorme, c’est inquiétant et ça l’est d’autant plus que la source de ces informations, Statistique Canada, affirme qu’au demeurant «tous les crimes haineux ne sont pas déclarés».

Baume à nos cœurs : C’est en Ontario que le racisme est le plus violent, le Québec s’avère (sauf Sherbrooke) beaucoup plus favorable et accueillant à la diversité. N’empêche! Il y a quand même croissance  de l’intolérance; en particulier à l’encontre des arabes-musulmans et des noirs; c’est-à-dire aux populations qui constituent depuis quelques années l’essentiel de l’immigration dans la Belle Province.

Temps trois : Dans la consultation lancée par le MICC sur la perspective triennale en immigration, deux économistes distingués (dans la bonne littérature, les économistes sont toujours «distingués») proposent que le Québec favorise dorénavant – en leur accordant certains privilèges et des facilités accrues – les immigrants investisseurs qui représenteraient seuls, un «facteur d’enrichissement» de la Province, avec notamment 500 millions de dollars rapatriés au cours des dix dernières années. Je n’y vois aucun rapport avec le temps deux, naturellement. Mais pourquoi donc suis-je mal à l’aise avec cette proposition? Serait parce qu’elle fait abstraction de tous les apports enrichissants des travailleurs autonomes immigrants? Par qu’elle évacue tous les généreux principes fondateurs des politiques d’immigration du Québec? Ou serait-encore parce que, si l’on emprunte cette voie, on va plus tard demander aux candidats à l’immigration d’envoyer leur argent et de rester chez eux?

Temps quatre : Le 4 juin, un match de soccer avait lieu aux antipodes. Mais il déchainait les passions ici à Montréal. Il faut dire que Maroc-Algérie est un «derby» qui ne trouve de comparable que dans un Canadiens-Bruins des grands jours. Il allait y avoir foule sur Jean-Talon tout de suite après le match et quel qu’en soit le résultat. Aussi a-t-on très tôt déployé quatre brigades anti-émeute dans Petit Maghreb. Pour rien; car après avoir fêté le triomphe du gagnant du jour, après quelques échanges de quolibets entre supporters des gagnants et des perdants (des rôles d’ailleurs interchangeables au gré des matchs), chacun est rentré chez soi; même les policiers qui auront abondamment soufferts et sué sous leurs lourds uniformes, mais de chaleur  seulement.

Trois mouvements : Les tendances sociétales lourdes ne sont pas toujours spectaculaires et ne font en conséquence que rarement les choux gras de la presse. Pour changer, nous vous en proposons trois dans cette édition : un parallèle entre extrémismes religieux  chrétien et islamique, une découverte du judaïsme marocain et une réflexion sur l’évolution de la famille au Québec. Trois articles d’une lecture assurément gratifiante et instructive, qui démontrent que les choses n’ont pas toujours seulement la réalité qu’on peut leur prêter du haut de nos ignorances et de nos préjugés.

Voila, en sept points le contenu du numéro que vous avez entre les mains.

Bonne lecture !

 

Abdelghani Dades

Edito 157 du 9 juin 2011

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